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Le Venezuela est-il au bord d'un coup d'Etat ?

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REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
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Le gouvernement du Venezuela et l'opposition vont mesurer aujourd'hui leur soutien dans les rues du pays ce mercredi après plusieurs jours au bord de l’abîme, durant lesquels les rumeurs d'insurrections militaires et populaires ont secoué les premiers jours du nouveau mandat de Nicolas Maduro.

Les Vénézuéliens sont appelés à se mobiliser par l'Assemblée nationale du pays, hostile à Nicolas Maduro, pour exiger un "gouvernement de transition" qui organisera de nouvelles élections. Son président, Juan Guaido, a hier déclaré : "Nous avons un rendez-vous historique avec notre pays, et pour le futur de nos enfants." En représailles, les décisions du pouvoir législatif sont considérées comme nulles par la Justice, toujours fidèle à l'exécutif.

"La seule transition au Venezuela est celle du socialisme", a répondu Diosdado Cabello, président de l'Assemblée constituante, un organe parallèle à l'assemblée constituante, aux mains des partisans de Nicolas Maduro.

Soulèvement militaire et offre d'amnistie

Ces mobilisations se déroulent dans un climat explosif, deux jours après le bref soulèvement d'un groupe de soldats qui se sont réfugiés quelques heures dans une caserne de Cotiza, l'un des quartiers de Caracas.

Par ailleurs, dans ce même quartier, l'un des anciens bastion du chavisme, des dizaines de civils ont érigé des barricades et ont lancé des pierres et d'autres objets contre les forces de l'ordre, qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes.

La semaine dernière, un groupe de soldats vénézuéliens à Lima, au Pérou, a fait une déclaration dans laquelle ils expliquaient ne plus reconnaître Nicolas Maduro comme leur leader, le considérant comme un usurpateur.

Pour Tim Gil, expert du Venezuela à l'Université de Caroline du Nord à Wilmington, "l'opposition semble intéressée plus que jamais par un rapprochement avec les membres de l'armée afin de leur assurer qu'ils peuvent compter sur son soutien".

Un rapprochement qui n'est pas sans doute pas anodin : le 15 janvier dernier, l'Assemblée nationale a voté une loi d'amnistie pour les civils et les militaires "qui agissent en faveur du retour de la démocratie au Venezuela".

Soutien des Etats-Unis et solitude internationale de Maduro

Nicolas Maduro est sorti vainqueur des urnes suites à l'élection du 20 mai dernier. Une élection d'abord boycottée par l'opposition et qu'elle déclara ensuite frauduleuse. Par-delà, la critique intérieure, 47 pays ne reconnaissent désormais plus la seconde élection de Nicolas Maduro qui "ne répondraient pas aux standards internationaux d'un processus démocratique, libre, juste et transparent."

Washington a également exprimé sa solidarité avec l'opposition à Nicolas Maduro. Le vice-président américain Mike Pence a affirmé "l'appui inaltérable des Etats-Unis [...] au peuple vénézuélien qui réclame la liberté", dans une vidéo diffusée sur Twitter.

"Ceci n'est pas un coup d'Etat"

Selon l'Assemblée nationale et l'opposition, un soulèvement militaire ne constituerait pas un coup d'Etat car "Nicolas Maduro est en train d'usurper le pouvoir".

"En aucun cas, nous n'appelons à un coup d'Etat, nous demandons seulement aux forces armées de défendre la Constitution et les valeurs qui y sont inscrites", explique à Euronews José Manuel Bolivar, directeur national du parti d'opposition Voluntad Popular. "Les militaires ont juré devant la Constitution, mais pas devant Nicolas Maduro où la clique qui occupe le régime."

Tim Gill tempère cet appel à l'insurrection militaire : "en l'état actuel des choses, il semble que certains militaires isolés souhaitent soutenir l'opposition et renverser Maduro. Mais ceux qui contrôlent de manière effective les militaires, les gradés, ne semblent pas encore prêt à venir grossir les rangs de l'opposition".

Et d'ajouter : "il ne fait aucun doute qu'une partie de la population vénézuélienne souhaite que l'armée de leur pays ou celle des Etats-Unis intervienne pour chasser Maduro du pouvoir. Il n'y a pour autant aucune certitude qu'un régime militaire encore plus répressif ne lui succède."