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Romand, faux docteur, vrai meurtrier, libéré par la justice française ?

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Romand, faux docteur, vrai meurtrier, libéré par la justice française ?

Romand, faux docteur, vrai meurtrier, libéré par la justice française ?
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Jean-Claude Romand, le "docteur Romand" comme l'avait ironiquement surnommé la presse, qui a exterminé sa femme, ses deux enfants et ses parents il y a 25 ans, reste-t-il un danger pour la société ? C'est la question essentielle que va se poser la justice française ces jours-ci.

L'assassin imposteur, jugé mythomane par les psychiatres, a demandé sa remise en liberté conditionnelle : cette demande devait être examinée ce mardi mais l'audience a été reportée; le parquet et une juge d'application des peines vont prendre la décision à la prison de Saint-Maur, dans le département de l'Indre, où est incarcéré Romand, qui assistera d'ailleurs à la rencontre.

Un bon comportement en prison mais a-t-il changé ?

Agé de 64 ans, le détenu a été condamné à la prison à perpétuité à l'issue de son procès qui s'était tenu aux assises de l'Ain en 1996. Il a désormais purgé sa peine de sûreté de 22 ans et il est même libérable depuis 2015. Son comportement en cellule joue en sa faveur, estime l'Administration pénitentiaire. Il se montre toujours calme, poli, il travaille dans un atelier pour restaurer des archives de l'INA.

Oui mais voilà, se dit la justice, Jean-Claude Romand a réussi à rouler dans la farine tous ses proches pendant plus de 15 ans; il les escroquait, y compris son père, en faisant croire qu'il plaçait en Suisse l'argent qu'ils lui confiaient en toute naïveté. Alors, au fond de lui-même, a-t-il vraiment changé ?

Le médecin imaginaire de l'OMS

L'auteur du massacre de sa famille dans leur maison de Prévessin-Moëns, à la frontière avec la Suisse, se faisait passer pour un médecin, chercheur à l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé. Mais en réalité, il se rendait à Genève seulement pour donner le change... Il passait tout son temps dans sa voiture ou dans une cafétéria, et fréquentait aussi la bibliothèque de l'OMS. Et pour ne pas trop s'ennuyer, il lisait des livres médicaux. Pas bête ! Cela pouvait lui servir dans les conversations.

Les photographies de Romand avec sa femme et ses enfants :

Un tel mensonge, si énorme, a toutefois une fin. Son entourage commence à comprendre qu'il a une vie cachée et certains proches lui réclament leur argent. Au matin du 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand commet l'irréparable.

Un massacre à la carabine

Dans l'Ain, il tue successivement son épouse avec un rouleau à pâtisserie, sa fille de sept ans et son fils de cinq ans d'un coup de carabine dans le dos, puis se rend chez ses parents, à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura. Après avoir partagé le déjeuner, il exécute son père et sa mère, également par balles. De retour dans sa maison, il y met le feu le 11 janvier et tente de se suicider en avalant des barbituriques... en vain puisqu'il a survécu à toute cette horreur.

La maison à Prévessin-Moëns, dans l'Ain :

Le beau-frère de Romand se dit scandalisé :