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Escalade entre Israël et Hamas: ce qu'il faut savoir

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Escalade entre Israël et Hamas: ce qu'il faut savoir

Escalade entre Israël et Hamas: ce qu'il faut savoir
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L'armée israélienne et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza se rendent coup pour coup depuis dimanche, dans la plus sévère confrontation depuis la guerre de 2014. Celle-ci débouchera-t-elle sur un nouveau conflit déclaré? Causes et perspectives de la crise.

Quel a été le déclencheur?

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- Après des mois de tensions, une infiltration à hauts risques de forces spéciales israéliennes semble avoir mal tourné dimanche et avoir mis le feu aux poudres. Un officier israélien et sept membres des forces palestiniennes ont été tués.

- Lundi après-midi, la branche armée du mouvement islamiste Hamas, dont six membres avaient été tués la veille, s'est vengée par une attaque au missile antichar qui a gravement blessé un soldat israélien de l'autre côté de la barrière qui ferme la frontière.

- L'attaque a lancé le cycle de la riposte israélienne et des tirs de roquettes et de mortier palestiniens.

Que s'est-il passé depuis?

- Les groupes palestiniens ont tiré environ 400 roquettes et obus de mortier, selon un décompte israélien, précipitant des dizaines de milliers de résidents vers les abris. C'est le plus sévère épisode du genre depuis 2014.

- Avions, hélicoptères de combat et chars israéliens ont frappé près de 150 positions du Hamas et du Jihad islamique, ainsi que des bâtiments à forte valeur, comme le siège de la télévision du Hamas.

- Le bilan: un Palestinien de 48 ans identifié comme un travailleur en Israël a été tué quand une roquette a frappé une bâtisse à Ashkélon, ville proche de Gaza. Vingt-sept Israéliens en tout ont été blessés, selon les secours.

- A Gaza, six Palestiniens ont trouvé la mort et 25 ont été blessés dans les frappes israéliennes en moins de 24 heures, selon les autorités sanitaires.

L'escalade a-t-elle commencé dimanche?

- Elle remonte à bien avant, et une nouvelle guerre est annoncée en fait depuis la fin de la précédente en 2014, aucun règlement politique n'ayant progressé entre le Hamas, qui refuse officiellement l'existence d'Israël, et Israël, qui considère le Hamas comme terroriste.

- Depuis 2014, plusieurs flambées de violence ont mis à l'épreuve un cessez-le-feu précaire. Mais, dans un contexte de complète impasse politique, les tensions sont exacerbées depuis le début, le 30 mars, d'une mobilisation appelée "la grande marche du retour", caractérisée par des manifestations de Gazaouis le long de la frontière et donnant lieu à des affrontements avec les soldats israéliens. Israël accuse le Hamas d'orchestrer la protestation.

- Au moins 233 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date. Deux soldats israéliens ont trouvé la mort.

- Les crispations sont renforcées par une autre double impasse, économique et intérieure. Dans l'enclave sous blocus, un Gazaoui sur deux vit sous le seuil de pauvreté, le chômage affecte 53% de la population, et l'économie est en "chute libre", selon la Banque mondiale.

- Le Hamas, infréquentable pour une partie de la communauté internationale, reste à couteaux tirés avec l'Autorité palestinienne internationalement reconnue, qui a aligné les mesures de rétorsion contre son rival et s'oppose farouchement à toute tentative d'apaisement qui la court-circuiterait.

Gaza va-t-elle au-devant de la guerre?

- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit qu'il "ne (reculerait) pas devant une guerre nécessaire" mais assuré qu'il voulait "l'éviter si elle n'est pas indispensable". Le Hamas passe aussi pour ne pas vouloir la guerre. Mais chacun semble refuser de laisser le dernier mot à l'autre. Les deux camps, motivés par des agendas intérieurs, échangent les mises en garde belliqueuses, au risque de la surenchère.

- Gaza et ses alentours ont connu de nombreux accès de fièvre ces derniers mois. Jusqu'alors, ils se sont dissipés temporairement, notamment sous l'action de l'ONU et de l'Egypte - qui cherchent à forger une trêve durable échangeant le calme à la frontière contre un allègement du blocus israélien -, mais aussi du Qatar. La monarchie du Golfe, soutien de longue date du Hamas, a accepté de mettre la main à la poche pour soulager les maux gazaouis.

- L'envoyé spécial de l'ONU Nickolay Mladenov dit continuer à travailler avec l'Egypte pour éloigner Gaza des "bords de l'abîme". L'Egypte fait pression sur Israéliens et Palestiniens en vue d'une désescalade.

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