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Trump s'engage à ne pas mettre fin à l'enquête russe

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Trump s'engage à ne pas mettre fin à l'enquête russe

Le procureur spécial Robert Mueller, en charge de la délicate enquête russe
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ALEX WONG
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La fin de la trêve électorale a remis la délicate enquête russe sur le devant de la scène aux Etats-Unis, où le président Donald Trump a affirmé qu'il n'y mettrait pas fin même s'il s'agit pour lui d'un "canular", "injuste" et "couteux".

"Je pourrais virer tout le monde, là, maintenant, mais je ne veux pas y mettre fin parce que politiquement je n'en ai pas envie", a déclaré le locataire de la Maison Blanche, qui dénonce à l'envi une "chasse aux sorcières" orchestrée par l'opposition démocrate.

Depuis un an et demi, des enquêteurs placés sous l'autorité du procureur spécial Robert Mueller cherchent à établir s'il y a eu collusion entre Moscou et l'équipe de campagne du milliardaire républicain lors de la campagne présidentielle de 2016.

Depuis deux mois, ils s'étaient montrés discrets en raison d'une règle fixée par le ministère de la Justice qui impose aux magistrats de se garder de toute inculpation à caractère politique dans les 60 jours précédant une élection.

Les Américains ayant voté mardi, Robert Mueller peut désormais procéder à de nouvelles inculpations.

Selon la presse américaine, plusieurs proches du président sont dans son viseur, à commencer par son fils Donald Trump Junior, soupçonné d'avoir menti au FBI, et son ancien conseiller politique Roger Stone.

Le procureur, véritable bête noire du locataire de la Maison Blanche, devrait aussi augmenter les pressions pour obtenir des réponses du président lui-même.

Donald Trump est soupçonné d'avoir tenté d'entraver l'enquête en limogeant en mai 2017 le chef du FBI James Comey, qui supervisait jusque-là l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne de 2016.

"Je ne suis inquiet de rien, parce que cette enquête russe est un canular", a toutefois assuré mercredi le magnat de l'immobilier, en répétant qu'il n'y avait pas eu de collusion entre son équipe et le Kremlin.

- "Couper les jambes" -

S'il ne limoge pas Robert Mueller, Donald Trump pourrait toutefois s'en prendre à ses supérieurs hiérarchiques, garants de son indépendance.

Il a en effet manifesté à plusieurs reprises son irritation face à son ministre de la Justice Jeff Sessions, qui, en se récusant dans cette enquête, a délégué son autorité sur le procureur spécial à son adjoint Rod Rosenstein.

"Plutôt que de risquer un retour de flamme en virant Robert Mueller, Donald Trump pourrait limoger Jeff Sessions et le remplacer par un laquais", craignait dès octobre le parlementaire démocrate Adam Schiff sur la chaîne MSNBC. Le nouveau ministre n'aurait alors "qu'à lui couper les jambes en privé sans avoir à le limoger", ajoutait-il.

Il pourrait aussi remplacer Rod Rosenstein, également en délicatesse avec le président pour avoir validé certains actes de l'enquête du procureur Mueller.

L'enquête russe dispose toutefois d'un nouveau filet de protection avec la victoire des démocrates à la Chambre des représentants.

Désormais en mesure de déclencher des enquêtes parlementaires sur tous les sujets de leur choix, les élus démocrates de la Chambre pourront notamment convoquer des témoins ou réclamer des documents si le procureur Mueller était empêché de le faire.

L'opposition peut également profiter de sa majorité pour lancer une procédure de destitution du président Trump. Cette hypothèse n'a pas les faveurs des cadres du parti, mais la jeune garde élue mardi pourrait outrepasser leurs consignes.

Si une telle procédure était lancée, elle aurait peu de chances d'aboutir au Sénat, où les républicains restent majoritaires, mais elle assombrirait considérablement la fin de la présidence du milliardaire new-yorkais et sa campagne pour sa réélection.

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