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Italie : "accord politique" trouvé pour former un gouvernement sans la Ligue de Salvini

REUTERS/Ciro de Luca
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Le Mouvement 5 Etoiles (anti-système) et le Parti démocrate (centre-gauche) ont "trouvé un accord" mercredi pour former un nouveau gouvernement italien, qui remplacera l'alliance national-populiste du M5S avec la Ligue (extrême-droite) de Matteo Salvini.

Un "accord politique a été trouvé avec le PD" pour former une nouvelle majorité de gouvernement sous la houlette du Premier ministre sortant Guiseppe Conte, a annoncé le chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S), Luigi Di Maio, à sa sortie d'une rencontre avec le président Sergio Mattarella.

Un responsable de la présidence a déclaré que le Premier ministre sortant Giuseppe Conte était convoqué jeudi matin à 9h30 (7h30 GMT), par le chef de l'Etat pour une réunion.

Le choix de Giuseppe Conte "sera une garantie" pour le M5S, a précisé Luigi Di Maio, en critiquant son ex-allié Matteo Salvini pour avoir début août "coupé le courant" de la coalition qu'ils formaient depuis 14 mois et laissé "60 millions d'Italiens sans gouvernement".

Les Cinq Etoiles étaient la dernière formation politique à être reçue mercredi, au terme de deux jours de consultations menés au pas de course par Sergio Mattarella.

Le M5S, premier parti au parlement depuis les législatives de 2018, est central pour la formation d'une majorité.

Avant M. Di Maio, le chef du PD, Nicola Zingaretti, était apparu optimiste à sa sortie de l'entrevue de sa délégation à la présidence. Il avait jugé possible de former "un gouvernement de changement" qui donnera "la parole à la belle Italie, celle où l'espoir gagne sur la peur, la compréhension sur les rancœurs et la concorde sur la haine".

Le chef du PD avait annoncé la mise au point par les deux formations d'une "première contribution politique à présenter au président", à savoir une ébauche de programme commun, au terme de plusieurs jours de tractations ponctuées de phrases assassines, suspensions de séance puis rabibochages.

Des sources parlementaires des Cinq Etoiles ont dit "partager le point de vue" de M. Zingaretti et confirmé que sur les principales thématiques, les deux camps "sont d'accord".

M. Zingaretti avait aussi indiqué que le PD acceptait que "le M5S choisisse le futur Premier ministre", sans toutefois prononcer le nom de Giuseppe Conte.

M. Conte, très populaire en Italie, a obtenu ces derniers jours le soutien, d'abord des Européens au G7 de Biarritz (France), puis lundi du président américain Donald Trump, qui l'a qualifié "d'homme très doué".

Le M5S exerçait une forte pression pour le maintien de M. Conte, auquel le PD reprochait son silence pendant 14 mois face aux diktats anti-migrants de Matteo Salvini.

L'Italie est plongée dans une crise politique profonde, depuis le dynamitage le 8 août par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême-droite), de la précédente coalition formée avec les Cinq Etoiles, puis la démission le 20 août du chef du gouvernement Giuseppe Conte.

Le programme commun doit être approuvé par les Cinq Etoiles, qui veulent soumettre l'accord à leur plateforme internet de "démocratie directe" Rousseau, très contestée pour son manque de transparence et de représentativité (100.000 inscrits seulement, pour plus de 10 millions d'électeurs aux législatives de 2018). Ce vote pourrait intervenir pendant le week-end.

Un point d'interrogation concerne l'attribution des fauteuils ministériels, sur laquelle le M5S entend peser compte tenu de sa majorité relative au parlement issu des législatives de 2018.

Autre point d'interrogation, le sort du vice-Premier ministre Di Maio, laminé médiatiquement par M. Salvini en 14 mois d'alliance, et très affaibli dans la crise actuelle.

M. Salvini s'est moqué d'un gouvernement qui sera "otage des chasseurs de portefeuilles ministériels". Mais la formation de cette majorité est un cinglant revers pour l'ex-homme fort du gouvernement.

Il a dénoncé un gouvernement "formé sur les indications de Paris, Berlin et Bruxelles". "L'unique ciment qui unit le PD et les 5 Etoiles, c'est la haine pour la Ligue, le premier parti d'Italie", a-t-il affirmé, en référence à des sondages qui le donnaient à 36/38% des intentions de vote début août.

"J'ai le sentiment qu'il y a un objectif qui part de loin, qui ne vient pas d'Italie, de brader le pays et les entreprises à des pouvoirs qui ne sont pas italiens, ce qui serait un manque de resprect pour les Italiens", a-t-il déclaré à la presse après avoir rencontré le président Mattarella.

-AVEC AFP-