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Premier réchauffement concret entre Kiev et Moscou

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Une lueur d'espoir dans le conflit qui oppose depuis 5 ans l'Ukraine à la Russie.

Samedi en début d'après-midi 35 prisonniers ukrainiens retenus en Russie, dont le cinéaste Oleg Sentsov, ont été libérés au terme d'un échange avec la Russie.

Les 24 marins ukrainiens capturés l'an dernier par les garde-côtes russes au large de la Crimée figurent également parmi les prisonniers libérés.

Cette libération très médiatisée ouvre-t-elle un nouveau chapitre dans les les relations entre la Russie et l'Ukraine? Le nouveau président ukrainien s'est montré très prudent.

"Je crois que c'est le premier chapitre", a déclaré sur le tarmac, Volodymyr Zelensky.

Côté russe, 35 prisonniers retenus en Ukraine, sont également rentrés au pays ce samedi. Parmi eux un journaliste russo-ukrainien mais aussi des agents de renseignement, ainsi qu'un séparatiste pro-russe, témoin clé dans l'explosion du vol MH17, un avion de ligne abattu par un missile russe il y a cinq ans et qui avait fait 298 morts.

Cet échange de prisonniers pourrait désormais permettre la reprise du dialogue entre Kiev et Moscou dans un conflit séparatiste qui a déjà fait plus de 13 000 morts.

La chancelière allemande Angela Merkel n'a d'ailleurs pas manqué de qualifier cet échange de prisonniers de "signe d'espoir" et d'appeler à poursuivre le travail pour "mettre en oeuvre les accords de Minsk".

Des accords devant permettre un retour progressif à la paix. Ils avaient été négociés sous l'égide de Paris et de Berlin mais ils n'ont jamais été pleinement appliqués.

**Qui sont les prisonniers échangés par Kiev et Moscou?

(Avec AFP)
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Le cinéaste Oleg Sentsov : c'est le plus connu des prisonniers ukrainiens en Russie. Il avait été condamné en 2015 à 20 ans de camp pour "terrorisme" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par l'ONG Amnesty International.

Opposant à l'annexion de la Crimée par Moscou, Oleg Sentsov, 43 ans, a passé 145 jours en grève de la faim dans une prison du Grand Nord pour exiger la libération de tous les "prisonniers politiques" ukrainiens.

Reuters
Le cinéaste Oleg SentsovReuters

Un témoin dans l'affaire de l'explosion du vol MH17 : Volodymyr Tsemakh, 58 ans, est un ancien responsable de défense antiaérienne des séparatistes de l'est de l'Ukraine. Il est considéré comme un suspect important dans l'affaire du MH17 abattu en 2014 par un missile russe au-dessus de l'Ukraine.

Sa libération a provoqué l'inquiétude des enquêteurs néerlandais sur le crash au-dessus de l'Ukraine du vol MH17, abattu par un missile russe il y a cinq ans et qui avait fait 298 morts. Avant d'être échangé, M. Tsemakh a finalement été interrogé par les enquêteurs néerlandais.

Le journaliste Kyrylo Vychynsky : responsable en Ukraine de l'agence de presse russe Ria Novosti, le journaliste russo-ukrainien Kyrylo Vychynsky, 52 ans, a été arrêté en 2018 à Kiev et inculpé pour "haute trahison" au profit de Moscou. Son arrestation a été maintes fois dénoncée par Moscou et notamment par le président russe Vladimir Poutine.

Les 24 marins ukrainiens arrêtés en novembre dernier : parmi ces vingt-quatre hommes, figurent deux agents des services secrets ukrainiens SBU. Ils avaient été été capturés par les garde-côtes russes au large de la Crimée après un incident naval au cours duquel leurs navires avaient été arraisonnés.

Reuters
Un des 24 marins ukrianiens libéréReuters

Deux ultranationalistes ukrainiens : Stanislav Klykh, professeur d'histoire 45 ans, et Mykola Karpiouk, 55 ans, haut responsable de deux mouvements ultranationalistes ukrainiens. Ils avaient été arrêtés en 2014 en Russie où ils avaient été lourdement condamnés pour avoir combattu contre l'armée russe en Tchétchénie dans les années 1990.

Le blogueur Pavlo Gryb : âgé de 21 ans, c'est le plus jeune prisonnier ukrainien. Il avait été "enlevé", selon Kiev, par les services spéciaux russes en 2017 au Bélarus, où il s'était rendu pour rencontrer une amie. Il a été condamné à six ans de camp en Russie après avoir été reconnu coupable d'avoir préparé une tentative d'attentat à la bombe.

Un correspondant de presse : Roman Souchtchenko, 50 ans, était correspondant à Paris de l'agence de presse publique ukrainienne Ukrinform. Interpellé lors de vacances à Moscou, il avait été condamné en 2018 à 12 ans de camp pour espionnage.

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