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En Saxe, région d'Allemagne, la bête anti-migrants qui monte, qui monte...

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En Saxe, région d'Allemagne, la bête anti-migrants qui monte, qui monte...

Allemagne 27/08/2018 : militants d'extrême droite à Chemnitz, en Saxe.
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Le phénomène n'est pas nouveau - il a commencé à montrer son nez il y a quatre ans - mais il prend de plus en plus d'ampleur et d'aplomb, ce qui inquiète légitimement l'Allemagne démocrate, et même l'Europe. La Saxe, région de l'ancienne Allemagne de l'Est, devient un terrain de "chasse" privilégié pour l'extrême droite et son cousin néo-nazi encore plus violent. Leurs proies sont idéales, les migrants, particulièrement musulmans, qui sont accusés de tous les torts.

Le meurtre d'un habitant de 35 ans de la ville de Chemnitz, dont sont soupçonnés deux jeunes d'une vingtaine d'années, un Syrien et un Irakien, à la suite d'une violente altercation, a servi leur cause. Mais la manifestation de plus de 2 000 militants et sympathisants d'extrême droite a dégénéré lundi soir, faisant des blessés. La police a noté que certains protestataires faisaient ouvertement le salut nazi. Dimanche déjà, des étrangers avaient été pourchassés dans les rues de Chemnitz. Trois plaintes ont été déposées par un jeune Afghan de 18 ans et son amie de 15 ans, qui ont été blessés, et un Syrien de 18 ans qui a été frappé.

Seulement 4,4% d'immigrés vivent en Saxe

Ce qui ne colle pas avec la réalité, c'est qu'en fait, très peu d'immigrés résident en Saxe : 4,4% de la population, de source officielle, alors qu'ils sont jusqu'à 15% dans plusieurs régions de l'ouest de l'Allemagne. Les habitants n'ont pas digéré cependant le flot de plus d'un million de migrants qui est arrivé d'un coup dans le pays à partir de 2015, grâce à la politique d'ouverture souhaitée par la chancelière allemande. Depuis, Angela Merkel est systématiquement conspuée dès qu'elle se rend en Saxe.

Résultat : une très forte poussée du parti anti-migrants et anti-islam, Alternative pour l'Allemagne (AfD), a eu lieu lors des élections législatives de septembre dernier; le mouvement est devenu la première force politique régionale avec 27% des voix. Parallèlement, les Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident (Pegida), parmi lesquels se cachent des néo-nazis, sont très actifs, spécialement à Dresde, la capitale saxonne.

Il faut rappeler que le fondateur de Pegida, Lutz Bachmann, a été condamné pour incitation à la haine - il avait qualifié publiquement les migrants de "bétail" et de "rebut" -, ce qui n'a guère démobilisé ses partisans. A Dresde justement, des policiers ont même été accusés par des médias allemands de collusion avec la mouvance d'extrême droite : récemment, des journalistes d'une équipe de la télévision publique avaient en effet été arrêtés, le temps de les empêcher de filmer une manifestation anti-immigrés.