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Portugal : les stations-service ravitaillées sous escorte

Portugal : les stations-service ravitaillées sous escorte
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La gendarmerie portugaise a escorté lundi les premiers convois de camions-citerne pour ravitailler des centaines de stations service déjà à sec au début d'une grève illimitée des chauffeurs de poids lourds de transport de carburant.

Des poids-lourds sous protection policière ont quitté un important centre de distribution à Aveiras, dans la banlieue de Lisbonne, sans en être empêchés par un piquet de grève d'une trentaine de camionneurs rassemblés aux abords du site, a constaté une photographe de l'AFP.

Les syndicats grévistes, qui réclament des hausses salariales, ont accusé les entreprises de transport d'avoir fait pression sur les chauffeurs pour les convaincre de renoncer au mouvement et aller même au-delà des services minimum imposés par le gouvernement.

"Les services minimum sont respectés et, pour l'instant, tout se déroule avec civisme et tranquillité", s'est félicité le Premier ministre Antonio Costa, tout en reconnaissant que la grève avait quand même "un impact sur la vie des gens et l'économie" du pays.

La veille, le chef du gouvernement socialiste avait affirmé qu'il n'hésiterait pas à réquisitionner des chauffeurs grévistes si la situation l'exigeait.

Situation de "crise énergétique"

Anticipant des difficultés de ravitaillement, de nombreux automobilistes ont fait le plein avant le début du mouvement et les ventes de carburant ont presque doublé ces derniers jours par rapport à la normale, selon l'exécutif.

Lundi à la mi-journée, environ 15% des quelque 3.000 stations service du pays étaient totalement à sec et autant manquaient d'au moins un type de carburant, d'après un site internet rassemblant les informations fournies par les usagers.

Le gouvernement socialiste a pris une série de mesures pour limiter l'impact du mouvement en cette période estivale. Une précédente grève des transporteurs de carburant en avril avait provoqué d'importantes pénuries.

Il a notamment déclaré une "situation de crise énergétique" jusqu'au 21 août, lui permettant de rationner le carburant vendu à la pompe dès lundi.

Il a également décrété un dispositif de service minimum pour obliger les transporteurs à fournir au moins 50% du carburant qui devait normalement être livré. Près de 400 stations choisies par le gouvernement, dont une cinquantaine dédiées uniquement aux véhicules prioritaires, seront elles ravitaillées à 100%.

Les services d'urgence, les aéroports et les forces de l'ordre devront eux aussi être livrés intégralement. Les autorités ont également formé quelque 500 militaires et gendarmes qui pourront conduire des camions citernes si le service minimum n'était pas respecté.

A l'issue de la grève d'avril, les chauffeurs de camions-citerne avaient obtenu des augmentation de salaire qui entreront en vigueur à partir de janvier 2020. Ils exigent maintenant que leurs employeurs s'engagent à leur accorder de nouvelles hausses en 2021 et 2022.