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Procès de la tuerie du musée juif : Nemmouche s'apprête à dire sa vérité

Procès de la tuerie du musée juif : Nemmouche s'apprête à dire sa vérité
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Le jihadiste français Mehdi Nemmouche, qui nie être l'auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles en 2014, pourrait pour la première fois livrer "sa vérité", devant la cour d'assises qui le juge pour ce quadruple assassinat.

Cette séquence permettant à la défense de contredire l'accusation, avant l'audition des témoins, s'annonce comme le premier moment fort du procès qui doit durer jusqu'au 1er mars.

Prévue sur trois jours, jusqu'à jeudi inclus, elle a commencé ce matin à 9h par une présentation par les avocats de Mehdi Nemmouche de leur stratégie de défense.

Dans la journée, viendra ensuite le premier interrogatoire de l'accusé principal, jugé avec un complice présumé, Nacer Bendrer, qui, lui, sera questionné sur son rôle présumé de fournisseur d'armes. Les deux Français qui doivent répondre d'"assassinats terroristes" encourent la prison à vie.

A partir de ce mardi, Nemmouche pourrait aussi être amené à s'expliquer sur son séjour en Syrie, ses liens avec l'organisation Etat islamique et avec plusieurs protagonistes des attentats de Paris (130 morts le 13 novembre 2015) et Bruxelles (32 morts le 22 mars 2016).

Il connaissait notamment le Bruxellois Najim Laachraoui, un des artificiers du 13 novembre, mort le 22 mars en kamikaze à l'aéroport de Zaventem.

Nemmouche et Laachraoui ont tous deux été reconnus comme faisant partie de leurs geôliers par des journalistes français séquestrés à Alep (Syrie) en 2013. Un dossier qui vaudra à Nemmouche un autre procès en France.

Défense

Mehdi Nemmouche, 33 ans, est accusé d'avoir tué de sang-froid en moins d'une minute et demie un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du musée. Durant l'enquête, il a refusé de s'exprimer, faisant valoir son droit au silence.

Et à en croire sa défense, qui a parlé de "pseudo-attentat" à propos de la tuerie antisémite, Nemmouche serait le "pigeon idéal", tombé dans "un piège" tendu par les véritables instigateurs des assassinats, désireux de brouiller les pistes.

Son avocat Sébastien Courtoy a évoqué à demi-mot l'hypothèse de la responsabilité d'agents israéliens, en décembre lors d'une audience préliminaire. Il a promis d'en dire plus devant les jurés.

Pour disculper son client, Me Courtoy a assuré détenir "plus de 40 preuves" dans un large spectre: "traces de chaussures, ADN, téléphonie, enregistrements".

Quant à Nemmouche, "il espère enfin voir son innocence reconnue" et "brûle de pouvoir dire sa vérité", a affirmé cet avocat réputé provocateur, qui a défendu dans le passé un député d'extrême droite et le polémiste Dieudonné en Belgique.

Six jours après la tuerie, Mehdi Nemmouche avait été arrêté à sa descente d'un bus à Marseille (sud de la France) en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d'assaut Kalachnikov. Son ADN a été retrouvé sur ce fusil d'assaut.

Sept vidéos de revendication

L'enquête a aussi démontré que la veste en nylon bleue retrouvée dans ses affaires personnelles et présentant des "résidus de tir" était du même type que celle décrite par les témoins lors de l'attaque.

Les parties civiles, familles des victimes et institutions juives jugent "accablants" ces éléments compilés dans les 200 pages de l'acte d'accusation.

Dans un ordinateur portable que transportait Nemmouche ont été retrouvées sept vidéos de revendication de la tuerie, et les "voix off" qu'on y entend (sans image du visage) correspondent à celle de l'accusé selon plusieurs expertises.

La défense s'inscrit en faux et fera la "démonstration scientifique" que cette voix n'est pas la sienne, a assuré Me Courtoy à la chaîne francophone RTBF.