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Lettre de Macron : "ses" questions sont-elles aussi celles des Français ?

Lettre de Macron : "ses" questions sont-elles aussi celles des Français ?
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Le président Emmanuel Macron prévient d'emblée dans la longue lettre qu'il vient d'adresser aux Français que le "grand débat" qu'il a proposé ne sera ni une élection - comprendre une nouvelle présidentielle -, ni un référendum. Il n'est pas question non plus de revenir dans cette consultation sur les acquis de l'abolition de la peine de mort, du droit d'asile, de l'interruption volontaire de grossesse ou encore du mariage homosexuel.

En revanche, pour "transformer avec vous les colères en solutions", écrit-il, il entend lancer le débat autour de quatre grands thèmes, la démocratie, la fiscalité, la transition écologique et l'immigration. Il a rédigé avec ses services 35 questions auxquelles la population est invitée à répondre. L'objectif est, selon le chef de l'Etat, de "bâtir un nouveau contrat pour la Nation", de "structurer l'action du gouvernement et du parlement" mais également de mieux définir "les positions de la France au niveau européen et international".

Voici quelques-unes des questions les plus importantes sur les différents thèmes :

Sur les impôts, questionne Emmanuel Macron :

- Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ?

- Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Les services publics :

- Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

- Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?

- A l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

L'organisation de l'Etat :

- Y a-t-il trop d'échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d'action au plus près des citoyens ?

- Comment voudriez-vous que l'Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l'administration et comment ?

- Comment l'Etat et les collectivités locales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La démocratie et les institutions :

- Faut-il reconnaître le vote blanc ?

- Faut-il rendre le vote obligatoire ?

- Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

- Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d'élus ?

- Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

- Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l'initiative ?

Emmanuel Macron semble ici ouvrir la porte au fameux RIC, le Référendum d'initiative citoyenne, réclamé par de nombreux "gilets jaunes".

L'immigration :

- Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ?

- En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?

La transition écologique :

- Comment finance-t-on la transition écologique : par l'impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

- Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

- Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ?

Vous pouvez consulter la lettre du président français dans son intégralité :

On ne touche pas à l'ISF !

Concernant le sujet qui fâche les "gilets jaunes" et bien d'autres citoyens, l'Impôt sur la fortune, le président français ne veut toujours pas entendre parler de son rétablissement, et exclut également de revenir sur la fiscalité sur le patrimoine. L'ISF reste pourtant l'une des principales causes de la colère, il est évoqué en permanence dans les cahiers de doléances qui ont été ouverts dans des milliers de mairies à travers toute la France.

Si l'on en croit les derniers sondages, entre 32% et 41% des Français disent vouloir "participer d'une manière ou d'une autre" à ce "grand débat". Mais il suscite peu d'enthousiasme, 29% des personnes interrogées estiment qu'il n'aboutira pas "à des mesures utiles". Quant aux "gilets jaunes" les plus purs et durs, ils continuent d'affirmer que le vrai débat s'exerce dans la rue.