DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Fin d'année politique compliquée pour la Belgique

Fin d'année politique compliquée pour la Belgique
Taille du texte Aa Aa

Chaque Noël se veut solennel, mais pour Philippe, roi des Belges, celui-ci semble l'être davantage encore.

Le roi Philippe lors de ses vœux aux Belges

"Notre pays traverse une période mouvementée", a dit d'emblée le roi Philippe lors de ses vœux.

Une année mouvementée qui s'est achevée par la démission du premier ministre Charles Michel, à la tête depuis 2014 d'une coalition qui comprend les flamands nationalistes du parti NVA.

Mais le gouvernement sortant a néanmoins été chargé par le roi Philippe d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de mai, qui en a appelé à la "responsabilité" des leaders politiques du pays.

"Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance et le changement climatique sont des questions qui demandent des réponses exhaustives", a-t-il ajouté.

Comment est née la crise ?

La crise est née de l'opposition des ministres nationalistes flamands au soutien apporté par Charles Michel au pacte mondial de l'ONU pour réguler les migrations.

Non contraignant et réaffirmant la souveraineté des États dans la conduite de leur politique, ce pacte pour une migration "sûre, régulière et ordonnée" avait été adopté en juillet à l'unanimité, mais sans les Etats-Unis.

Un consensus s'était alors dégagé au sein de l'exécutif belge pour soutenir le texte. Mais depuis l'automne, une dizaine d'Etats européens ont fait marche arrière, sous l'influence des vives critiques émises chez les nationalistes.

En Belgique, la N-VA, un des piliers de la coalition de centre-droit au pouvoir depuis octobre 2014, a rallié ce camp des opposants fin octobre, ce que Charles Michel a dénoncé comme une "volte-face".

Concurrence électorale

Un revirement sur fond de concurrence électorale. Le NVA ne veut en effet pas laisser le thème de l'immigration aux mains du parti d'extrême droite Vlaams Belang, qui enregistre de bons scores aux élections locales.

Tom Van Grieken (à droite), leader de Vlaams Belang

La Belgique, un royaume habitué à l'instabilité politique... En 2010 et 2011 le pays était resté sans gouvernement de plein exercice pendant 541 jours. Une crise d'une ampleur inédite qui devrait cette fois-ci être évitée.