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Regain de tension au Soudan entre les militaires au pouvoir et la contestation

Regain de tension au Soudan entre les militaires au pouvoir et la contestation
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Le principal groupe de la contestation au Soudan a appelé mardi à une marche d’un million de manifestants d’ici deux jours, après l’annonce par les militaires au pouvoir que leur chef, Abdel Fattah al-Burhane, dirigerait le futur Conseil conjoint avec les civils.

Objet de nombreux désaccords entre les contestataires et l’armée, ce Conseil conjoint est censé remplacer le Conseil militaire de transition qui a succédé au président Omar el-Béchir, destitué par l’armée le 11 avril.

Signe des tensions grandissantes entre les deux camps, l’un des chefs de l’Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a accusé les militaires de ne pas envisager “sérieusement de céder le pouvoir au peuple”.

“Le Conseil militaire maintient que le Conseil (conjoint) souverain devrait être dirigé par les militaires avec une représentation civile”, a critiqué Mohammed Naji al-Assam, dénonçant la tentative des militaires “d’accroître leurs pouvoirs quotidiennement”.

Les relations se sont d’autant plus tendues mardi que les militaires ont annoncé la mort de six membres des forces de sécurité, tués selon eux dans des heurts avec les manifestants.

La SPA les a accusés d’avoir tenté de disperser le sit-in qui se tient depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum, ce que les militaires ont nié, réaffirmant qu’ils “n’utiliseront pas la violence contre les manifestants”.

En première ligne de la contestation, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) a alors appelé “à une marche d’un million (de manifestants) le 2 mai pour affirmer notre principale revendication, qui est celle d’un pouvoir civil”, selon un communiqué.

Le Soudan est le théâtre d’un mouvement de contestation déclenché le 19 décembre par le triplement du prix du pain ayant conduit à la destitution de M. Béchir, aujourd’hui incarcéré.

Les protestataires réclament désormais la dissolution du Conseil militaire de transition et le transfert du pouvoir à une administration civile.

- Blocage des discussions /p>

Mardi, le général Salah Abdelkhalek, membre du Conseil militaire, a annoncé que le chef de cette instance, Abdel Fattah al-Burhane, serait “le chef du (futur) Conseil souverain”.

Les deux camps sont parvenus samedi à un compromis avec la création d’un Conseil conjoint mais les discussions achoppent désormais sur sa composition et le nombre de ses membres.

Les représentants de la contestation proposent un conseil formé de 15 membres, dont huit civils, et l’armée de 10 membres, dont sept militaires.

Ce conseil deviendrait l’autorité suprême du pays et serait chargé de former un nouveau gouvernement civil de transition pour gérer les affaires courantes et ouvrir la voie aux premières élections post-Béchir.

Selon M. Assam, aucune discussion avec l’armée n’est prévue mardi mais la SPA devrait présenter ses propositions au Conseil militaire “dans les prochaines heures”.

Un porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, avait auparavant indiqué que les discussions devaient reprendre mardi.

Il avait précisé que les deux camps s‘étaient mis d’accord sur la réouverture de routes et de chemins de fer bloqués par les manifestants autour du QG de l’armée.

Mais l’ALC, qui regroupe les partis politiques et groupes de la société civile, a nié tout accord en ce sens.

Elle a appelé les manifestants à maintenir leur sit-in ainsi que les barricades à Khartoum, prévenant les militaires que “les sit-in et les marches continueraient jusqu‘à ce que les objectifs de la révolution soient atteints”.

“Cela ne fait aucun sens de dire que l’on ne dispersera pas le sit-in mais en même temps que les routes doivent rouvrir”, a affirmé M. Assam.

Des témoins ont pour leur part indiqué que les protestataires renforçaient leurs barricades avec de grosses pierres. Les forces armées ne sont pas intervenues, ont-ils dit.

“Pillages, violences” –

“Ces barricades nous protègent. Nous ne voulons pas que des véhicules militaires entrent dans la zone du sit-in”, a expliqué un manifestant à l’AFP.

Bien décidés à ne pas partir, des protestataires sont assis sur ces barricades, brandissant le drapeau soudanais. D’autres surveillent depuis les toits aux alentours d‘éventuels mouvements de troupes, selon un témoin.

M. Kabbachi a dénoncé tard lundi “les menaces à la sécurité et à la stabilité publiques que constituent les fouilles pratiquées sur les voitures ou les civils par des personnes n’ayant pas d’autorité légale”, en référence aux points de contrôle établis par les manifestants devant le QG de l’armée.

Il a fait état en outre de “pillages, de violences sur des citoyens, de routes bloquées, d’attaques contre les forces de sécurité et d’entraves empêchant les trains de transporter des produits essentiels”.

“Le Conseil militaire, en tant que responsable de la protection des citoyens, mettra fin à ces tentatives qui vont à l’encontre des slogans de la révolution Liberté, paix et justice“, scandés par les manifestants depuis le début de la contestation, a-t-il mis en garde.

Mardi, le chef-adjoint du Conseil militaire, Mohamad Hamdan Daglo, surnommé “Himeidti”, a annoncé que six membres des forces de sécurité avaient été tués dans des heurts lundi dans différentes régions du pays tandis que 16 autres ont été blessés. Il n’a pas fourni plus de détails sur les circonstances de ces décès.

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