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Le sort du juge Kavanaugh entre les mains d'une poignée de sénateurs américains

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Le sort du juge Kavanaugh entre les mains d'une poignée de sénateurs américains

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L'entrée du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême dépend beaucoup du vote de trois sénateurs républicains, susceptibles de se désolidariser de leur majorité et de voter contre le candidat choisi par Donald Trump, mais aussi de deux démocrates indécis.

Aux États-Unis, il revient au Sénat de donner son feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays et arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l'avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel...).

Les républicains y détiennent actuellement une courte majorité avec 51 sièges sur 100. Et la plupart d'entre eux soutiennent sans ciller le juge Kavanaugh, choisi par Donald Trump pour ses valeurs conservatrices.

Mais trois pourraient faire défection.

- Deux républicaines frondeuses -

Dès le début du processus de confirmation, Susan Collins, 65 ans, élue du Maine, et Lisa Murkowski, 61 ans, élue de l'Alaska, ont réservé leur opinion sur le juge Kavanaugh.

Ces deux républicaines modérées, à tendance frondeuse, ont déjà contribué à torpiller la tentative de Donald Trump d'abroger la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle à l'été 2017.

Leurs réticences envers le juge Kavanaugh trouvent leurs sources dans leur défense du droit à l'avortement.

Le magistrat, catholique pratiquant, ne s'est pas expressément opposé à ce droit. Mais il figurait sur une liste de candidats à la Cour suprême présélectionnés par des organisations conservatrices opposées à l'avortement.

Quand une femme est sortie de l'ombre, il y a près de deux semaines, pour accuser le juge Kavanaugh de l'avoir agressée sexuellement en 1982, Susan Collins a demandé de la prendre au sérieux.

Elle a plaidé pour qu'elle puisse être entendue par les sénateurs, allant jusqu'à suggérer une sorte de contre-interrogatoire mené par les avocats des protagonistes.

Ce ne fut pas la formule retenue, mais l'universitaire Christine Blasey Ford a pu témoigner jeudi sous serment. Tout comme le juge Kavanaugh, qui nie les faits.

- Adepte de la main tendue -

Jeff Flake, 55 ans, sénateur de l'Arizona, n'avait initialement rien trouver à redire à la candidature du juge Kavanaugh, mais a été ébranlé par les accusations de Mme Blasey Ford.

Jusqu'ici, il a toujours voté avec la majorité, malgré ses critiques virulentes adressées au président Trump. Il n'a toutefois pas l'intention de se représenter, ce qui lui offre une plus grande liberté.

Et Jeff Flake aime à se présenter comme adepte des démarches transpartisanes. En 2014, il avait même participé à une émission télévisée sur une île déserte avec un rival démocrate, intitulée "Rival Survival".

Vendredi, il a plus ou moins imposé à ses collègues républicains de demander une enquête du FBI sur les accusations de Mme Blasey Ford, en laissant entendre qu'il pourrait voter contre le juge Kavanaugh si elle n'avait pas lieu.

"Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d'une procédure en bonne et due forme", a-t-il déclaré. Lisa Murkowski et Susan Collins se sont jointes à sa démarche.

- Et les démocrates? -

En raison de leurs hésitations, Mme Collins, Mme Murkowski et M. Flake font l'objet de campagnes agressives des partisans et des adversaires du juge Kavanaugh, qui les inondent d'emails, d'appels téléphoniques et multiplient les manifestations devant leurs permanences parlementaires.

Des pressions similaires s'exercent sur trois sénateurs démocrates dont la réélection, dans des terres plutôt républicaines, pourrait être compromise s'ils ne soutenaient pas le choix de Donald Trump.

Heidi Heitkamp (Dakota du Nord), Joe Manchin (Virginie-Occidentale) et Joe Donnelly (Indiana) avaient initialement réservé leur opinion. Tous trois avaient voté pour le précédent candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Neil Gorsuch.

Joe Donelly a fait savoir vendredi qu'il voterait finalement contre le juge Kavanaugh.

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