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Elections européennes: première poussée des populistes attendue aux Pays-Bas

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La poussée des populistes attendue à travers le continent lors des élections européennes pourrait être amorcée dès jeudi aux Pays-Bas, où un parti eurosceptique, anti-immigration et climatosceptique caracole en tête des sondages.

Les électeurs néerlandais seront les premiers avec les Britanniques à se rendre aux urnes pour désigner leurs représentants au Parlement européen lors du scrutin qui se déroule dans les quatre coins de l'UE du 23 au 26 juin.

L'homme fort du moment aux Pays-Bas se nomme Thierry Baudet, qui se dit "pro-européen mais anti-UE". Sa formation politique, Forum pour la démocratie (FvD), est en passe d'être le grand vainqueur du scrutin néerlandais.

Le FvD, qui n'a que deux ans, est climatosceptique et milite pour un référendum sur un "Nexit" - une sortie des Pays-Bas de l'UE. Son chef de file, M. Baudet, est partisan d'une "Europe boréale", idéologie vantée par Jean-Marie Le Pen et qui prône une fermeture du Vieux-continent aux populations extérieures.

D'origine franco-indonésienne, adepte de discours lyriques truffés de références classiques, M. Baudet, 36 ans, a le vent en poupe et s'apprête à remporter un large succès, quoi qu'il advienne du mano à mano dans lequel il est engagé en tête des sondages avec les libéraux (VVD) du Premier ministre Mark Rutte.

L'entrée en force du FvD au Sénat néerlandais en mars - détrônant au passage le VVD comme plus grand parti - a bouleversé le paysage politique des Pays-Bas, connus pour leur tolérance et goût du consensus politique.

- Première indication -

Surfant sur son succès national, le FvD et est en passe de transformer l'essai à l'occasion des européennes: le jeune parti de M. Baudet devrait débouler en trombe à Strasbourg, crédité d'entre 3 et 5 sièges sur les 26 alloués aux Pays-Bas, selon les derniers sondages.

Les partis pro-européens tels que les libéraux, les démocrates et les écologistes devraient faire bonne figure et plus ou moins conserver leurs sièges.

Mais le succès attendu du FvD, contre l'euro et farouchement opposé à une politique d'immigration européenne commune, est une indication de ce qui pourrait se passer à travers le continent, observent les analystes.

"Ce qui se passe aux Pays-Bas se passe aussi ailleurs en Europe", à l'image des récents succès des populistes notamment en Italie et en Espagne, note Claes de Vreese, professeur de communication politique à l'Université d'Amsterdam.

M. Baudet, connu pour ses propos controversés, notamment sur l'immigration, les femmes ou la transition écologique, est "la coqueluche politique de l'année aux Pays-Bas", poursuit-il. Exit Geert Wilders, député d'extrême droite anti-islam à la chevelure platine. L'allié de Marine Le Pen perd du terrain au fil des élections aux Pays-Bas.

"Baudet attire un certain nombre d'électeurs qui peuvent être mécontents du fait que le style de Wilders est très conflictuel et pas particulièrement intellectuel", explique M. De Vreese.

- "Clarté populiste" -

Aux Pays-Bas comme ailleurs en Europe, les électeurs, "perdus" dans les méandres du fonctionnement et du rôle de l'UE, ont besoin de clarté, selon les analystes.

"L'Europe a longtemps été une histoire très technique et beaucoup de gens ne l'ont pas comprise. Les populistes simplifient les choses", note Amy Verdun, professeure de politique européenne à l'Université de Leiden (centre).

"Avec leurs propos clairs et simples, ils rendent l'UE compréhensible pour le citoyen", ajoute-t-elle, prévoyant de bons scores pour "les partis qui ont une ligne forte vis-à-vis de l'Europe, qu'elle soit anti ou pro-UE".

Par ailleurs, la question de la lutte pour le climat a fait naître un nouveau clivage électoral, reléguant au second plan le spectre traditionnel gauche/droite.

"Les gens sont devenus plus extrêmes. Les électeurs souhaitent soit donner beaucoup plus d'importance au climat, soit disent clairement: +l'Etat n'a pas à se mêler de ça, si je veux continuer à cuisiner au gaz, je dois pouvoir le faire+", poursuit-elle.

De quoi apporter de l'eau au moulin des populistes. Mais tant qu'ils ne feront pas front commun à Strasbourg, ils ne confirmeront pas leurs succès nationaux au plan européen, observe Amy Verdun.

"Le problème des populistes est qu'ils ne sont jamais d'accord. Lors des dernières européennes, ils avaient déjà beaucoup gagné mais n'ont pas réussi à se regrouper", explique-t-elle.

"S'ils n'arrivent pas à capitaliser sur leurs résultats, les populistes n'iront jamais beaucoup plus loin".

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