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Le désespoir des migrants palestiniens de Gaza

Le désespoir des migrants palestiniens de Gaza
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Le correspondant d'Euronews est parti à la rencontre de ces jeunes palestiniens de Gaza (réfugiés ou non) qui se projettent au-delà des frontières.

S'ils pouvaient prendre de la hauteur, ils quitteraient sans hésiter la bande de Gaza et son quotidien de guérilla.

Mais de là où ils sont, émigrer reste pour beaucoup de ces jeunes un rêve hors de portée. Des frontières fermées et surtout, un chômage endémique qui rend les finances des familles extrêmement limitées. Isam le sait d'autant plus qu'il a 5 ans enfants, dont l’aîné a 28 ans, qui ne pense qu'à une chose : partir, à tout prix.

"Mon fils insiste pour que je l'aide à émigrer dans un pays européen, comme beaucoup de ses amis", explique ce père de famille. "Je refuse cette idée mais honnêtement, si j'avais la capacité financière de le faire, je lui donnerais de l'argent pour qu'il le fasse. Ainsi il pourrait avoir un futur parce qu'ici il n'y en a pas."

Le coût d'une vie meilleure

Les deux principaux camps de réfugiés palestiniens de la région se trouvent à Gaza. Selon les ONG françaises, ils rassemblent 240 000 migrants à eux seuls. Mostafa a entrepris de migrer jusqu'en Turquie, mais le coût du voyage était trop important, alors il est revenu ici.

"Quand les portes nous claquent au nez, on est tenté d'en ouvrir n'importe quelle autre, même si elle donne sur l'enfer. La route de l'immigration, c'est un enfer, une route semée d'embûches, jusqu'à atteindre la destination rêvée", raconte-t-il. "Pour l'instant je n'en suis pas à cette étape, je ne pourrai vous parler de mon expérience que lorsque j'aurai franchi le Sinaï. C'est réputé comme une zone très dangereuse, je crois que je préférais mourir là-bas..."

Des familles dans l'angoisse

Parfois, souvent même, au vu de nombre d'embarcations qui coulent, les migrants n'atteignent jamais le point d'arrivée souhaité. Entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018, l'Organisation internationale pour les migrations recense près de 17000 morts et disparus en Méditerranée.

La dernière fois que cette mère a eu son fils au téléphone, il embarquait à bord d'un bateau en Egypte après 3 ans de kilomètres de voyage et d'attente. Le bateau a-t-il coulé ? Ou le jeune homme a-t-il été arrêté avant d'embarquer ? Elle n'a aucune nouvelle.

"Les jeunes vont partir et partir parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité dans ce pays...", dit-elle avec désespoir. "Ils vont aussi tout droit vers la mort. Ils pensent qu'ils vont arriver sain et sauf en Europe pour avoir une belle vie, mais pour quoi arrive."

Alors que 70% des jeunes sont au chômage dans la bande de Gaza, le désespoir incite à prendre tous les risques, comme si rien ne pouvait leur arriver de pire...