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Procès en appel des décrocheurs du portrait d'Emmanuel Macron : rencontre avec les 6 militants

Procès en appel des décrocheurs du portrait d'Emmanuel Macron : rencontre avec les 6 militants
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Lorsque les six militants sont arrivés, c'est un comité de soutien qui les attendait. L'ambiance devait être sans doute moins festive dans la salle d'audience de la cour d'appel de Lyon quelques heures plus tard.

Les activistes, âgés de 36 à 63 ans, sont poursuivis en appel pour avoir décroché le portrait officiel du président français Emmanuel Macron, en mars dernier en la mairie de Jassans-Riottier (Ain), au nord de Lyon, en France.

Pour dénoncer l'inaction d'Emmanuel Macron, en tout plus de 130 portraits ont été décrochés partout en France avant d'être brandis lors d'une manifestation à Bayonne pendant le G7, qui se tenait à Biarritz fin août.

Les militants veulent frapper fort. Mais le procureur de la République aussi. Cinq des six militants sont condamnés à une amende de 500 euros avec sursis, l'autre à une amende de 250 euros ferme. Le procureur, qui avait requis davantage, fait appel.

Les avocats avaient plaidé "l'état de nécessité". Selon eux, l'urgence climatique légitime de nouvelles formes d'actions non violentes destinées à alerter la population sur ce qu'ils considèrent comme un "manque d'action" des pouvoirs publics.

"Il y a des pénuries d'eau dans le monde, des sécheresses en Europe qui font que les rendements des agriculteurs baissent. On fait des choses au niveau local mais ça ne suffit pas, il faut passer à la vitesse supérieure", explique Jean-Marie Roche, l'un des six prévenus.

Dans la vie, ces militants sont professeur, cadre, agriculteur, retraité ou travailleur indépendant. Le risque, ils le connaissaient. Et ils ne regrettent pas de l'avoir pris.

Désobéissance civile

Tous considèrent qu'Emmanuel Macron n'en fait pas assez sur le front du climat. Mais ils ne sont pas les seuls.

Christophe Cassou est directeur de CNRS et l'un des rédacteurs du prochain rapport du GIEC. Il a fait le déplacement ce mardi à Lyon pour rappeler "le hiatus" entre les objectifs fixés par le gouvernement français et l'état des lieux en France dressé par le Haut conseil pour le climat mis en place par le président français. En clair, il n'y a pas assez d'efforts de la part de Paris

Face au danger lié au réchauffement climatique, la justice a reconnu l'"état de nécessité", en relaxant deux autres militants dans un procès distinct début septembre à Lyon. Tout un symbole. Les six militants en appel vont, quant à eux, devoir patienter. Le jugement ne doit être rendu que le 14 janvier 2020.

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