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Nom de la Macédoine : Tsipras "déterminé" à faire réussir l'accord

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Nom de la Macédoine : Tsipras "déterminé" à faire réussir l'accord

Nom de la Macédoine : Tsipras "déterminé" à faire réussir l'accord
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La démission mercredi du chef de la diplomatie grecque Nikos Kotzias en raison de dissensions sur le nouveau nom de la Macédoine a porté un coup sérieux au gouvernement d'Alexis Tsipras, qui s'est toutefois dit "déterminé" à faire réussir l'accord controversé conclu avec Skopje.

Pilier du gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, au pouvoir depuis trois ans et demi, Nikos Kotzias a démissionné au lendemain d'une réunion houleuse du conseil des ministres au cours de laquelle il s'est disputé avec Panos Kammenos, ministre de la Défense et chef du petit parti souverainiste des Grecs Indépendants Anel, membre de la coalition gouvernementale.

Panos Kammenos s'est toujours opposé à l'accord récent sur le nouveau nom de la Macédoine, provoquant depuis plusieurs mois la grogne au sein de la coalition.

"Il y un moment où il faut choisir (...) Le Premier ministre et une série des ministres ont fait leurs choix au conseil des ministres hier (mardi) et moi les miens", a écrit Nikos Kotzias sur son compte personnel après sa démission.

Dans la foulée, Alexis Tsipras a avoué avoir accepté "avec douleur" le départ de Nikos Kotzias de son gouvernement en le remerciant pour "sa contribution à l'amélioration du rôle géopolitique de la Grèce" dans les Balkans.

Désormais c'est le Premier ministre qui va assumer le portefeuille des Affaires étrangères.

"Cela montre ma détermination à faire réussir l'accord" sur le nouveau nom de la Macédoine, qui renforce "le rôle international de la Grèce", a-t-il lancé devant les caméras.

Pilier du gouvernement Tsipras depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2015, et professeur des relations internationales, Nikos Kotzias, 67 ans, appartient à l'aile gauche du parti de gauche Syriza d'Alexis Tsipras.

Il a œuvré avec constance avec son homologue macédonien Nikola Dimitrov pour trouver une solution à la querelle sur le nom de la Macédoine, qui empoisonne les relations entre les deux voisins depuis 25 ans.

- "Pas d'autre occasion" -

Depuis l'indépendance de son petit voisin en 1991, la Grèce juge que le nom de "Macédoine" appartient à son patrimoine historique et culturel et ne peut s'appliquer qu'à sa province septentrionale autour de Thessalonique.

Un accord en juin entre les Premiers ministres macédonien Zoran Zaev et grec Alexis Tsipras prévoit de baptiser "République de Macédoine du nord" ce petit pays pauvre des Balkans.

Cet accord doit ouvrir la voie à la levée du veto grec à l'adhésion de la Macédoine à l'Otan et l'UE.

Mais pour que cet accord entre en vigueur, il doit être entériné d'abord par le Parlement macédonien, une procédure entamée lundi et une tâche difficile pour Zoran Zaev, et ensuite par le Parlement grec.

"Je voudrais encourager nos voisins à avancer avec détermination pour entériner l'accord car il n'y aura pas d'autre occasion", a averti Alexis Tsipras.

En Grèce, le vote de ratification de l'accord pourrait potentiellement faire chuter le gouvernement d'Alexis Tsipras, dont la coalition ne dispose au Parlement que d'une courte majorité de 152 députés, dont 7 de l'Anel, sur 300.

Le parti de droite Nouvelle-Démocratie, principale formation d'opposition, est vent debout contre l'accord Zaev-Tsipras et ne cesse de réclamer des élections anticipées, alors que les prochaines législatives sont normalement prévues en septembre 2019.

Panos Kammenos a réitéré au conseil des ministres de mardi qu'il était "contre le nouveau nom de la Macédoine mais qu'il n'allait pas contribuer au renversement du gouvernement".

En réponse aux divergences sur la question au sein de sa coalition et faisant surtout allusion à Panos Kammenos, Alexis Tsipras a indiqué que "sa décision d'assumer lui-même le portefeuille des Affaires étrangères" signifiait qu'"il n'allait pas désormais tolérer aucun double langage sur la stratégie nationale" dans le domaine des Affaires étrangères.

Arrivé deux fois au pouvoir, en janvier puis en septembre 2015 après son bras-de-fer avec les créanciers de son pays - la zone euro et le FMI - Alexis Tsipras a réussi à achever le troisième plan de redressement de l'économie grecque en août, ce qui a mis fin à la tutelle stricte des créanciers et permet au pays prochainement de se refinancer sur les marchés.

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