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Bleues: l'enfance bretonne d'Eugénie Le Sommer, qui "foudroyait" les garçons

L'attaquante de l'équipe de France, Eugénie Le Sommer, buteuse lors du match de phase de groupes du Mondial face aux Norvégiennes, à Nice, le 12 juin 2019
L'attaquante de l'équipe de France, Eugénie Le Sommer, buteuse lors du match de phase de groupes du Mondial face aux Norvégiennes, à Nice, le 12 juin 2019 -
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CHRISTOPHE SIMON
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Sur ses terrains de jeunesse, la future Bleue Eugénie Le Sommer en faisait baver aux garçons: “Elle avait un démarrage foudroyant sur quelques mètres. Elle était difficile à marquer. C‘était une teigne, elle se faufilait partout”, sourit Robert Muscat, son ancien éducateur à l’AS Guermeur, en Bretagne.

“Quand je parle d’elle, j’ai toujours un pincement au cœur. Quand elle a marqué (contre la Corée du Sud), ma fille et mes deux petites-filles m’ont envoyé des SMS: ta chouchoute a marqué !“, raconte à l’AFP l’octogénaire, qui fut aussi le président du club où l’attaquante a fait ses armes de 1998 à 2004.

Sur le bord du terrain du club, à Ploemeur, près de Lorient, il montre de vieilles photos. On y reconnaît tout de suite sa bouille souriante et son regard malicieux, sans complexe au milieu des garçons.

Dès son “premier entraînement” en septembre 1998, “on a vu que c‘était une gamine qui avait un acquis”, se souvient-il. Elle était “très bonne des deux pieds et de la tête même si elle était petite”.

“Elle faisait la fierté de son papa. Il l’a toujours encouragée et c’est son supporter numéro un”, renchérit Patrick L’Hostis, l’entraîneur des gardiens de l‘équipe de France Espoirs et de Lorient à l‘époque.

- “Au-dessus” des garçons /p>

Sa passion pour le ballon rond est dévorante. “A chaque fois qu’elle avait du temps libre, elle venait casser la tête à ses frères et sœurs pour s’entraîner”, confirme Robert Muscat.

A 14 ans, les équipes mixtes n‘étant plus autorisées, elle a dû quitter le club pour le FC Lorient qui lançait son équipe U15 féminine, inscrite dans un championnat de garçons.

“C‘était vraiment l‘équipe avec les meilleures joueuses de Bretagne”, assure sa coéquipière de l‘époque Amandine Sevin.

“C‘était beaucoup plus intéressant, surtout en termes d’adversité”, souligne Anne-Lise Le Coz, qui joue toujours au club, même si “ça ne se passait pas tout le temps bien parce qu’on arrivait à faire des scores… Il y a même eu des matches arrêtés avant la fin”.

Eugénie Le Sommer en a rendu plus d’un complètement fou.

“Je ne pourrais même plus vous dire avec combien de buts elle avait fini. Elle était au-dessus”, admet Amandine Sevin, qui se souvient qu‘à l‘époque déjà “dans sa tête, c‘était clair, elle voulait devenir professionnelle”.

Elle franchit le pas en 2007 en rejoignant Saint-Brieuc en D1. Dès sa troisième saison pro (2009/2010), Eugénie termine meilleure joueuse et meilleure buteuse du championnat avec 19 réalisations en 22 matches.

Elle tape dans l‘œil de l’OL. La pression était forte, les objectifs élevés – battu en finale par Potsdam la saison précédente, Lyon voulait sa première Ligue des champions féminine – et la concurrence féroce.

“Tu connais Eugénie ?”-

“Au départ, elle n’avait pas vraiment une place de titulaire”, se remémore son coach d’alors, Patrice Lair, qui l’a vue s’imposer progressivement.

“Sur le terrain elle ne lâche rien. À tout moment elle peut apporter une étincelle par ses changements de rythme qui font souvent la différence parce que c’est ce qui manque souvent dans le football féminin. Elle est capable sur deux-trois mètres d’accélérer, de changer de direction et d’enchaîner sur une frappe”, détaille encore le technicien.

Neuf Championnats de France, sept Coupes de France et six Ligues des champions garnissent aujourd’hui son palmarès sans égal.

“Je ne suis pas du tout étonné qu’elle soit devenue une des meilleures joueuses au monde”, assure Patrick L’Hostis.

“On savait depuis jeune qu’elle serait la relève de Marinette Pichon”, la meilleure buteuse de l’histoire des Bleues avec 81 réalisations, 5 de plus que Le Sommer pour le moment, confirme Anne-Lise Le Coz.

Mais avec l’essor du foot féminin, la blondinette des photos a pris une nouvelle stature et essaye, avec ses stages pour jeunes joueuses, de donner ce qu’elle aurait aimé avoir à leur âge.

“Pour nous, c’est Eugénie, quoi, alors quand les gens nous disent oh mais tu connais Eugénie ?, ça fait bizarre (…) Ils parlent d’Eugénie comme nous on parlerait de Zidane”, renchérit Amandine Sevin.

Robert Muscat espère, lui, qu’elle laissera aussi un autre type d’héritage: “Je souhaite qu’un jour elle nous fasse un petit génie qui soit pétri de qualités, comme sa mère !”. “Ou une !”, s’est-il vite repris.

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