DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Bosnie: la police disperse des manifestants à Banja Luka

Bosnie: la police disperse des manifestants à Banja Luka
Taille du texte Aa Aa

Les forces de l'ordre sont intervenues dimanche soir à Banja Luka, en Bosnie, pour disperser des manifestants du groupe "Justice pour David", du nom d'un étudiant dont le meurtre en mars était suivi depuis par des rassemblements quotidiens.

Des membres d'une force spéciale de police ont été déployés dans le centre de la capitale de la Republika Srpska (l'entité des Serbes de Bosnie), après le refus de plusieurs dizaines de manifestants de quitter le lieu de la manifestation, selon les images diffusées en direct par la chaîne Al-Jazeera Balkans.

Plusieurs manifestants ont été interpellés et plusieurs autres sont recherchés, a indiqué la police dans un communiqué.

Les autorités avaient permis la tenue de ce rassemblement entre 18h00 et 20h00 locales (17h00 et 19h00 GMT).

Mais après la fin de la manifestation et d'un défilé, un certain nombre de protestataires sont revenus sur cette place centrale de la ville avec le leader du groupe et père de David, Davor Dragicevic.

La police a indiqué que Davor Dragicevic n'était pas arrêté, contrairement à ce que son ex-épouse et mère de David, Suzana Radanovic, affirmait dans un premier temps sur son compte Facebook.

Selon la chaîne de télévision publique (RTRS), Davor Dragicevic est en fuite.

Le cadavre de David, un étudiant en informatique de 21 ans, a été découvert en mars dans un ruisseau de Banja Luka. Les meurtriers n'ont jamais été retrouvés.

Ses parents accusent des responsables de la police et du pouvoir de la Republika Srpska de protéger des meurtriers de leur fils.

Dimanche soir, ils s'en sont pris notamment à Milorad Dodik, chef politique des Serbes de Bosnie et depuis octobre membre serbe de la présidence tripartite bosnienne, ainsi qu'au ministre de l'Intérieur de la Republika Srpska, Dragan Lukac, dont ils réclament la démission.

"Lukac, qui est aussi puissant pour que tu le protèges? Dodik, qui est aussi fort pour que tu sois derrière lui?", a dit devant la foule la mère de David.

La police était déjà intervenue en début de semaine pour démanteler un mémorial pour David que les manifestants avaient érigé au fil des mois sur la place et pour mettre fin aux rassemblements quotidiens à cet endroit.

Davor Dragicevic avait alors été arrêté et retenu en détention pendant vingt-quatre heures, accusé par le parquet de "menace à la sécurité" du ministre de l'Intérieur.

Lors de leur défilé dimanche soir, les manifestants ont fait irruption dans un concert qui venait de commencer sur une autre place, dans le cadre des festivités de fin d'année, obligeant les organisateurs d'y mettre fin.

Une autre manifestation similaire s'est déroulée simultanément à Sarajevo où un autre groupe s'est créé autour d'un autre père, Muriz Memic, qui réclame justice pour son fils Dzenan, officiellement mort en février 2016 dans un accident de la route.

Son père affirme que ce jeune homme de 21 ans a été tué et que le parquet et des hommes politiques protègent son meurtrier.

Dans une Bosnie très divisée selon les lignes communautaires depuis la guerre des années 1990 (100.000 morts), ces deux drames ont rapproché les deux pères, un Serbe de Banja Luka et un Bosniaque musulman de Sarajevo, et les gens qui les soutiennent.

"C'est la peine qui nous a unis, Davor et moi. Ils ont tué nos enfants (...) La justice en Bosnie est corrompue", a dit dans la soirée Muriz Memic devant plusieurs milliers de manifestants à Sarajevo.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.