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Le Venezuela libère les journalistes étrangers détenus

Le Venezuela libère les journalistes étrangers détenus
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Les journalistes français, espagnols et chiliens détenus depuis mardi et mercredi au Venezuela ont été relâchés. Avant leur libération, jeudi, la cheffe de la diplomatie européenne avait appelé le régime de Nicolas Maduro à les libérer, au nom de la liberté de la presse.

Pierre Caillé et Baptiste des Monstiers, qui travaillent pour l'émission "Quotidien" du journaliste et animateur Yann Barthès sur la chaîne française TMC, "soulagés et un peu fatigués", "vont bien et vont quitter le Venezuela dans quelques heures", a annoncé l'ambassadeur Romain Nadal jeudi, quelques minutes après leur libération.

Les jeunes reporters français, partis au Venezuela pour couvrir la crise politique en cours, filmaient le palais présidentiel mardi soir quand ils ont été interpellés, ont indiqué des sources diplomatiques à l'AFP.

Des journalistes chiliens et espagnols libérés

Un peu plus tôt jeudi, l'agence de presse espagnole EFE avait annoncé la libération de ses trois salariés, qui devaient quitter le pays dans la foulée. Il s'agit de la vidéaste colombienne Mauren Barriga, du journaliste espagnol Gonzalo Domínguez et du photographe colombien Leonardo Muñoz. Comme l'Espagne, le gouvernement colombien a exigé "la libération immédiate" de ses ressortissants par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères Carlos Holmes Trujillo.

Par ailleurs, deux journalistes chiliens, également arrêtés mardi soir près du palais présidentiel, ont été expulsés mercredi soir, selon le SNTP, principal syndicat de journalistes au Venezuela. Rodrigo Pérez et Gonzalo Barahona travaillent tous les deux pour la chaîne de télévision chilienne TVN. Plus tôt, le président chilien Sebastián Piñera avait exigé la "libération immédiate" de ses deux compatriotes.

L'UE proteste

Quelques heures avant la libération des journalistes, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini avait demandé au régime de Nicolas Maduro de relâcher les journalistes, au nom de la liberté de la presse.

"Comme vous le savez, pour l'union européenne, il est très important de soutenir les journalistes, pour qu'ils exercent leur métier librement. L'Union européenne défendra toujours la liberté de la presse. Aujourd'hui, nous demandons leur libération immédiate."

Le Venezuela se justifie

Sans mentionner explicitement les arrestations de ces jours-ci, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a dénoncé sur Twitter que des journalistes étrangers soient entrés dans le pays "sans réaliser auparavant la demande de permis de travail auprès de nos consulats".

Interrogée par Euronews, l'ambassadrice vénézuélienne auprès de l'Union européenne Claudia Salerno a affirmé que "se rendre au Venezuela sans s'inquiéter des règles, avec ses équipes et essayer d'entrer dans des bureaux officiels, essayer de participer à des manifestations sans avoir la permission, je crois qu’il n’y a pas de pays au monde où une personne peut travailler sans avoir de visa".

Mardi, Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé "les violences des forces de l'ordre à l'encontre des journalistes" vénézuéliens et internationaux couvrant les mouvements de protestation qui secouent le pays depuis le 21 janvier.

Ces manifestations ont fait au moins 40 morts et 850 personnes ont été arrêtées, selon l'ONU.

RSF a demandé au gouvernement le "respect de la liberté d'information" et dénoncé les confiscations de matériel (caméras, téléphones portables...) ainsi que la censure sur les radios et télévisons locales.