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Estonie: l'extrême droite espère progresser aux législatives

Les drapeaux européen et estonien à Tallinn, le 29 juin 2017
Les drapeaux européen et estonien à Tallinn, le 29 juin 2017 -
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Petras Malukas
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La coalition de centre-gauche en Estonie joue sa survie aux législatives dimanche, face à l'opposition libérale et la montée d'un parti d'extrême droite, sur fond d'attaques contre sa politique libérale dans le domaine économique et social.

La campagne, plutôt terne, a porté sur la fiscalité, les tensions autour de l'enseignement en russe pour l'importante minorité russophone et la fracture entre les villes et les campagnes.

Un sondage de l'institut Kantar Emor réalisé entre le 14 et le 20 février annonce une compétition serrée.

Le parti Centre du Premier ministre Juri Ratas est crédité de 24,7% des intentions de vote, juste derrière les libéraux de la Réforme conduits par l'ancienne députée européenne Kaja Kallas, qui en obtiennent 25,7%.

L'une et l'autre formation pourrait s'allier avec les Sociaux-Démocrates qui recueillent 10,1% et les conservateurs de Pro Patria qui en ont 9,2%.

Les deux derniers font partie du gouvernement Ratas auquel il manque un député pour avoir la majorité au parlement de 101 sièges.

A l'extrême droite, le parti EKRE promet de généreuses dépenses sociales et développe la rhétorique anti-migrants, ce qui pourrait lui permettre de plus que doubler son score, arrivant à 21,3%, sans pour autant qu'il lui soit facile de trouver des partenaires pour une coalition.

Entre cinq et six formations devraient entrer au parlement et cette fragmentation du paysage politique risque de rendre difficile la mise en place d'une coalition.

Le Centre et la Réforme, adversaires traditionnels, ont alterné au pouvoir et même gouverné parfois ensemble pendant les trois décennies écoulées depuis que l'Estonie s'est affranchie de l'emprise soviétique.

- "Estxit" -

Tous deux soutiennent l'UE et l'Otan et ont su bien maîtriser la dépense publique, donnant à l'Estonie le plus bas ratio dette/PIB de la zone euro.

Le Centre a promis de remplacer le taux unique d'impôt sur le revenu, qui est de 20%, et l'impôt sur les sociétés de 21%, par un système progressif à tranches pour augmenter les recettes de l'Etat.

La Réforme compte augmenter la somme du revenu mensuel exempté d'impôt et réduire la cotisation d'assurance chômage.

Une analyste du risque financier trentenaire, Tiina, qui préfère ne pas dire son nom de famille, s'en inquiète. "Le marché mondial semble s'acheminer vers une nouvelle crise. Les promesses des hommes politiques de changer les taux d'imposition ou de financer leurs promesses en augmentant le déficit ne semblent pas très rassurantes", dit la jeune femme, pour qui le vote sera "un choix difficile".

Le taux de chômage évolue au dessous de 5%, tandis que la croissance devrait atteindre 2,7% cette année, après 3,5% en 2018.

S'il part de loin, avec un score de 7% en 2015, le parti EKRE devrait arriver troisième juste derrière les deux grands partis.

Fermement eurosceptique, EKRE a appelé à un référendum sur un "Estxit", autrement dit sur la sortie de l'UE, mais ce projet n'a aucune chance de succès dans un pays très pro-européen.

- Minorité russe -

Les soupçons qu'il nourrit vis-à-vis de Moscou le rendent très atlantiste. Il soutient sans réserve le bataillon multinational de l'Otan installé en Estonie en 2017 en guise de protection contre d'éventuelles initiatives hostiles de la Russie.

Pour le spécialiste en sciences politiques de l'université de Tallinn Tonis Saarts, la montée d'EKRE ressemble à celle d'autres partis d'extrême droite en Europe. Sa popularité, juge-t-il, vient des ressentiments de la population rurale qui se sent abandonnée à son sort après des années d'austérité sous la houlette du Centre et de la Réforme.

Le Centre a été depuis de longues années le premier choix des électeurs russophones.

La minorité russe, soit un quart de la population estonienne de 1,3 million de personnes, se soucie surtout des promesses de campagne de la Réforme, de Pro Patria et d'EKRE visant à réduire l'enseignement en russe dans les écoles. Le Centre veut préserver le système actuel, hérité de l'URSS.

Le scrutin commence dimanche à 7H00 GMT et s'arrête à 18H00 GMT. Les premiers résultats officiels seront connus vers minuit.

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