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Corruption ou pas, Netanyahu reste le favori des législatives en Israël

Benjamin Netanyahu, favori des élections législatives en Israël.
Benjamin Netanyahu, favori des élections législatives en Israël.
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Benjamin Netanyahu est un peu à Israël ce que Silvio Berlusconi était en son temps à l'Italie. A 69 ans, le Premier ministre sortant paraît inoxydable. Après plus de 13 ans au sommet du pouvoir, il repart à l'assaut d'un cinquième mandat, ce qui pourrait en faire un dirigeant indétrônable. Enfin, il a beau être empêtré dans plusieurs scandales de corruption, il reste populaire et semble indéboulonnable. Cela fait longtemps que les Israéliens le surnomment "Bibi", mais on comprend donc pourquoi on l'appelle aussi parfois "King Bibi", "le roi Bibi".

Les élections législatives sont en cours dans l'Etat Hébreu, et le chef du gouvernement se paye même le luxe d'avoir son parti de droite, le Likoud, en première place dans les sondages. Attention, ce n'est pas gagné pour autant, préviennent les politologues.

Principal rival, le général Gantz, un centriste

"Bibi" Netanyahu est au coude à coude avec un autre candidat sérieux, le général Benny Gantz (en photo ci-dessous en train de voter avec son épouse), qui est à la tête d'une liste centriste nommée Bleu-Blanc. Il a l'avantage d'avoir dix ans de moins. Ses bons états de service d'ancien parachutiste puis de chef d'état-major de l'armée israélienne peuvent aussi plaire aux électeurs, d'autant qu'il promet de diriger la défense du pays avec une poigne de fer; on sait combien les Israéliens tiennent à leur sécurité.

Le haut-gradé a toutefois un point faible, il sait se battre mais pas en politique, domaine dans lequel il est novice. En face, il a tout au contraire un vieux routier, un carriériste rusé et fin stratège. Netanyahu, qui se savait menacé d'inculpation par les juges dans trois affaires distinctes pour corruption, fraude et abus de confiance, a provoqué un scrutin anticipé avant l'échéance de novembre prochain, afin de se protéger en revêtant un nouveau costume de chef du gouvernement.

Toujours plus à droite, jusqu'à l'extrême

Et puis, le Premier ministre sortant n'a plus peur de rien en terme d'image, même d'aller pêcher ouvertement dans les eaux troubles de la politique. Il dirige déjà la coalition la plus à droite de l'histoire d'Israël, et cette fois il pourrait faire entrer au Parlement un certain Itamar Ben Gvir, une figure de Force juive, un parti d'extrême droite considéré comme clairement raciste.

Benjamin Netanyahu devrait également mieux profiter du système électoral, qui n'a jamais permis à un parti d'obtenir la majorité absolue -il faut décrocher au moins 61 sièges sur les 120 de la Knesset -, en s'associant plus facilement à d'autres formations proches du Likoud pour gouverner.

Le quotidien israélien Haaretz a trouvé la bonne formule pour mesurer le poids qu'a Netanyahu dans ces élections législatives : "Les Israéliens sont comme les fumeurs qui voudraient vraiment arrêter, mais qui croient ne pas pouvoir fonctionner sans leur dose constante de nicotine".