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Élections au Gabon : le pouvoir en position de force face à une opposition fragmentée

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Élections au Gabon : le pouvoir en position de force face à une opposition fragmentée

Élections au Gabon : le pouvoir en position de force face à une opposition fragmentée
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À voir les rues de Libreville, on ne se croirait pas en pleine campagne électorale. Ce samedi, les Gabonais sont appelés aux urnes pour des élections législatives et locales.

Il s'agit du premier scrutin national depuis la présidentielle de 2016. L’abstention devrait atteindre des records. Les Gabonais sont désabusés.

« Je n'irai pas voter parce que c'est une blague, rien ne va changer », sourit Ndossy Mamfoumby, étudiant. « On n'a pas de routes, on n'a pas de télévisions, on n'a rien, nous sommes en état de dégradation, c'est nul ! »

Il y a deux ans, la réélection contestée d'Ali Bongo face à Jean Ping avait entraîné des manifestations suivies de violences meurtrières. Jean Ping avait rassemblé l'opposition sous sa bannière mais elle est aujourd'hui fracturée.

« Dans l'opposition, nous disons à nos compatriotes que nous avons choisi la voix de la démocratie. La démocratie ce sont les élections », espère tout de même Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, ancien porte-parole de Jean Ping. « Même si en face nous avons un pouvoir qui refuse de l'entendre, nous devons l'obliger à entendre que les élections sont la seule voie pour le pays. »

Ces élections ont été repoussées trois fois. Jean Ping, qui se proclame toujours président élu, ne s'est pas prononcé sur le scrutin de ce samedi. Dans ce contexte, le parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais, est en position de force.

« Tout a été régénéré, revitalisé, et c'est cet engouement là qui fait que le PDG reste le parti le plus solide, le parti le plus puissant, le parti le plus fort de notre pays », se réjouit Rose Christiane Ossouka Raponda, candidate du PDG.

Les observateurs craignent que le scrutin ne soit émaillé d'irrégularités. Un politologue gabonais cité par l'Agence France-Presse a récemment constaté que des citoyens avaient vendu leurs cartes électorales à des partisans politiques de tous bords afin que ceux-ci votent par procuration pour leur propre parti.