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Ces migrants mystérieusement refoulés de Grèce en Turquie

Ces migrants mystérieusement refoulés de Grèce en Turquie
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C'est un sujet qui, régulièrement, vient mettre en porte-à-faux les autorités grecques : l'accueil des migrants qui traversent le fleuve Evros. Frontière entre la Turquie et la Grèce, ce fleuve sert de point d'entrée en Europe pour les migrants venus d'Asie, d'Afrique ou tout simplement de Turquie.

Et si la traversée du fleuve n'est pas insurmontable, en revanche, les conditions d'accueil sont sujettes à critique par les ONG et même par les migrants.

>>> Des ONG dénoncent les refoulements illégaux de migrants de la Grèce vers la Turquie

L'équipe d'euronews à Athènes en a rencontrés. Ils racontent comment les policiers grecs ont pour habitude de les refouler, sans ménagement.

Mikail est turc, demandeur d'asile en Grèce. Il explique qu'il a traversé le fleuve avec un groupe de 11 personnes. Lorsqu'ils sont arrivés sur le sol grec, des policiers les ont arrêtés. « Les types portaient des tenues militaires, raconte-t-il. Et ils avaient des matraques. On aurait dit qu'ils partaient en guerre. Nous, on a essayé de comprendre pourquoi ils se comportaient ainsi. Ils nous ont simplement dit : "On va vous renvoyer chez vous". »

« Mes enfants étaient à côté de moi, ajoute Gulay, réfugiée turque_. Ils m'ont dit : "Maman, y vont nous tuer ?" Je leur ai dit : "Non, ils ne vont pas nous tuer. Ils veulent juste nous renvoyer en Turquie"._ »

Le groupe de ces 11 migrants parviendra malgré tout à rester en Grèce. D'autres n'ont pas eu cette chance.

Le 4 mai, trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont traversé le fleuve. Craignant d'être refoulés, ils ont prévenu un proche vivant déjà en Grèce ainsi qu'un avocat. Ils ont envoyé une photo prise dans la ville de Nea Vyssa.

Ils ont ensuite été emmenés dans un commissariat de police à Neo Xeimonio. Et là, on a perdu leur trace. On a appris plus tard qu'ils avaient été renvoyés en Turquie, et qu'ils étaient désormais emprisonnés dans la ville turque d'Edirne.

Ishan, le frère de la jeune femme raconte qu'il est allé au commissariat de police pour savoir ce qui était advenue de sa sœur. « Je leur ai dit : "je sais que ma sœur a été arrêtée et qu'elle était ici". Ils m'ont juste dit : "On n'est au courant de rien".»

« Nous avons sollicité les autorités grecques pour en savoir davantage sur cette affaire, ajoute Michalis Arampatzoglou, journaliste d'euronews . Le ministère de la Protection civile a dit n'avoir aucune information sur cet incident. Pour autant, des cas comme celui-là, il y en a de plus en plus. Les avocats des victimes comptent engager des poursuites judiciaires, pour que enquêtes soient menées et que la lumière soit faite. »