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Objectif Downing Street: l'irrésistible ascension de Boris Johnson continue

Boris Johnson devant son domicile, le 19 juin 2019 à Londres
Boris Johnson devant son domicile, le 19 juin 2019 à Londres -
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Niklas HALLE'N
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Le champion des pro-Brexit Boris Johnson est assuré de figurer parmi les deux finalistes qui se disputeront la succession de la Première ministre britannique Theresa May après avoir une nouvelle fois devancé, mercredi, ses rivaux qui ne sont plus que trois.

La journée de jeudi sera décisive, avec les derniers tours de vote des députés conservateurs pour sélectionner les deux prétendants finalistes au poste de chef du parti tory, à qui reviendront les clefs du 10 Downing Street, résidence des Premiers ministres britanniques, mais aussi l‘épineux dossier du Brexit.

Ce sera ensuite aux quelque 160.000 membres du parti conservateur de les départager, d’ici la fin juillet.

Le futur chef de l’exécutif pourra alors sentir sur ses épaules tout le poids du défi qui a eu raison de Theresa May : mettre en oeuvre la sortie de l’UE, initialement prévue le 29 mars puis repoussée au 31 octobre, dans un pays toujours profondément divisé sur la question trois ans après le référendum du 23 juin 2016.

Ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères de Mme May, Boris Johnson a récolté 143 voix des députés conservateurs (sur 313) lors du troisième tour de vote mercredi, après avoir déjà remporté très largement les deux premiers.

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Ses adversaires ont dû se contenter des miettes, ou presque : 54 voix pour le chef de la diplomatie Jeremy Hunt, 51 pour le ministre l’Environnement Michael Gove, 38 pour le ministre de l’Intérieur Sajid Javid.

Le ministre du Développement international Rory Stewart, invité surprise de la campagne et chouchou des réseaux sociaux, est lui passé à la trappe, ayant récolté le plus faible nombre de voix (27). Il paie peut-être une prestation sans éclat lors d’un débat télévisé, mardi soir sur la BBC.

Sonné à l’annonce des résultats, Rory Stewart a déclaré n’avoir “littéralement aucune idée de ce qui s’est passé”.

Ambiance, forcément, plus enjouée chez Boris Johnson: “Merci encore une fois à mes amis et collègues pour votre soutien (…) surtout le jour de mon anniversaire !”, a réagi sur Twitter Boris Johnson, qui a eu 55 ans ce mercredi.

M. Johnson a en outre reçu mercredi le soutien de Dominic Raab, fugace ministre du Brexit, éliminé mardi de cette course au pouvoir.

A quelques nuances près, les deux hommes partagent la même vision d’un Brexit dur, et se disent prêts à ferrailler pour renégocier l’accord de retrait de l’UE qu’avait conclu Theresa May avec Bruxelles, rejeté à trois reprises par les députés britanniques.

En témoigne la menace de M. Johnson de ne pas payer la facture du Brexit – estimée entre 40 et 45 milliards d’euros par Londres – jusqu‘à ce que l’UE accepte de meilleures conditions de retrait.

Lors du débat télévisé mardi soir, il a répété sa volonté de faire sortir son pays de l’Union européenne d’ici le 31 octobre – sans s’engager toutefois à “garantir” un Brexit à cette date.

Un flou que n’a pas manqué de relever Jeremy Hunt mercredi : “Après l’avoir écouté hier soir, je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu’il en pense”.

Boris, et les autres –

Politicien habile et charismatique à l’ambition dévorante, Boris Johnson jouit du soutien de nombreux militants de la base du Parti conservateur, qui voient en lui le chef idoine pour remettre le Brexit sur les rails.

Et même si ses gaffes à répétition et son discours aux accents populistes agacent ses pairs, beaucoup le considèrent à présent comme un possible rempart au Parti du Brexit du populiste Nigel Farage, grand vainqueur des dernières élections européennes.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt veut incarner l’alternative “sérieuse” en mettant en avant ses succès d’entrepreneur, qui ont fait de lui un millionnaire, et sa longue carrière politique.

M. Hunt, comme Michael Gove, estime qu’un nouveau report du Brexit pourrait être nécessaire si un accord de sortie était à portée de main.

Sajid Javid, ancien banquier d’affaires et fils d’un chauffeur de bus pakistanais, se présente lui comme le seul à disposer de l’“expérience” nécessaire pour “unir le parti” conservateur et mettre en oeuvre la sortie de l’UE.

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