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La Traviata bascule dans le XXIe siècle à l'Opéra Garnier à Paris

La Traviata bascule dans le XXIe siècle à l'Opéra Garnier à Paris
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La plus célèbre héroïne de Verdi est de retour au Palais Garnier à Paris dans une nouvelle mise en scène contemporaine qui prouve que "La Traviata" est intemporelle.

Véritable révélation, la soprano sud-africaine Pretty Yende impressionne pour ses débuts dans ce rôle emblématique. Le ténor français Benjamin Bernheim fascine sous les traits de son amant tragique.

"C'était une femme moderne qui vivait selon ses propres règles : elle défendait sa féminité et son mode de vie même si la société jugeait cela immoral," décrit Pretty Yende avant d'ajouter : "Elle représentait la liberté."

La soprano cite un extrait : "Elle dit : 'Sempre libera degg’io Folleggiare di gioia in gioia.' Je veux être libre'. Elle avait ce désir ardent de liberté et en tant qu'êtres humains, nous disons tous la même chose : 'Je veux être libre'," fait-elle remarquer.

Benjamin Bernheim : "La Traviata est intemporelle"

Dans la vision contemporaine du metteur en scène australien Simon Stone, Violetta est une influenceuse qui crée les tendances, une femme indépendante et connectée.

Benjamin Bernheim nous précise ce que selon lui, Simon Stone a apporté à cette "Traviata" : "L'univers de l'image, des réseaux sociaux, d'Internet, de ce besoin de millions de personnes de suivre quelqu'un sur les réseaux sociaux, de se faire aimer, de se faire remarquer, de montrer qu'on suit cette personne. Cela marche très, très bien et c'est également la preuve que La Traviata est complètement intemporelle," estime-t-il.

Verdi a placé sa trame à Paris et s'est inspiré de la vie de Marie Duplessis, l'une des courtisanes parisiennes les plus connues et les plus sophistiquées.

"On peut se balader dans Paris et retrouver plein d'endroits, on peut s'imaginer tous les salons dans lesquels se sont déroulées ces fêtes : c'est vraiment tout le temps chargé d'histoire et chargé d'émotions," souligne le ténor français.

Pretty Yende : à Paris, "j'ai l'impression d'être elle"

Pretty Yende renchérit : "Cette histoire qui se passe à Paris avec une femme qui a vécu ici, cela rend les choses si réelles : dans la rue, j'ai l'impression d'être elle, je me dis qu'elle a peut-être emprunté cette rue elle aussi."

Benjamin Bernheim précise : "Elle était venue à l'opéra Garnier pour voir une représentation et même peut-être plusieurs à l'époque."

"Chanter à Garnier, c'est assez magique," poursuit-il. "On est vraiment dans un conte de fées : on ne peut que s'imaginer la musique et les chanteurs que tous ces sièges ont entendus ces dernières dizaines, voire centaines d'années," dit-il en souriant.

Pour Pretty Yende, le périple émotionnel et le destin tragique de Violetta ont une résonance particulière. "J'ai vécu tellement de choses dans ma vie personnelle qui ont été terriblement dures," confie la soprano avant de conclure : "Ces épreuves me donnent en quelque sorte un aperçu de ce qu'elle a traversé, de ce qu'elle a sacrifié pour vivre sa vie."

De nouvelles représentations de "La Traviata" sont prévues à l'Opéra Garnier jusqu'au 16 octobre 2019.