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Sur la route des européennes en Estrémadure

Sur la route des européennes en Estrémadure
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A 9 semaines des européennes, direction l'Estrémadure, région du sud-ouest de l'Espagne, où vit plus d'un million d'habitants. Notre prochaine étape : Villafranca de los Barros, petite ville de 13 000 habitants, située à 1h30 en voiture au nord-ouest de Séville.

La région de l'Estrémadure est l'une des plus fertiles et riches en matières premières, mais c'est aussi l'une des régions les plus pauvres d'Espagne.

Près de la moitié de la population vit avec moins de 700 euros par mois et 13 000 jeunes ont quitté la région ces 5 dernières années. En train, il faut 6 heures pour parcourir 300 km. Et les habitants se plaignent du manque d'infrastructures. C'est un des freins au développement industriel et commercial de cette région.

Nous avons fait la connaissance de Brigida, une agricultrice qui continue de fonder tous ses espoirs sur l'Estrémadure malgré les difficultés qui l'attendent dans le futur. Avec une question : comment l'Union européenne peut-elle l'aider ?

Attirer les jeunes et renforcer les infrastructures

Ces terres, Brigida en a hérité de son père il y a 20 ans.

Sur cette période, la part de l'agriculture dans le produit intérieur brut espagnol a baissé de plus de 25%.

"C'est une affaire familiale. Nous tentons de survivre", explique Brigida. "Ma mère s'en est occupée. Je me verse un salaire. Et le reste, je le réinvestis".

C'est dans la périphérie de Villafranca que Brigida cultive le grain pour nourrir ses bêtes Une carte postale qui n'attire quasiment personne.

"A la campagne nous avons de nombreux défis : nous avons besoin de trains, de routes, d'infrastructure... Sans quoi nous ne pouvons pas faire commerce de nos produits... Et puis derrière tout cela, il faut intégrer les jeunes. A la campagne, la population vieillit et si les jeunes ne viennent pas, notre activité mourra".

Le rôle de la Politique agricole commune

Comme la majorité des agriculteurs des environs, Brigida reçoit des fonds de l'Union européenne, via la Politique agricole commune (PAC). Selon les chiffres de la Banque mondiale, l'Espagne en était le troisième bénéficiaire.

Un système de subventions à 50 milliards d'euros par an au niveau européen, sur lequel Brigida est partagé.

"Sans la PAC, on ne pourrait pas vivre parce qu'on est pas rentable. Pour nous Bruxelles est très lointain et je pense que là bas il y a beaucoup de gens qui imposent des règles, qui partent de bonnes intentions, mais qui sont faites sans réelle connaissance du terrain".

Retour en arrière en Espagne ?

Cette méconnaissance du terrain, Brigida ne l'attribue pas seulement aux politiciens européens.

Dix ans après l'explosion de la crise économique, l'Espagne va mieux. Mais si le chômage a baissé, il reste le plus haut de la Zone euro, derrière la Grèce.

"Les politiciens sont encore tombés bien bas", nous déclare Brigida. "L'Espagne traverse une période tordue. Nous nous concentrons sur des choses qui n'ont pas de sens, nous revenons en arrière... Que fait-on à propos du vieillissement de la population ? Que fait-on à propos des droits des femmes ? Non. Nous perdons du temps et de l'énergie avec des choses stupides".

Changement climatique

Des agriculteurs qui ne sont pas au bout de leurs surprises, avec les défis posés par le changement climatique.

"C'est très sec", nous dit l'agricultrice sur un ton désabusé en constatant la terre. "C'est pas normal. La dernière fois il a plu seulement 4 litres d'eau en un mois... C'est un désastre".

Un désastre quelque peu éclipsé par les législatives d'avril prochain. Car un peu plus au sud, en Andalousie, le nouveau petit parti d’extrême-droite Vox qui a signé une percée en décembre.

Très porté sur les l'immigration et les questions de société, il semble séduire les électeurs, particulièrement là où les difficultés économiques persistent.