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Le médecin de la secte d'un nazi au Chili n'ira pas en prison en Allemagne

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Le médecin de la secte d'un nazi au Chili n'ira pas en prison en Allemagne

Le médecin de la secte d'un nazi au Chili n'ira pas en prison en Allemagne
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La justice allemande a annoncé mardi son refus d'emprisonner un ancien médecin allemand de la Colonia Dignidad, la secte d'un vétéran nazi au Chili, malgré sa condamnation dans ce pays pour complicité de viols d'enfants.

Le tribunal régional de Düsseldorf a annulé ainsi le jugement d'une juridiction inférieure qui avait estimé en août 2017 que Hartmut Hopp, 74 ans, devait purger en Allemagne, où il s'est enfui, la peine de cinq de prison à laquelle il a été condamné en 2011 au Chili pour complicité de viols et de sévices sexuels sur des mineurs.

"Les faits constatés dans le jugement chilien ne suffisent pas, malgré l'ampleur des motifs de la décision, à remplir les conditions requises en droit allemand pour justifier de poursuites pénales contre Hopp", a estimé la cour, qui statuait en dernier ressort, selon un communiqué détaillant un arrêt rendu le 20 septembre.

Selon les juges, son "rôle dirigeant" et de médecin dans la secte de l'ancien caporal nazi Paul Schäfer, fondateur en 1961 de cette "colonie de la dignité", ne suffit pas à le rendre complice des crimes commis par Schäfer.

Pour la justice chilienne, à l'inverse, c'est grâce "au soutien de Hopp" que Schäfer a pu commettre ces sévices sexuels.

- Complice de Pinochet -

La justice chilienne avait condamné en 2011 le médecin allemand, réfugié dans son pays natal peu avant le verdict, à cinq ans et un jour de prison pour complicité dans quatre viols d'enfants de moins de 12 ans et d'abus sexuels à l'encontre de 16 mineurs.

Hartmut Hopp était le bras droit de l'ancien caporal nazi dans la "colonie de la dignité". Ce lieu était présenté comme un village familial idyllique.

En réalité, Paul Schäfer a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à un traitement allant jusqu'à l'esclavage et multipliant les sévices sexuels sur les enfants.

Ce n'est qu'après sa fuite en 1997 que les Chiliens ont découvert que l'enclave allemande avait aussi été un enfer pour les opposants à la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), nombre d'entre eux y ayant été torturés ou ayant disparu là-bas.

Arrêté en 2005 en Argentine, Paul Schäfer est mort en prison en 2010. Et Colonia Dignidad a été transformé en un centre touristique et agricole, sous le nom de Villa Baviera.

- L'Allemagne a 'détourné le regard' -

L'histoire a été portée à l'écran en 2015 avec la Britannique Emma Watson (Harry Potter) et l'Allemand Daniel Brühl (Goodbye Lenin) en tête d'affiche.

Berlin a de son côté admis avoir fermé les yeux sur les agissements dans cette communauté et a ouvert les archives du ministère des Affaires étrangères pour la justice chilienne qui continue d'enquêter sur le sujet.

De longues années durant, des années 60 aux années 80, des diplomates allemands "ont au mieux détourné le regard", avait regretté en 2016 le chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, devenu depuis président de l'Allemagne.

Même après la fin des exactions, les autorités allemandes n'ont pas fait preuve "de la détermination et de la transparence nécessaires pour identifier ses responsabilités et en tirer des leçons", avait-il jugé.

D'une manière générale, l'Allemagne a été critiquée pour le manque de zèle dont elle a fait preuve après la guerre pour pourchasser et traduire en justice les nazis qui avaient trouvé refuge en nombre en Amérique latine juste après la Seconde guerre mondiale.

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