Le CIO réforme la procédure de candidature pour les JO pour éviter "trop de perdants"

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Milan, choisie pour les JO d’hiver 2026, a sans doute clos un chapitre de l’histoire olympique: le CIO a adopté mercredi une série de réformes de la procédure de candidature afin de sélectionner les postulants en amont pour avoir “moins de perdants”.

Ces réformes apportent encore plus de flexibilité dans la construction d’une candidature que ce que permettait la précédente réforme adoptée en 2014 et baptisée Agenda-2020. Pour le président du Comité international olympique Thomas Bach, il s’agit d’une “évolution de la révolution”.

L’Agenda-2020 visait à réduire le coût des candidatures et de l’organisation des JO, face à la raréfaction de ces candidatures.

- Anticiper les désignations /p>

La centaine de membres du CIO, réunis lors de la 134e session à Lausanne, ont décidé mercredi d’amender la charte olympique qui prévoyait de désigner sept ans à l’avance une ville hôte.

Cela permettrait donc théoriquement de désigner très tôt la ville hôte des JO d‘été 2032, pour lesquels la ville australienne de Brisbane fait figure de favorite. Jakarta a aussi officiellement fait acte de candidature pour les JO-2032, tandis que Bombay (Inde) a manifesté son intérêt. De son côté, le CIO encourage une candidature commune des deux Corées.

“La désignation de la ville hôte des JO-2032 n’interviendra ni cette année ni l’an prochain”, a cependant indiqué M. Bach.

Pour les JO d’hiver 2030, Sapporo s’est retirée de la course pour 2026 pour mieux se préparer pour 2030, tandis que Salt Lake City est sur les rangs. “C’est l’exemple parfait où grâce à cette nouvelle procédure, le CIO pourrait discuter en amont avec ces villes pour dire par exemple à Salt Lake City qu’il serait préférable de viser ls JO d’hiver 2034, car nous nous avons déjà les JO d‘été aux Etats-Unis en 2028 à Los Angeles”, a expliqué une source proche du CIO.

Autre modification de taille: une candidature ne sera plus portée seulement par une ville, mais pourra l‘être par “plusieurs villes, régions ou pays”, a expliqué l’Australien John Coates, qui présidait le groupe de travail chargé de proposer ces réformes.

Deux nouvelles commissions –

Enfin, le CIO va créer deux commissions des “futurs hôtes”, une pour les JO d‘été et une pour les JO d’hiver, composées respectivement de 10 et 8 membres, issus du CIO, des fédérations internationales et des Comités nationaux olympiques.

Ces commissions, qui remplacent les commissions d‘évaluation, seront chargées d‘étudier les dossiers de candidature et d’en soumettre une ou plusieurs à la commission exécutive qui fera ensuite une recommandation à la session qui “continuera à élire les villes-hôtes des JO d‘été et d’hiver”, a insisté M. Coates.

Ces mesures offrent encore plus de flexibilité dans “le timing d’une désignation”, a-t-il ajouté, expliquant qu’un double vote comme en 2017 à Lima (pour les JO de Paris 2024 et Los Angeles-2028) était “possible”.

Elles renforcent également les prérogatives de l’administration du CIO qui, depuis l’Agenda-2020 et sur la campagne pour les JO-2026, accompagne davantage les candidatures.

“Il serait ainsi possible de retourner voir Stockholm (battu par Milan pour les JO-2026) pour lui demander plus de garanties en vue des JO-2030 ou 2034”, explique une source proche du CIO.

Les réformes prévoient également la tenue systématique d’un référendum dans les villes intéressées, quand la législation le permet.

“Nous ne sommes plus dans une compétition, avec un vainqueur et un perdant”, a confié le Français Jean-Christophe Rolland, président de la Fédération internationale d’aviron et membre du CIO. “On inverse la logique: ce ne sont plus les villes qui doivent s’adapter au cahier des charges du CIO mais les Jeux olympiques qui sont là pour accompagner le projet de développement d’une ville ou d’une région”, a-t-il expliqué.

“Cela ne veut pas non plus dire que l’on transfère l’autorité des membres du CIO à l’administration. Le CIO et les membres qui continueront à voter doivent simplement s’appuyer sur d’avantage d‘éléments techniques”, a ajouté le champion olympique.

La 134e session du CIO qui avait débuté lundi par l’attribution des JO-2026 à Milan/Cortina aux dépens de Stockholm/Are s’est terminée par la confirmation de la suspension de la Fédération de boxe amateur (AIBA) pour les JO de Tokyo-2020, ainsi privée de l’organisation des tournois de qualification et olympique.

Si la présence de la boxe est confirmée à Tokyo, le tournoi olympique et les cinq tournois de qualification seront organisés par un groupe de travail constitué par le CIO.

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