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Le "gilet jaune" à la conquête du monde

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Le "gilet jaune" à la conquête du monde

Le "gilet jaune" à la conquête du monde
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REUTERS/Essam al-Sudani
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"Gilets jaunes de tous les pays, unissez-vous !". Le mouvement n'a que quelques semaines mais fait déjà tâche d'huile. Le gilet jaune tend à devenir un symbole du mécontentement en Europe et même beaucoup plus loin. Tour d'horizon à l'international.

Serbie

Un député de l'opposition en a revêtu un mardi au parlement pour protester contre les prix de l'essence dans son pays.

"Nous voulons des prix normaux de l'essence, ou vous aurez des gilets jaunes dans les rues de Belgrade et de Serbie", a prévenu Bosko Obradovic, patron de la formation de droite nationaliste Dveri.

Bosko Obradovic a relevé que le président français Emmanuel "Macron, grand ami" de son homologue serbe Aleksandar Vucic, "négociait avec les gilets jaunes, qui ont mis à feu à la moitié de Paris, alors que le pouvoir serbe n'a pas voulu parler à ses citoyens qui avaient pacifiquement exprimé leur mécontentement en raison des prix de l'essence".

En juin dernier, la hausse du prix de l'essence en Serbie avait provoqué un bref mouvement de protestation dans plusieurs villes de Serbie, se traduisant par des blocages de route.

Irak

A 5000 kilomètres des Champs-Elysées, d'autres gilets jaunes ont fait leur apparition. A Bassora, grande ville du sud de l'Irak, des centaines de manifestants ont pris part à un rassemblement devant la bâtiment du gouvernorat.

Les habitants protestent contre le chômage endémique dans cette région pourtant très riche en hydrocarbure. Mais aussi contre les coupures d'eau et d'électricité, la corruption et l'état d'abandon de la troisième ville du pays.

Le mouvement est antérieur à celui des "gilets jaunes". Joints par nos confrères de NBC News, Naqeeb Luaibi, un des organisateurs des rassemblements a expliqué que le gilet jaune était déjà utilisé auparavant, notamment en 2015 lors des premières éruptions de colère. "On se disait que l'on serait plus organisés si l'on portait ce gilet".

Reuters/Essam al-Sudani

Reuters/Essam al-Sudani

Depuis le mois de juin dernier, la contestation a gagné en intensité. Durant l'été, plus de 100 000 personnes ont eu besoin d'une aide médicale à cause de la pollution du réseau d'eau.

Selon Naqeeb Laibi, c'est en voyant les images de manifestation à Paris samedi dernier, qu'ils auraient eu l'idée de porter à nouveau les gilets jaunes.

Belgique

Moins étonnant, les "gilets jaunes" ont également essaimé en Belgique. Vendredi dernier, un petit groupe entre 300 et 400 d'entre eux ont défilé dans les rues de Bruxelles.

Les manifestants ont bloqué la rue de la Loi, l'artère où se situe les institutions européennes. Des heurts ont éclaté avec la police, deux de leurs camions ont été incendiés.

Une soixantaine de personnes ont été interpellées parce qu'elles transportaient des objets interdits, comme des cutters, des fumigènes ou des bombes lacrymogènes.

Fin novembre, une journaliste de la RTBF avait dû renoncer à effectuer un duplex sous la menace et les insultes de certains gilets jaunes.

Allemagne

Outre-Rhin, les "gilets jaunes" sont pour l'instant en nombre très réduit. Mais ils ont tout de même fait leur apparition dans certaines grandes villes allemandes, la plupart du temps en lien avec l'extrême-droite locale.

Doris von Sayn-Wittgenstein, une responsable de l'AfD (extrême-droite) s'est dit solidaire du mouvement sur Facebook. "On peut bien donner une chose aux Français : ils ont du goût concernant la mode. Je porte du jaune et vous ?", a-t-elle déclaré.

Espagne

Le mouvement y est également jusqu'à présent extrêmement limité avec une présence sur les réseaux sociaux peu développée. Un groupe se revendiquant du mouvement français semble tout de même exister. Les "Chalecos Amarillos" ("gilets jaunes" en espagnol) ont lancé un appel à manifester samedi prochain dans les rues de Madrid.

Selon le journal El Confidencial, qui a pu rencontrer l'un de ces gilets jaunes espagnols, les raisons de leur mécontentement seraient similaires à celles rencontrées en France. "La situation est bien pire ici qu'en France". Chauffeur de taxi, Juan s'est dit surpris par le nombre de soutiens qu'il a récoltés sur Facebook et leur diversité : des agriculteurs, des ouvriers de l'industrie du nord du pays...

Burkina Faso

Mêmes revendications mais couleurs différentes à Ouagadougou. La hausse du prix de l'essence de 12% annoncée le 8 novembre a fait descendre les Burkinabés dans la rue. Le 29 novembre pour leur première manifestation, ils portaient des chemises rouges en signe de protestation. «La hausse des prix des carburants, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! », explique un manifestant à nos confrères du Monde, qui se sont intéressés au mouvement. Comme en France, les "chemises rouges" dénoncent une paupérisation généralisée de la population.

Au mois de mai dernier, l'achat par le gouvernement de plusieurs voitures de luxe pour une valeur de trois milliards de francs CFA (4,5 millions d’euros) avait fait couler beaucoup d'encre. Le Burkina Faso se classe parmi les pays les moins développés au monde, 183e selon son indice de développement humain (IDH).