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Les retrouvailles douloureuses d'une famille sud et nord-coréenne

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Les retrouvailles douloureuses d'une famille sud et nord-coréenne

Les retrouvailles douloureuses d'une famille sud et nord-coréenne
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Quand ses parents sont-ils morts et où sont-ils enterrés ? Voilà ce que Park Ki-dong, un Sud-coréen, désirait savoir plus que tout auprès de ses proches du nord.

Il a finalement eu la réponse cette semaine après des décennies d'incertitude. Mais M. Park n'a pas caché sa déception à l'issue de la rencontre avec son frère et sa soeur, qu'il revoyait pour la première fois en près de 70 ans, au cours d'une réunion de familles entre Coréens du Nord et du Sud.

Le tracé d'une frontière les avaient tous condamnés à vivre séparément.

Lorsque la péninsule a été divisée à l'origine par les Etats-Unis et l'Union soviétique, une conséquence de la Deuxième Guerre Mondiale, la famille vivait dans la province de Hwanghae, alors partie du sud de la Corée.

Elle cultivait une vaste exploitation d'environ neuf hectares et M. Park, le plus âgé des cinq frères et soeurs de la famille, allait à l'école à Séoul, actuelle capitale de Corée du Sud, revenant les week-ends.

Mais en 1950, le Nord a envahi le Sud. Et trois ans plus tard, à la fin des hostilités qui ont fait des millions de morts, la demeure de M. Park, ses parents et deux de ses frères et soeurs se trouvaient de l'autre côté de la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise depuis la péninsule en deux.

Park Ki-dong, 82 ans aujourd'hui, se disait heureux avant les retrouvailles organisées dans la station nord-coréenne du Mont Kumgang, qui ont démarré le 20 août : "Mon coeur était empli de mille émotions. J'ai attendu si longtemps".

- "Sombres et maigres soldats" -

Son frère, Pak Sam Dong, de 14 ans son cadet, lui a montré des dizaines de photos de famille, lui montrant sur les clichés : "C'est toi".

Le vieil homme a scruté les images en silence, pendant que sa soeur nord-coréenne a discrètement essuyé ses larmes.

"Ils avaient deux et six ans quand nous avons été séparés, mais maintenant ils sont âgés", a souligné à l'AFP Park Ki-dong, à son retour en Corée du Sud.

Aujourd'hui, "ils ont même l'air plus vieux que moi", a t-il soupiré.

"Je pensais qu'ils seraient bien lotis, mais ils étaient juste comme ces sombres et maigres soldats de Corée du Nord".

A cette réunion, "la Croix-rouge nous a dit que nous ne pouvions pas leur donner plus de 300 dollars (260 euros), alors je leur ai donné 300 dollars chacun", a raconté M. Park. "Je leur ai également offert ma bague en or et les montres que j'avais achetées", avec quatre valises de vêtements.

Les membres de la famille ont eu "beaucoup de temps pour parler", a résumé le Sud-coréen.

Mais il a finalement appris que la sépulture de ses parents n'était pas identifiée, anéantissant tous ses espoirs de leur offrir une pierre tombale.

"Parce que nous avons été séparés des décennies, l'idéologie et la manière de penser (de son frère et sa soeur) étaient devenues trop différentes", a souligné M. Park. "Par exemple ils estiment que cette rencontre a pu se faire grâce à la bienveillance du cher leader (le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un)".

Pourtant, "toutes nos terres ont été confisquées, ils ont été expulsés et ont vécu dans dans la pauvreté dans une autre partie du pays", observe-t-il.

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