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Brésil: Bolsonaro attire un juge anticorruption dans son gouvernement

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C'est une prise de choix pour le futur gouvernement Bolsonaro: le président élu du Brésil a convaincu jeudi le très populaire juge anticorruption Sérgio Moro d'accepter le poste de ministre de la Justice et de la Sécurité publique.

Dans une journée au cours de laquelle il s'est exprimé à plusieurs reprises devant les caméras et sur les réseaux sociaux, Jair Bolsonaro, 63 ans, a également confirmé son intention de transférer l'ambassade du Brésil en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

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"Israël est un Etat souverain et nous devons respecter cela pleinement", a-t-il souligné.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a aussitôt salué la décision "historique" de son "ami" Jair Bolsonaro.

Cette mesure hautement polémique, déjà prise en mai par le président américain Donald Trump et dénoncée par les Palestiniens, pourrait menacer les exportations de viande brésilienne, l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis faisant partie des principaux acheteurs.

Plus tard, en conférence de presse, le président élu d'extrême droite a affirmé qu'il n'avait aucunement l'intention de "créer un climat pesant", ajoutant qu'il avait le plus grand respect pour le peuple d'Israël et pour le peuple arabe" et qu'il "voulait faire du commerce avec tout le monde".

- "Comme un soldat" -

Mais si ce sujet est très sensible au niveau international, c'est l'entrée du juge Moro dans le futur gouvernement Bolsonaro qui a déchaîné les passions au Brésil.

"La perspective de mettre en oeuvre de fortes mesures contre la corruption et le crime organisé (...) m'a amené à prendre cette décision", a expliqué le magistrat de 46 ans dans un communiqué.

Sérgio Moro s'est fait connaître en tant que juge de première instance chargé de l'opération "Lavage express", enquête tentaculaire qui a révélé un gigantesque réseau de corruption autour du groupe étatique Petrobras et a éclaboussé la classe politique.

Son principal fait d'armes: la condamnation de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2012), qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption et blanchiment à Curitiba (sud), à un jet de pierre des bureaux du juge Moro.

Considéré comme un héros par de nombreux Brésiliens, il était même attendu par des dizaines de fans vêtus de t-shirts à son effigie à son arrivée jeudi matin au domicile de Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro.

Il a fait l'aller-retour depuis Curitiba (sud) pour parler de la proposition du président élu. En acceptant l'invitation de Bolsonaro, le magistrat donne du grain à moudre à ses détracteurs, qui mettent en doute son impartialité.

La gauche l'accuse notamment de s'être acharné contre Lula, condamné "sans preuve", selon ses avocats.

Jair Bolsonaro a loué le "courage" du juge qui abandonne une carrière de 22 ans de magistrature pour entrer en politique, le comparant à "un soldat qui part en guerre, sans avoir peur de mourir".

À Brasilia, Sergio Moro sera à la tête d'un "super ministère", qui comprendra également les compétences du ministère actuel de la Sécurité publique, créé en février dernier pour coordonner les différentes forces de police dans la lutte contre le crime organisé.

- Cinquième ministre confirmé -

Sergio Moro est le cinquième ministre dont le nom a été confirmé officiellement par Jair Bolsonaro.

Mercredi, l'astronaute Marcos Pontes avait été désigné au portefeuille des Sciences, après le général de réserve Augusto Heleno Ribeiro à la Défense, le député Onyx Lorenzoni comme chef de gouvernement et l'économiste ultra-libéral Paulo Guedes à la tête d'un super ministère de l'Economie.

Sur la semaine ayant suivi l'élection de Bolsonaro -- vendredi étant férié au Brésil -- la Bourse de Sao Paulo a grimpé de 3,9%, montrant l'adhésion des marchés à son projet de gouvernement.

Jeudi, le président élu à toutefois rétropédalé une nouvelle fois au sujet de l'idée très controversée d'une fusion des ministère de l'Agriculture et de l'Environnement.

"Au début, l'idée avait été bien reçue parce qu'elle pourrait mettre un terme à une bagarre sans fin entre les ministères de l'Environnement et de l'Agriculture", a affirmé le président élu en conférence de presse.

Mais l'idée "ne fait plus l'unanimité" et "tout porte à croire que ce seront deux ministères distincts", a-t-il déclaré, tout en disant avec insistance que ce serait lui qui nommerait un futur ministre de l'Environnement "sans céder aux pressions des ONG".

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