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Yémen: accalmie apparente à Hodeida, Londres évoque des pourparlers ce mois

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D'intenses efforts diplomatiques semblent avoir favorisé une accalmie dans les combats au Yémen, où la coalition sous commandement saoudien a accepté, selon Londres, le principe d'une évacuation de rebelles Houthis blessés avant de possibles pourparlers de paix d'ici fin novembre en Suède.

Près de quatre ans de guerre ont plongé le Yémen dans la "pire crise humanitaire au monde" selon l'ONU, mais depuis début novembre, les regards sont surtout tournés vers la ville de Hodeida, cible d'une offensive meurtrière.

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Les forces progouvernementales yéménites, appuyées par l'Arabie saoudite, tentent de chasser les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, de cette cité portuaire stratégique située sur la mer Rouge.

Le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires de l'ONU, Mark Lowcock, a appelé mardi à un cessez-le-feu à Hodeida, "particulièrement à l'intérieur et autour de toutes les infrastructures et installations dont dépendent l'aide et les importations commerciales".

Le port de Hodeida est le point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale au Yémen, pays menacé par une grande famine.

Les forces de la coalition dirigée par Ryad "vont maintenant permettre à l'ONU de superviser une évacuation médicale de Houthis --jusqu'à 50 combattants blessés-- vers Oman avant une nouvelle série de pourparlers de paix en Suède ce mois", a annoncé mardi le Foreign Office.

Cette déclaration a été publiée au lendemain d'une visite du ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt à Ryad et à Abou Dhabi, capitales de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, les deux piliers de la coalition qui combat au Yémen.

- Le port fonctionne "normalement" -

C'est justement la question de l'évacuation de rebelles blessés qui avait fait capoter un round de négociations que l'ONU avait convoqué en septembre à Genève.

A Stockholm, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström, a déclaré que son pays se préparait "pour recevoir, dès qu'elles y seront disposées, les parties" belligérantes pour des négociations.

Sur le terrain, les violences semblent avoir baissé d'intensité mardi, après 12 jours de bombardements et d'affrontements meurtriers dans l'est et le sud de la ville.

Les Houthis ont toutefois accusé dans la soirée la coalition dirigée par Ryad d'avoir mené des frappes aériennes qui ont tué selon eux neuf civils à Jarahi, à l'est de Hodeida, dans la même province.

La coalition a affirmé prendre cette information "très au sérieux", et assuré qu'une enquête serait menée, selon son porte-parole Turki al-Maliki.

Lundi, un petit bâtiment du port a été touché par une attaque, a-t-on appris de sources concordantes. Il s'agit du premier bombardement visant ce port depuis l'intensification le 1er novembre de l'offensive sur la ville.

Depuis cette date, la bataille de Hodeida a fait près de 600 morts, selon des sources militaires progouvernementales et hospitalières.

Le directeur-adjoint du port, Yehya Charafeddine, a déclaré mardi à l'AFP que l'entrée principale avait été "la cible de raids aériens" lundi mais que le port fonctionnait "normalement". Il a fait état de trois blessés parmi des gardes.

Mais quatre autres employés du port ont indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'un commandant rebelle, ainsi que trois de ses gardes, avaient été tués. Un autre commandant rebelle a été blessé, ainsi que trois de ses gardes, ont ajouté ces sources.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde lundi contre les conséquences "catastrophiques" d'une éventuelle destruction du port.

- Accalmie -

Une habitante de la ville qui a requis l'anonymat a de son côté indiqué à l'AFP que "les violents combats avaient cessé lundi soir. La nuit, nous avons entendu des coups de feu ponctuels, mais la situation semble stable aujourd'hui".

Les Houthis n'ont pas fait état d'action militaire mardi dans Hodeida, mais un porte-parole rebelle a affirmé, lors d’une conférence de presse à Sanaa, que la rébellion disposait de "plans" pour empêcher toute tentative d'avancée vers le centre-ville.

"Nous sommes prêts à une bataille de rues", a-t-il dit.

Lundi, alors que des combats se poursuivaient à Hodeida, une intense activité diplomatique s'est déroulée entre Ryad et Abou Dhabi.

Jeremy Hunt a été reçu par le roi saoudien Salmane avant de se rendre à Abou Dhabi, où il s'est entretenu avec le prince Mohammed ben Zayed al-Nahyane, l'homme fort des Emirats.

Il est ensuite revenu dans la soirée à Ryad où il a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, ministre de la Défense.

Mardi, le vice-président yéménite Ali Mohsen al-Ahmar a tweeté qu'il avait également rencontré M. Hunt à Ryad.

De son côté, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a été reçu lundi par cheikh Mohammed, le prince héritier d'Abou Dhabi.

Washington, Londres et Paris, tout comme l'ONU, ont appelé à la cessation des hostilités et à la reprise des négociations pour mettre fin à la guerre qui dure depuis quatre ans.

Le ministre yéménite des Affaires étrangères Khaled al-Yemani s'est entretenu à Ryad avec le médiateur de l'ONU, Martin Griffiths.

Selon l'agence officielle saoudienne SPA, l'entretien a porté sur "les moyens de ranimer le processus de paix au Yémen" et de mettre en oeuvre des "mesures de confiance".

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