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L'appel en faveur des Kurdes de 44 rescapés des attentats de Paris

REUTERS/Hannibal Hanschke
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44 rescapés des attentats perpétrés le 13 novembre 2015 en France lancent ce vendredi un appel à défendre les Kurdes dans le journal Le Parisien. Ils se disent "indignés par la passivité de la France et de la communauté internationale" face aux "attaques de l'armée turque d’Erdogan et ses supplétifs djihadistes" dans le nord de la Syrie.

"Premier rempart humain contre la haine et l’obscurantisme"

L'appel des 44 survivants met en avant le rôle des Kurdes dans la lutte contre les djihadistes du groupe État Islamique. "Ils étaient en première ligne, au sol, à Raqqa d’où avaient été organisés les attentats de Paris, ainsi qu’à Kobané, et dans toute cette région gangrenée, pour mettre hors d’état de nuire nos assassins et vaincre l’Etat Islamique [...]Notre paix, quelle qu’elle soit, nous estimons la devoir à leur combat" poursuit le texte.

"Depuis le 9 octobre, ils sont attaqués et envahis, en totale violation du droit international", s'indignent-ils, en référence à l'offensive turque, baptisée "Source de paix" par Ankara.

"Combien de temps leur faudra-t-il pour frapper à nouveau ?"

Au-delà de l'urgence humanitaire dans la région, les signataires s'inquiètent de "l'évasion de centaines de terroristes", dont "les djihadistes français les plus dangereux".

"Combien de temps leur faudra-t-il pour frapper à nouveau ? Toutes ces années de combats et d’efforts acharnés contre le terrorisme sont maintenant mises en péril" soulignent les auteurs. À ce titre, l'avocat de certains signataires, Me Gérard Chemla, insiste sur la nécessité de rapatrier les djihadistes français afin que ceux-ci soient jugés en France. "Certains ont pris la fuite, il y en aura certainement d'autres. La France doit absolument faire quelque chose" confie-t-il à nos confrères du Parisien.

La Turquie pointée du doigt

L'Assemblée nationale française a adopté mercredi à l'unanimité une proposition de résolution non-contraignante condamnant l'offensive militaire turque dans le nord-est syrien.

Par cette résolution, l'Assemblée "affirme son indéfectible soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)", principalement composées des Unités de protection du Peuple (YPG), une milice considérée comme "terroriste" par Ankara.

La semaine dernière, le Sénat français avait déjà adopté une proposition de résolution demandant "l'engagement résolu de la France" en faveur de toute initiative au niveau européen ou international visant à mettre un terme à l'offensive turque. Jeudi, la Turquie a convoqué l'ambassadeur de France à Ankara en protestation de ces résolutions.

La situation sur place

Dans le nord-est syrien, la situation reste confuse. L'accord conclu le 22 octobre entre la Turquie et la Russie a mis fin à l'offensive turque et a entraîné le retrait des forces kurdes d'une grande partie du nord et du nord-est du pays. Une majeure partie de la bande frontalière syro-turque est désormais contrôlée par Ankara et Moscou.

Jeudi, le président syrien Bachar al-Assad a souligné que cet accord était "temporaire" et a déclaré qu'il ne voulait pas faire de la Turquie voisine un "ennemi". Le régime de Damas, qui a reconquis une partie des territoires du nord-est du pays, a appelé les forces kurdes à intégrer les rangs de l'armée ; une proposition rejetée.

Jeudi, des forces américaines ont patrouillé dans une zone proche de la frontière turque, à l'est de Qamishli, accompagnés de combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), d'après l'AFP. Cinq véhicules blindés arborant des drapeaux américains se trouvaient dans la matinée dans le village d'al-Qahtaniyah, malgré la volonté affichée par Washington de se désengager de cette région.

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