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Carlos Ghosn maintenu en détention au Japon

Carlos Ghosn
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REUTERS/Philippe Wojazer
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Carlos Ghosn fait l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt pour "abus de confiance aggravé", ce qui prolonge de 48 heures sa détention, ont rapporté vendredi la chaîne de télévision publique japonaise NHK et l'agence de presse Jiji.

Le PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, Carlos Ghosn, avait été arrêté le 19 novembre à Tokyo pour des malversations financières présumées.

Le dirigeant de 64 ans avait remporté la veille une victoire judiciaire, le tribunal de Tokyo avait refusé d'étendre sa garde à vue sur les charges de dissimulation de revenus. Il espérait donc être libéré sous caution, peut-être dès vendredi.

Selon les médias, furieux d'avoir été désavoué, le parquet a décidé de l'arrêter de nouveau, ce qui lui donne 48 heures supplémentaires pour l'interroger sur de nouvelles charges.

Selon un communiqué, Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan". Concrètement, le parquet lui reproche d'avoir "imputé sur les comptes de la société des pertes d'investissements personnels", ce qu'il nie selon la chaîne de télévision publique NHK.

Le Franco-libano-brésilien a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen.

La garde à vue des deux hommes avait ensuite été prolongée sur de nouveaux soupçons de minoration de ses émoluments, cette fois entre 2015 et 2018, pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d'euros).

Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors l'ont révoqué de la présidence de leurs conseils d'administration dans la foulée, tandis que le groupe français Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste.

Pour Carlos Ghosn, qui séjourne actuellement dans une petite cellule d'un centre de détention de Tokyo, c'est une troisième étape qui s'ouvre sur le front judiciaire. Un imbroglio qui risque d'alimenter les critiques sur la justice nippone. "Le système pénal japonais a été révélé au grand jour à l'étranger. Ce n'est pas forcément la meilleure face du Japon, ce n'est pas bon pour le monde des affaires", a commenté pour l'AFP Me Lionel Vincent, avocat du barreau de Tokyo. "Les dirigeants étrangers sont surpris de la brutalité de la procédure et craignent à tort d'être pris au piège de règles qu'ils ne connaissent pas et d'un système qu'ils ne maîtrisent pas", a-t-il ajouté.

De son côté, Nissan se prépare à une éventuelle libération de son ancien sauveur, qu'il accuse aujourd'hui de tous les maux, notamment d'avoir utilisé des résidences de luxe dans le monde entier aux frais de la compagnie. Pour le groupe, qui a mené l'enquête pendant des mois en interne avant de transmettre les charges au parquet, "les preuves sont substantielles et convaincantes".

Selon une source proche du dossier, si Carlos Ghosn devait sortir de prison, Nissan lui interdirait l'accès à ses locaux même si en théorie il peut siéger au conseil d'administration. Seule une assemblée générale extraordinaire d'actionnaires peut le démettre de son titre d'administrateur.