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Vox, l'émergence du parti d'extrême droite espagnol

Vox, l'émergence du parti d'extrême droite espagnol
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L'Espagne ne fait pas exception à la vague populiste et nationaliste qui s'est répandue dans le monde entier.

Le parti d'extrême droite VOX a émergé lors des élections andalouses.Il est maintenant sur le point de faire une percée au Parlement espagnol. Il pourrait prendre 6 sièges, dont 3 de Barcelone selon les derniers sondages.

Aujourd'hui, la crise catalane est au centre de la campagne électorale espagnole et de la «croisade» de Vox:"Nous nous sommes opposés devant ceux qui avaient organisé un coup d'État tandis que le gouvernement espagnol, celui de Mariano Rajoy avait permis deux référendums illégaux. Il est donc normal que les gens voient dans Vox le seul garant de l’unité nationale" explique Ignacio Garriga, candidat de Vox à Barcelone.

Des idées qui ont trouvé un écho dans la population. La droite traditionnelle a partiellement accepté le programme radical de Vox, mais leurs propositions ne semblent pas suffisantes."Le Parti populaire nous a abandonnés et ciudadanos, le parti des citoyens s’est perdu, la seule option valable c’est Vox",confie une électrice de Vox.

La rhétorique populiste de Vox contre l’immigration, contre le droit des femmes mais encore les lois en faveur de l’utilisation des armes a convaincu certains électeurs. Pour expliquer l’attrait d'un certain nombre électeurs pour Vox , l'analyste Jordi Amat souligne plusieurs facteurs : "Il y à des changements très profonds liés à une mondialisation économique. une mondialisation qui n’a pas été structurée politiquement. Cela a engendré un désordre qui provoque une instabilité des réactions identitaires. Vox n'émergerait pas avec une telle force s'il n'avait pas affronté l'identité nationale espagnole".

Les partis sécessionnistes nient toute responsabilité dans "l'effet Vox"

"La montée du fascisme en Espagne n'est pas la faute du mouvement sécessionniste; nous ne sommes pas responsables de la présence au pouvoir dans le monde de Bolsonaro, Trump, Salvini ou Orban. Ici c’est Abascal". explique Gabriel Rufian, candidat au parlement européen pour l'ERC (la gauche républicaine de catalogne). Aujourd'hui les forces sécessionnistes sont à nouveau divisées. Le parti de gauche ERC représenté par Oriol Junqueras, actuellement en prison, refuse d'envisager un gouvernement de droite avec Vox et demande un référendum.

Junts per Catalunya (JxCat) le parti indépendantiste catalan quant à lui rejettera tout accord n'incluant pas l'autodétermination, même si l'extrême droite entrait en jeu :

"Nous n'agirons pas par peur de l'extrême droite. Nous avons déjà vécu sous l'extrême droite lorsque trois partis espagnols étaient au pouvoir en Catalogne. Alors avec les parties de droite, le parti socialiste et ciudadanos au pouvoir pour la Catalogne c’est la même chose", précise Laure Boras, candidate JuntsxCat au Parlement.

Les résultats des élections dévoileront l'influence réelle de Vox sur le paysage politique espagnol.