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Pédophilie : le numéro 3 du Vatican jugé coupable

Pédophilie : le numéro 3 du Vatican jugé coupable
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AAP Image/Erik Anderson/via REUTERS
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A Melbourne, la justice australienne a déclaré le cardinal australien George Pell, 77 ans, grand argentier du Vatican, coupable d'une agression sexuelle et de quatre attentats à la pudeur perpétrés contre deux enfants de choeur. Ces actes pédophiles ont été commis dans la sacristie de la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne dans les années 90. Les enfants étaient alors âgés de 12 et 13 ans.

"Ce sont des êtres humains abominables. L’église doit assumer et se taire, et s’asseoir à la table en apportant un sacré gros carnet de chèques parce que nous sommes 60 000 personnes (victimes d’abus sexuels) et donc environ 43 000 catholiques. Arrêtez nos souffrances. Nous en avons assez" a déclaré Michael, victime d'abus sexuel.

Pour Peter Westmore, partisan de Pell, le jury n'avait pas vraiment le choix :

"Je pense que l’esprit du public a été tellement contaminé par les méfaits de l’église catholique et par les plaintes des personnes qui n’ont pas été traitées, que les jurés ne pouvaient que se dire qu’il devait être coupable."

L'avocate d'une des victimes Vivian Waller, a lu la déclaration de sa cliente :

"Comme beaucoup de survivants, j'ai vécu la honte, la dépression et la lutte contre la solitude. Comme beaucoup de survivants, il m'a fallu des années pour comprendre l'impact que cela a eu sur ma vie".

Ancien archevêque de Sydney et Melbourne, le cardinal Pell est toujours trésorier du Vatican et ce depuis 2014. Alors proche conseiller du pape, il ne l'est plus.

La peine du cardinal Pell n'a pas encore été fixée, elle fera l'objet d'une nouvelle audience ce mercredi. Ses avocats entendent faire appel.

Mais il est désormais le plus haut responsable de l'Eglise catholique condamné dans une affaire de pédophilie.

Black out médiatique sur ordre de la justice

Le jugement a été rendu le 11 décembre. Mais le tribunal de Melbourne avait cependant pris une "ordonnance de suppression" (suppressing order) qui interdisait aux médias toute mention de cette affaire, sous peine de poursuites.

Cette obligation de silence avait été imposée dans le but de protéger le jury d'un second procès lors duquel le cardinal Pell devait initialement être jugé pour d'autres faits présumés.

Mais l'accusation a décidé de renoncer à cette seconde série de poursuites, ce qui a eu pour conséquence de lever mardi le black out médiatique sur la première affaire, autorisant les médias à annoncer le verdict de culpabilité.