Le paysage municipal se redessine à l'issue de ce premier tour des municipales : plusieurs candidats du RN sont en position de conquête, LFI signe des percées à Saint-Denis, Roubaix et Lille, tandis que le maire sortant écologiste de Lyon, donné en difficulté dans les sondages, peut désormais rêver.
Un vote décisif pour le quotidien des Français et le premier rendez-vous démocratique depuis les législatives anticipées de 2024, à un an de la présidentielle de 2027.
Dans l'immense majorité des communes, où il n'y a qu'une ou deux listes, le maire est déjà connu. Une âpre bataille se joue toutefois dans les grandes métropoles, où les stratégies nationales des partis prennent souvent le pas sur les enjeux locaux.
Merci d'avoir suivi notre direct, rendez-vous dimanche prochain pour le second tour.
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Live terminé
Premier tour : enseignements et dynamiques
Qui a le vent en poupe ?
- Le Rassemblement national, d'extrême droite, et La France insoumise, de gauche radicale, devraient entrer en nombre dans les conseils municipaux.
- Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella a vu plusieurs de ses maires réélus dès ce soir, notamment Louis Aliot à Perpignan, Steve Briois à Hénin-Beaumont, fief historique du parti, ainsi qu'à Beaucaire et à Fréjus. Le RN est en tête dans plusieurs communes du sud, comme à Nîmes ou encore à Toulon.
- LFI, qui partait quasiment de rien en matière d'ancrage local, est en passe de remporter Saint-Denis, deuxième ville d'Île-de-France après Paris, dès le premier tour. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a enregistré des percées à Roubaix, où David Guiraud est en tête, et à Lille, où la liste conduite par Lahouaria Addouche talonne celle d'Arnaud Deslandes, maire PS sortant. Une victoire dès le premier tour serait possible à Saint-Denis.
- Les partis "historiques" – PS, LR – restent solides dans les territoires.
- Succès confirmés pour les patrons de partis : Édouard Philippe (Horizons) en tête au Havre, Éric Ciotti (UDR, allié du RN) domine à Nice, loin devant Christian Estrosi.
- Une bataille serrée et un second tour qui s'annonce incertain à Lyon, Marseille et Paris.
- À Paris, quatre listes pourraient se maintenir au second tour. Emmanuel Grégoire (gauche unie, hors LFI) arrive largement en tête selon les estimations, devant Rachida Dati. Sophia Chikirou (LFI) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) pourraient également se maintenir. Proche des 10 %, Sarah Knafo n'est pas encore assurée d'être qualifiée, mais affirme que son programme est "le plus utile" à la droite et qu'elle souhaite "la victoire contre la gauche".
Les stratégies pour le second tour :
- Jordan Bardella tend la main aux "listes de droite sincères" face à des listes "dominées par l'extrême gauche".
- Olivier Faure : pas d'accord national entre le PS et LFI.
- Gabriel Attal défend le "ni-ni" face aux "extrêmes"
- Manuel Bompard appelle à la formation d'un "front antifasciste". À Lyon, la candidate LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi, se positionne comme arbitre et se dit "prête" à discuter avec le maire sortant Grégory Doucet pour "garder (Lyon) à gauche".
Les partis ont 48 heures pour négocier et déposer leurs listes à la préfecture, au plus tard mardi à 18 heures.
Doucet : "Le résultat, ce soir, déjoue tous les pronostics"
À Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, annoncé battu par les sondages, fait mentir les pronostics : il est au coude-à-coude avec Jean-Michel Aulas, chacun autour de 36,8 % des voix.
Alors que de premiers sondages annonçaient une défaite dès le premier tour, nous n’avons jamais renoncé
Pour lui, ce score est "éminemment politique" : les Lyonnais ont "préféré un projet généreux et universel" face, selon lui, "aux intérêts privés de quelques-uns" et à "des propositions du siècle dernier".
"Ce n’est pas qu'un résultat, c’est une dynamique. Et cette dynamique, on ne l'arrêtera pas", a-t-il martelé.
Chikirou revendique la "percée" de La France insoumise aux municipales
À Paris, la candidate de Sophia Chikirou (LFI) se qualifie pour le second tour avec 13,7 % des voix.
Paris confirme la percée de la France insoumise dans ces élections municipales et au niveau national.
Si la candidate de Reconquête !, Sarah Knafo, donnée à 9,9 %, franchit la barre des 10 %, la liste insoumise pourrait devenir décisive pour maintenir la capitale à gauche.
"La responsabilité, aujourd’hui, c’est d'empêcher la droite de gagner Paris", a affirmé Sophia Chikirou, disant attendre "l'appel" du candidat socialiste Emmanuel Grégoire pour envisager un ralliement au second tour.
Je le dis donc très clairement, Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l'avenir de Paris.
La candidate a également prévenu que sans "convergence pour barrer la route à la droite et à l’extrême droite" et constituer un "front antifasciste", elle déposera dès demain soir la liste du "Nouveau Paris populaire" au second tour. "Nous sommes prêts, nous sommes déterminés à repartir en campagne", a affirmé Sophia Chikirou.
🔴 Paris confirme la percée de la France insoumise dans ces élections municipales.
— Sophia Chikirou (@chikirouparis) March 15, 2026
✅ Nous sommes qualifiés au second tour des élections municipales.
➡️ Il y aura donc des élu·es insoumis·es dans de nombreux conseils d'arrondissement et au Conseil de Paris.
📺 La déclaration… pic.twitter.com/O9gdQ20Fca
Jean-Michel Aulas : "L'accord de la honte est en train de se mettre en place"
L'ex-président de l'OL, qui se présente comme un candidat de "rupture" à Lyon et est soutenu par la droite et le centre, a assuré avoir des chances "acceptables" pour l'emporter au second tour.
Jean-Michel Aulas a dénoncé un "accord de la honte" qui se formerait entre son adversaire écologiste, Grégory Doucet, et "Jean-Luc Mélenchon", sans citer le nom de la candidate LFI, Anais Belouassa-Chérifi.
"On va expliquer que c'est un meilleur programme jamais réalisé pour Lyon", a-t-il déclaré, dénonçant des "fake news qui sont arrivées pour dire qu'il n'en est rien".
Nous allons jouer un match retour avec tous nos arguments.
Anais Belouassa-Chérifi a également commenté les résultats partiels, se disant "prête" à discuter avec Grégory Doucet afin de "garder notre ville à gauche".
Bordeaux : l'écologiste sortant Hurmic juste devant le macroniste Cazenave (estimations)
Le maire écologiste sortant de Bordeaux, Pierre Hurmic, aurait une courte avance (27,7 %) sur le député macroniste Thomas Cazenave (25 %) au premier tour des municipales dimanche, tandis que l'outsider Philippe Dessertine arriverait en troisième position, selon une estimation Ipsos-BVA.
Renaissance exclut toute alliance avec les "extrêmes"
L'ancien Premier ministre et le patron de Renaissance, Gabriel Attal, a assuré que le parti présidentiel ne conclurait aucune alliance, ni directe ni indirecte, avec La France insoumise, de gauche radicale, ou avec les formations d’extrême droite.
Je tiens à féliciter les cent premiers maires Renaissance élus dès le premier tour comme @franckriester à Coulommiers, @OrsucciJC à Bonifacio ou @nnieson à Bourg-de-Péage.
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) March 15, 2026
C'est un résultat inédit et je suis fier que nous poursuivions notre ancrage et notre implantation… pic.twitter.com/GbfrXT3Qyq
"La victoire est encore possible", affirme Rachida Dati
Arrivée derrière le candidat socialiste Emmanuel Grégoire selon les premières estimations, Rachida Dati a estimé que la division du camp de la droite et du centre affaiblissait les chances d'alternance, en référence aux scores de Pierre-Yves Bournazel (centre) et de Sarah Knafo (Reconquête).
"Ce soir, une nouvelle élection commence", a-t-elle déclaré, jugeant que le second tour sera "le choix décisif" pour l'avenir de la capitale.
L'ex-ministre de la Culture a également appelé à un large rassemblement contre ce qu'elle décrit comme une gauche prête à toutes les alliances pour rester au pouvoir, estimant que "la victoire est possible" si les électeurs se mobilisent.
Emmanuel Grégoire : "Rien n'est fait"
Le candidat socialiste à la mairie de Paris a déclaré que seule la liste de la gauche unie (hors LFI) peut l'emporter face au "danger bien réel" d'un basculement de la ville à droite.
Vous avez voté pour la gauche qui veut gagner, mais rien n'est fait. Dimanche prochain, la droite et l'extrême droite peuvent l'emporter à Paris, une ville que le monde entier regarde.
Le candidat socialiste, donné confortablement en tête, devançant de plus de 10 points Rachida Dati, n'a pas hésité à rappeler le rendez-vous judiciaire de sa rivale, qui sera jugée en septembre pour "corruption" et "trafic d'influence" dans l'affaire Renault.
Le PS et RN ex æquo à Marseille
Dans la deuxième ville de France, la course à la mairie s'annonce particulièrement serrée. Selon une estimation Ipsos-BVA, le maire sortant socialiste Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, sont à égalité avec 35,4 % des voix.
Derrière eux, Sébastien Delogu (La France insoumise) et Martine Vassal (divers droite) recueilleraient chacun 12,3 % des suffrages, ce qui leur permettrait de se qualifier au second tour.
Très gros score d'Emmanuel Grégoire à Paris (premières estimations Ipsos)
À Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire fait la course en tête à l'issue du premier tour des municipales, selon les premières estimations d'Ipsos BVA.
Crédité de 36,5 % des voix, il devance largement Rachida Dati, candidate d'une alliance LR-MoDem, donnée à 24,9 %.
Derrière eux, Sophia Chikirou (LFI) recueillerait 13,7 %, suivie de Pierre-Yves Bournazel, soutenu par le camp présidentiel, avec 11,8 %.
La candidate de Reconquête !, Sarah Knafo, ne serait pas qualifiée pour le second tour, avec 9,7 %.
Lyon : Grégory Doucet crée la surprise
Selon les premières estimations Ipsos, le maire sortant Les Écologistes, Grégory Doucet (37,3 %), devance son principal rival, Jean-Michel Aulas (35,4 %), considéré comme le grand favori tout au long de la campagne.
Une triangulaire serait possible au second tour, si la candidate LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi, se maintenait. Elle est créditée de 10,9 %.
Olivier Faure écarte un accord avec LFI au second tour
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a salué la réélection d'environ 350 maires socialistes dès le premier tour.
Il affirme également que les socialistes arrivent en tête dans plusieurs grandes villes, dont Paris, Marseille, Toulouse, Rennes, Rouen ou encore Nancy, et se disent en ballotage favorable pour le second tour.
Mais le responsable socialiste a aussi exprimé son inquiétude face à la progression de l'extrême droite.
Olivier Faure a par ailleurs exclu la possibilité d'un accord national entre le Parti socialiste et La France insoumise.
Éric Ciotti largement en tête à Nice, revers pour Christian Estrosi
Le patron de l'UDR, allié du RN, arrive largement en tête du premier tour (41,5%) devant le maire sortant, Christian Estrosi (31,8%), selon des estimations Elane.
Les Niçois ont exprimé leur volonté massive d’alternance afin de tourner la page d’un système à bout de souffle.
— Eric Ciotti (@eciotti) March 15, 2026
Ce résultat est un vote d’espoir et de rassemblement républicain pour une municipalité qui serve enfin les Niçois au lieu de se servir.#LeTempsDuChangement pic.twitter.com/iVMqMpX1BC
Bruno Retailleau appelle à un "grand rassemblement de la droite (pour) battre la gauche ou le RN"
Bruno Retailleau, le patron de LR, a estimé que sa formation sortait renforcée du premier tour des municipales, élection traditionnellement favorable à la droite traditionnelle.
Selon lui, des candidats LR ou soutenus par la droite arriveraient en tête dans près d'une commune sur deux de plus de 9 000 habitants.
L'ex-ministre de l'Intérieur a par ailleurs appelé à un large rassemblement des forces de droite pour le second tour afin de battre la gauche ou le RN. Il a assuré qu'il ne donnerait "aucune voix à La France insoumise".
Manuel Bompard salue une "remarquable progression" de LFI et tend la main aux autres listes de gauche
Selon le coordinateur national du mouvement, les listes soutenues par La France insoumise ont nettement amélioré leurs scores par rapport à 2020 et pourraient remporter la victoire dans plusieurs dizaines de communes.
Tout en regrettant une abstention encore élevée, il a appelé les électeurs à se mobiliser pour le second tour et a tendu la main aux autres listes de gauche afin de former un "front antifasciste" là où la droite ou l’extrême droite pourraient pourraient prendre le dessus.
Steeve Briois annonce sa réélection à Hénin-Beaumont
Le maire sortant du RN, Steeve Briois, a annoncé sa réélection à la mairie d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. La ville est considérée comme un fief historique du parti.
78% des voix ! Merci Hénin-Beaumont ❤️❤️❤️❤️❤️❤️
— Steeve Briois (@SteeveBriois) March 15, 2026
Jordan Bardella : "Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons"
Dans un discours prononcé à Beaucaire (Gard), le président du Rassemblement national s'est félicité de la reconduction de "plusieurs maires sortant" issus de son parti, et a appelé ses électeurs à soutenir les candidats qui sont arrivés en tête "ou qui sont en bonne position pour l'emporter dimanche prochain".
Alors que Jordan Bardella a annoncé le maintien des candidats du RN lorsqu'ils sont qualifiés pour le second tour, il a également annoncer "tendre la main aux listes de droites sincères" face à des listes "dominées par l'extrême gauche".
Partout où cela est possible, choisissez le changement. Le changement n'attend pas 2027, il commence dès dimanche prochain.
Dans de nombreuses communes, les candidats RN arrivent en tête ou sont en bonne position pour l'emporter.
— Jordan Bardella (@J_Bardella) March 15, 2026
J'appelle les Français à amplifier la dynamique, et à se choisir des maires profondément patriotes, qui seront la voix de l'alternance et du redressement de la Nation. pic.twitter.com/50T0teHnCz
Glucksmann : aucun candidat Place publique sur des listes de gauche avec LFI au second tour
Raphaël Glucksmann, chef du parti Place publique, a réaffirmé que sa formation ne participera pas à des listes de gauche incluant La France insoumise (LFI) au second tour des élections municipales.
Dans un communiqué, l'eurodéputé précise qu'aucun candidat ne pourra revendiquer le soutien de Place publique s'il figure sur une liste comprenant LFI. Selon lui, "la volonté de gagner ne peut pas conduire à renoncer à ce que nous sommes politiquement".
Il ajoute toutefois qu'en cas de risque de victoire de l'extrême droite, et lorsque Place publique n'est pas en position de l'emporter, le parti pourrait se retirer au profit de la liste la mieux placée pour la battre.
À surveiller : Lyon, où Place publique soutient la liste de Grégory Doucet, qui ne se dit pas fermé à un dialogue avec LFI après le premier tour.
À voté 🗳️
— Raphael Glucksmann (@rglucks1) March 15, 2026
Vive la démocratie! pic.twitter.com/DiTt8fmlzV
Toulon : Laure Lavalette (RN) en tête
La député RN Laure Lavalette (RN) donnée en tête (39,4%) à Toulon, devant la sortante Josée Massi (estimation Elabe).
Le parti d'extrême droite, qui ne dirige qu'une seule ville de plus de 100 000 habitants – Perpignan – espère conquérir d'autres grandes métropoles dans le sud du pays, comme Toulon et Marseille.
Édouard Philippe en tête au Havre (résultats provisoires)
Selon les premières estimations, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe arrive en tête du premier tour des municipales au Havre. Il avait conditionné la suite de sa campagne présidentielle à une réélection dans son fief.
Le maire sortant recueillerait 43,76 % des voix, devançant le candidat communiste Jean-Paul Lecoq, crédité de 33,25 %.
Sébastien Lecornu annonce la victoire pour de sa liste à Vernon
Le Premier ministre a annoncé sur le réseau social X la victoire de la liste sur laquelle il figure à Vernon, dans le département de l'Eure.
Il occupait la troisième position sur la liste menée par le maire sortant François Ouzilleau.
Merci aux électeurs de @VilledeVernon qui nous font confiance dès le premier tour des élections municipales pour la troisième fois avec @FOuzilleau et notre équipe @GVernon27.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) March 15, 2026
#municipales2026 #Vernon #Eure
Roubaix : David Guiraud (LFI) très largement en tête
David Guiraud (LFI) très largement en tête au premier tour (46,5%), plus de 20 point devant le maire sortant Alexandre Garcin, selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1-LCI et Sud Radio.
Perpignan : Louis Aliot (RN) réélu maire dès le premier tour
Louis Aliot, réélu maire de Perpignan, vitrine du Rassemblement national, dès le premier tour à 51,4%, selon une estimation Ipsos (AFP)
"Comme en Union soviétique"
Mariya, électrice à Beaubery, en Saône-et-Loire, partage ses impressions après le vote dans sa commune de 372 habitants, où une seule liste a été présente.
"Le principe de cette campagne c'est : à prendre ou à laisser", confie-t-elle à Euronews, précisant qu'il n'y avait pas de stylo dans l’isoloir pour pouvoir éventuellement rendre son bulletin nul.
"Un vote unanime qui me fait penser à l'Union soviétique", ironise-t-elle, ajoutant que la liste en place a néanmoins réussi à respecter la parité. "C'est leur plus grande fierté".
Marseille : une participation en-dessous des 50 % à 18 heures
Selon la mairie de Marseille, le taux de participation à 18 heures est estimé à 46,96 %.
🗳️ L'estimation du taux de participation enregistrée à Marseille à 18h est de 46,96%.
— Ville de Marseille (@marseille) March 15, 2026
Retrouvez toutes les infos pratiques pour voter aujourd'hui jusqu’à 20h ⤵️https://t.co/fdGSXeuzze pic.twitter.com/AjUog6YInM
Sécurité, ville sans voiture : quelles sont vos priorités ?
Pour Lisa, qui a voté dans le XIXe arrondissement de Paris, le sujet le plus important est la sécurité.
Je ne me sens pas en sécurité tout le temps. J'évite de prendre le métro tard le soir. Donc j'ai ciblé les programmes axés sur cette question.
Son deuxième sujet de préoccupation concerne la pollution et les espaces verts. "J'aimerais qu’il y ait moins de voitures à Paris", explique-t-elle à Euronews.
Selon la dernière vague de l'Enquête électorale française (Ipsos BVA-CESI École d'Ingénieurs pour le CEVIPOF, la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde), les thèmes qui compteront le plus dans le vote des électeurs sont la sécurité (44 %), le maintien des services publics de proximité (28 %), le dynamisme économique et l'accès à la santé (27 % chacun), alors que la principale préoccupation concernant la situation du pays reste le pouvoir d'achat (54 %).
Les Européens votent aux municipales
Les citoyens de l'UE qui résident en France peuvent voter aux élections municipales et européennes, et même se porter candidats.
Fabien est Portugais et vit à Lyon depuis 10 ans. Après avoir voté aux élections européennes de juin 2024 sur les listes françaises, dans un bureau de Montchat (IIIe arrondissement), c'est la première fois qu'il participe au scrutin municipal.
C'est une manière de marquer mon intégration à la vie locale.
"J'ai pu voter pour la mairie et l'arrondissement, mais pas à la métropole, un vote réservé aux citoyens français", explique-il à Euronews. "Nous étions seulement trois étrangers à voter dans mon bureau, inscrits sur une liste spéciale".



Marseille : l'équipe de Franck Allisio (RN) dénonce des "irrégularités"
Les représentants de candidat Rassemblement national à la mairie de Marseille, Franck Allisio, affirment avoir constaté "de nombreuses irrégularités" dans les bureaux de vote.
Selon un message adressé à Euronews, une quinzaine de bureaux de vote n'auraient pas ouvert à l'heure prévue de 8 heures.
Cette situation a pénalisé de nombreux électeurs qui se sont présentés dès l'ouverture pour exercer leur droit de vote et ont dû, pour certains d'entre eux, repartir.
D'autres irrégularités ont été signalées : absence ou inversion de bulletins (mairie centrale/secteur), ou encore des bulletins dégradés de la liste Allisio"présentant des marques de type coups de cutter".
Dans le 3e arrondissement, une personne de nationalité comorienne aurait été autorisée à voter en présentant un titre de séjour et non une carte d'identité française. Il n'est pas clair s'il s'agit d'un électeur ou d'une électrice ayant la double nationalité.
Ailleurs, "des délégués ont été signalés comme montrant aux électeurs les bulletins qu'ils devraient prendre avant de se rendre dans l'isoloir".
Selon l'équipe de campagne du candidat RN, ces ont été inscrits au procès verbal.
Le vote est terminé dans la plupart des bureaux
La plupart des bureaux de vote en France ont fermé à 18 heures.
Il est encore possible de voter jusqu'à 19 heures dans certaines grandes villes :
- Pau,
- Lille,
- Rennes.
Les bureaux restent ouverts jusqu'à 20 heures à :
- Paris,
- Marseille,
- Lyon,
- Toulouse,
- Bordeaux,
- Grenoble,
- Montpellier,
- Nice.
Dans les départements entiers d'Île-de-France comme les Yvelines ou les Hauts-de-Seine, le vote continue également jusqu'à 20 heures.
Participation plus calme dans un bureau de vote à Cagnes-sur-Mer
Dans les Alpes-Maritimes, à Cagnes-sur-Mer, l’affluence semblait plus modérée ce dimanche matin.
Paul, venu voter en début d'après-midi, explique que le bureau n'était pas particulièrement fréquenté au moment de son passage.
Pour lui, les enjeux économiques restent centraux dans ce scrutin local.
Ce qui m'inquiète surtout, c'est que les Français puissent garder un pouvoir d'achat malgré l'inflation.
Il s'interroge également sur les choix budgétaires des futures équipes municipales : "Quelles directions vont prendre les municipalités en termes de dépenses ?"

Votre journée d'élection : "J'ai voté pour le parti pour lequel j'ai tout le temps voté"
Dans le XIe arrondissement de Paris, l'un des plus densément peuplés de la capitale, plusieurs électeurs évoquent une participation soutenue ce dimanche matin.
Juliette, qui a voté dans un bureau de l'arrondissement, dit avoir constaté une forte affluence, avec "beaucoup de monde et beaucoup de jeunes".
Franchement, je n'ai pas regardé les programmes, j'ai voté pour le parti pour lequel j'ai tout le temps voté.
Dans un autre bureau de vote du quartier, Sara dit avoir vu beaucoup de monde.
Pour elle, les enjeux locaux restent centraux, notamment la question du logement et du coût de la vie dans la capitale.
"C'est très difficile d'envisager un avenir familial "simple" à Paris intra-muros pour les classes moyennes", confie-t-elle à Euronews.
Comme ailleurs en France, les bureaux de vote resteront ouverts jusqu'à 20 heures à Paris, heure à laquelle les premiers résultats pourront être publiés.
À quelle heure les premiers résultats ?
Les premiers résultats du premier tour des élections municipales ne peuvent être publiés qu'à partir de 20 heures, heure de fermeture des bureaux de vote dans les plus grandes villes.
Dans la majorité des communes, les bureaux ferment toutefois plus tôt, généralement à 18 h ou 19 h. Le dépouillement peut alors commencer immédiatement, mais les résultats doivent rester confidentiels jusqu'à 20 heures.
À partir de cette heure, les premières estimations, puis les résultats des grandes villes, devraient être diffusés progressivement au cours de la soirée. Nous sommes en direct pour vous jusqu'à minuit.
À 17 heures, le taux de participation en France métropolitaine s'élève à 48,9 %
Le ministère de l'Intérieur vient de publier de nouveaux chiffres provisoires sur la participation :
Ce qui change dans les communes de moins de 1 000 habitants
Jusqu’à présent, dans ces communes, les électeurs pouvaient voter pour des candidats individuellement et recourir au panachage, une pratique permettant de rayer des noms, d’en ajouter d’autres ou de modifier l’ordre des candidats sur le bulletin.
Ces communes appliquent désormais le même système que les villes de plus grande taille.
Les candidats doivent se présenter sur des listes, qui doivent en outre respecter la parité, avec une alternance obligatoire entre femmes et hommes.
Que se passe-t-il en cas de liste unique… ou d'absence de liste ?
Dans environ 68 % des communes, une seule liste est en lice pour ces élections municipales.
Dans ce cas, les électeurs votent malgré tout. La liste doit recueillir la majorité des suffrages exprimés pour être élue dès le premier tour. Si elle y parvient, ses candidats deviennent conseillers municipaux, puis le conseil élira le maire lors de sa première réunion.
Plus rare mais plus complexe : lorsqu’aucune liste ne se présente. Cette année, 68 communes sont concernées.
Dans ces municipalités, le préfet doit mettre en place une délégation spéciale chargée d’assurer la gestion des affaires courantes. Cette administration provisoire reste en place jusqu’à l’organisation de nouvelles élections, dans un délai de trois mois.
Dans certains cas, une fusion avec une commune voisine peut également être envisagée.
Des configurations électorales parfois insolites
Dans la plupart des quelque 35 000 communes françaises, le scrutin se joue entre une ou deux listes. Mais certaines villes présentent des configurations plus atypiques.
À Montpellier, par exemple, les électeurs ont l'embarras du choix : 13 listes de différentes sensibilités sont en lice pour ce premier tour, un record pour ces municipales.
À l'inverse, dans d'autres communes, l'offre politique est beaucoup plus restreinte.
À Cogolin, dans le Var, les électeurs devront départager des listes issues de la droite et de l’extrême droite, sans autre alternative politique.
capture d'écran : ministère de l'Intérieur
Timide participation dans les grandes villes
À la mi-journée, la participation s'élevait à 19,15 % à Marseille, selon la mairie, contre 13,89 % à Paris.
🗳️ L'estimation du taux de participation enregistrée à Marseille à 12h est de 19,15%.
— Ville de Marseille (@marseille) March 15, 2026
Retrouvez toutes les infos pratiques pour voter aujourd'hui jusqu’à 20h ⤵️https://t.co/fdGSXeuzze pic.twitter.com/dhcAb7dGPV
Sarah Knafo a voté à Paris
L'eurodéputée, candidate du parti Reconquête!, d'extrême droite, à la mairie de la capitale, s'est également rendue aux urnes.
A voté ! 🗳️ 💛☀️ pic.twitter.com/QMcxWCxTLC
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) March 15, 2026
Macron : "Notre démocratie vit par l'engagement de chacune et de chacun"
Le chef de l'État a remercié sur X les citoyens qui assurent la tenue des bureaux de vote.
Le scrutin municipal mobilise plusieurs centaines de milliers d’assesseurs.
A voté !
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 15, 2026
Merci à tous nos compatriotes qui veillent au bon déroulement de ce moment démocratique important. Notre démocratie vit par l’engagement de chacune et de chacun.
Lyon : inquiétude autour des trois couleurs des enveloppes
Certains électeurs nous alertent sur un risque de confusion : si les enveloppes bleues du scrutin métropolitain sont facilement identifiables, le jaune (ville) et le papier kraft (arrondissement) pourraient prêter à confusion.
Contactée par Euronews, l'équipe de campagne de Grégory Doucet ne voit toutefois aucun risque de méprise pour les votants : "Il n'est pas possible de se tromper. Les circuits sont différents, et une mauvaise couleur serait immédiatement repérée lors du vote".
Les urnes étant transparentes, toute erreur serait en effet détectable immédiatement.
Euronews a consulté les consignes envoyées aux scrutateurs dans différents bureaux de vote par les représentants de Jean-Michel Aulas ("Cœur lyonnais"). Il y est demandé de vérifier :
- "qu'il s'agit de l'enveloppe de la bonne couleur avant que l'électeur ne l'introduise dans l'urne".
- "Si des enveloppes d'une couleur erronée ont malgré tout été introduites dans l'urne, sollicitez la commission de contrôle des opérations de vote ou la préfecture afin de savoir quel traitement accorder à ces bulletins lors du dépouillement".
- "Lors du dépouillement, si un désaccord surgit sur le point de savoir si le bulletin aurait dû être considéré comme nul ou valide, il faut mentionner ce désaccord au procès-verbal".
Alors que les bulletins sont imprimés par les candidats, c'est l'État (via le ministère de l'Intérieur et la préfecture) qui s'occupent des enveloppes de vote.
Analyse : qui accepte encore le jeu du débat ?
Le débat, ce "rite républicain", apparaît aujourd’hui de plus en plus désacralisé dans la vie politique française.
Qui vient dans l’arène, et avec quelles armes verbales ? À lire : notre entretien avec Pascal Lardellier, professeur à l'université Bourgogne Europe, spécialiste de la communication politique.
Municipales 2026 : chaises vides, violence verbale et jeux de communication
Considéré comme un “rite républicain”, le débat apparaît aujourd’hui de plus en plus désacralisé dans la vie politique française. Décryptage
Emmanuel et Brigitte Macron votent au Touquet



AP Photo/Jean-Francois Badias, Pool
Commentaire : une campagne bruyante à la mairie de Lyon a éclipsé la bataille pour la métropole
Avec ses compétences élargies à celles d'un département, la métropole de Lyon représente un cas unique dans le millefeuille territorial français. Depuis 2020, les électeurs des 58 communes qui la composent choisissent directement leurs représentants au conseil de la métropole.
Tommaso Germain, docteur en science politique, spécialiste de la métropolisation, remarque que l'attention médiatique s'est concentré sur l'affrontement, personnalisé, entre le maire écologiste sortant Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, ex-président de l'OL, soutenu par les partis de droite et du centre. Pourtant, le véritable centre du pouvoir ne se situe pas place des Terreaux.
"À Lyon, la situation est assez particulière, puisqu'elle c'est la seule métropole où on a une réelle élection métropolitaine, détachée et indépendante des élections municipales", explique-t-il dans un commentaire à Euronews.
L'essentiel du pouvoir se trouve bien à la métropole, qui dispose d'un budget d'environ 4 milliards d’euros* et de plus de 9 500 agents. Presque toutes les politiques publiques y sont pilotées. Toute l'expertise y est détenue. C'est là que se décident les grands projets comme les aides du quotidien.
Pourtant, elle reste dans l'ombre : l'élection municipale, plus simple à comprendre, capte l'attention, précise le chercheur.
*contre 1,1 milliard pour la ville de Lyon – Euronews
Une participation de 19,37% à midi
Le ministère de l'Intérieur a publié les chiffres de la participation à midi en France métropolitaine : elle atteignait 18,4 % à la même heure en 2020, en pleine pandémie, et 23,2 % en 2014.
Dati, Grégoire et Chikirou votent à Paris

AP Photo/Emma Da Silva

Le socialiste est venu voter en compagnie de Lucie Castets, ex-candidate du NFP à Matignon.
Bertrand Guay/Pool Photo via AP

AP Photo/Thomas Padilla, Pool
Le Premier ministre est candidat aux municipales
Sébastien Lecornu se présente à Vernon, commune normande de 25 000 habitants dont il a été maire entre 2014 et 2015. Il figure en 3e position sur la liste de la majorité sortante.

Martin Lelievre/Pool Photo via AP
La Normandie, terre de Premiers ministres, a également vu voter l'ancien locataire de Matignon, Édouard Philippe, maire sortant du Havre et candidat à sa réélection.
Paris, Marseille, Lyon : comment voter ?
En vertu de la réforme d'août 2025, visant à rendre le vote plus direct et lisible dans les trois plus grandes villes du pays, les électeurs parisiens et marseillais glisseront deux bulletins dans deux urnes distinctes :
- l'un pour élire les conseillers d’arrondissement, qui désigneront uniquement les maires d'arrondissements ou de secteurs,
- l'autre pour élire directement les conseillers municipaux à la mairie centrale, lesquels éliront le ou la maire de la ville.
À Lyon, dont la métropole cumule les compétences départementales, un troisième vote est organisé pour désigner les conseillers métropolitains, chargés d'élire le ou la présidente de la métropole.
Double vote, nouvelles règles : ce qui change pour les municipales
Avec un nouveau mode de scrutin et une prime majoritaire abaissée, les prochaines municipales pourraient favoriser davantage de listes et rendre les majorités…
Nice : des centaines de milliers de bulletins de vote réimprimés in extremis
À la veille du scrutin, près d’un quart des bulletins de vote à Nice ont été endommagés par les intempéries. Le camion qui les transportait n’était pas étanche, selon Nice-Matin.
"Lors de l'acheminement entre le lieu de stockage et les bureaux de vote, environ 50 % des bulletins de vote ont été endommagés par la pluie dans la moitié des bureaux de vote de la ville", a précisé la Préfecture des Alpes maritimes, ajoutant que des réimpressions avaient été commandées et que le 1er tour des élections n'était pas menacé. La facture des réimpressions revient à la commune, responsable du stockage des bulletins.
Selon les journalistes couvrant la campagne niçoise, 270 000 bulletins ont été réimprimés et gardés toute la nuit par la police. Les bureaux ont pu ouvrir à 8 heures, comme partout en France.
#Municipales2026 Dégradation d'une partie des bulletins de vote à Nice en raison des intempéries.
— Préfet des Alpes-Maritimes🇫🇷 (@prefet06) March 14, 2026
De nouveaux bulletins de vote seront imprimés pour garantir la tenue du scrutin. pic.twitter.com/QVPdqKYss5
Un test électoral pour les partis
Près de 50 millions d'électeurs sont appelés à renouveler leurs conseils municipaux et à départager plus de 900 000 candidats, répartis sur quelque 50 000 listes.
Six ans après la "vague verte" qui avait vu les écologistes s'emparer de plusieurs villes emblématiques, comme Lyon, Bordeaux et Strasbourg, sur fond de pandémie et d'abstention record, la formation de Marine Tondelier défend le bilan des maires écologistes, fortement challengés par leurs concurrents.
Sous pression et reléguée à l'extrémité de l'échiquier, la France insoumise teste sa stratégie de conflictualité, visant quelques communes clés comme Roubaix, alors qu'elle ne compte presque aucune mairie. Le PS, dans ses bastions traditionnels, souhaite montrer qu'il peut réussir électoralement sans LFI.
Les Républicains, parti des territoires, rêvent de se refaire une santé et, qui sait, de ravir Paris à la gauche. Poussé par sa dynamique, le RN tentera de percer dans les grandes villes, où l'implantation de l'extrême droite reste faible, avec une bataille serrée à Marseille. Quant au camp macroniste, il mise largement sur des alliances locales pour éviter de disparaître du paysage.
Découvrez les municipales en cinq cartes clés :
Municipales 2026 : la carte des villes où tout peut basculer
De Paris à Marseille, les partis politiques jouent gros : explorez notre carte interactive des bastions, des duels serrés et des seconds tours à haut risque.