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Les européennes en Grande-Bretagne, entre incrédulité et hostilité

Les européennes en Grande-Bretagne, entre incrédulité et hostilité
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Censés quitter l’Union européenne avant la fin de l’année, les Britanniques abordent le scrutin européen du 23 mai avec incrédulité, voire une certaine hostilité qui pousse les deux principaux partis du pays à la discrétion.

L‘élection va se tenir près de trois ans après le référendum de 2016 lors duquel le Royaume-Uni avait voté à près de 52% en faveur d’une sortie de l’UE.

Mais faute d’avoir réussi à adopter un accord de divorce au Parlement britannique, le Brexit, initialement prévu le 29 mars, a été repoussé au 12 avril puis au 31 octobre, contraignant la Première ministre conservatrice Theresa May à organiser des européennes comme tous les autres pays membres.

Son parti et le Parti travailliste, principale formation d’opposition, rechignent à se lancer dans une campagne qui va une nouvelle fois étaler au grand jour leurs divisions en interne sur le Brexit. Qui plus est, briguer des voix risque d‘être très mal perçu par la population.

- “Mauvaise idée”/p>

“Participer aux élections européennes est une très mauvaise idée”, a estimé Ashley Fox, chef des députés européens conservateurs britanniques. “Les gens vont se demander pourquoi ils devraient élire des représentants dans une organisation que nous avons décidé de quitter il y a trois ans”.

Des militants ont rapporté faire face sur le terrain à de l’hostilité, sinon de la violence.

Ben Bradley, député conservateur de Mansfield (nord de l’Angleterre), a affirmé que son comité de soutien local se refusait à financer la campagne européenne. “Nous n’allons pas dépenser de l’argent dans un scrutin auquel nous ne voulons pas participer, et sans certitude que nos députés siègent un jour”.

Theresa May espère encore pouvoir annuler ce scrutin si le Parlement adopte, d’ici au 22 mai, le Traité de retrait qu’elle a conclu avec l’UE et qu’il a déjà rejeté trois fois.

Pour tenter de parvenir à un consensus, la dirigeante a lancé début avril des discussions avec les travaillistes.

Ces derniers se sont contentés de publier en ligne la liste de leurs candidats aux européennes. Ils peinent à se mettre d’accord sur un programme: alors que la direction prône une formulation promettant de forger les liens les plus étroits possibles avec l’UE après le Brexit, les nombreux europhiles du parti exigent la mention d’un second référendum, selon les médias.

“Second référendum en douceur” –

Cet imbroglio favorise les mouvements antisystème, faisant des européennes “une compétition particulièrement intéressante”, estime Patrick English, professeur à l’Université d’Exeter. “De nouveaux partis ont émergé, qui mordent sur les plates-bandes de la vieille garde, laquelle peine à conserver ses électeurs”.

Change UK, parti anti-Brexit formé par d’anciens conservateurs et travaillistes, suscite en effet un certain engouement.

Ce rendez-vous électoral est “une chance, pour nous citoyens européens, de dire que nous avons été blessés par les résultats du premier référendum”, a dit à l’AFP Isis Quaresma-Cabral, une militante europhile. “J’y vois une sorte de second référendum en douceur”, avance cette Française de 44 ans vivant depuis 19 ans au Royaume-Uni.

Mais c’est surtout le Parti du Brexit, mené par l’europhobe Nigel Farage, qui bénéficie de la situation, parvenant à se hisser en tête des intentions de vote.

Ce tribun avait déjà remporté les élections européennes à la tête d’un autre parti, l’Ukip, en 2014. Et cette victoire avait, entre autres, poussé l’ex-Premier ministre conservateur David Cameron à promettre un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

Si Nigel Farage souhaite ridiculiser les institutions européennes en installant au Parlement européen le plus de députés eurosceptiques possible, des électeurs eurosceptiques appellent au boycott des élections. “Ça ne sert à rien de voter”, selon Charlie Smith, ouvrier londonien de 35 ans.

“Nous avons voté pour le Brexit et ils ne nous le donnent pas”, ajoute-t-il en faisant défiler sur son téléphone portable les résultats du référendum de 2016. “C’est pourquoi je ne voterai pour aucun d’entre eux”.

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