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Irak: le président menace de partir si les pro-Iran ne changent pas de candidat

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Irak: le président menace de partir si les pro-Iran ne changent pas de candidat
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La crise politique n'en finit plus en Irak. Ce jeudi, place Tahrir à Bagdad, des manifestants sont venus scander leur opposition à Assaad al-Aïdani, gouverneur de Bassora et candidat au poste de Premier ministre.

Ces manifestants l'accusent, lui et son parti, d'être des "agents de l'Iran". "Ce sont des agents iraniens, car chacun cache la corruption de l'autre, s'insurge une manifestante. Ils n'accepteront pas de candidat irakien, car celui ci exposerait aux yeux de tous leur corruption. Ils veulent quelqu'un qui appartienne à leur groupe, pour les couvrir. Ce sont tous des voleurs."

En tant que candidat de la plus grande coalition au Parlement, Assad Al-Aïdani devrait être nommé Premier ministre, selon la Constitution irakienne

Mais le président Barham Saleh refuse et s'est même dit prêt à démissionner, dans une lettre envoyée au Parlement. Alors qu'Assad Al-Aïdani est soutenu par les paramilitaires pro-Iran, le président irakien s'affiche en garant de "l'intégrité et de l'indépendance" du pays.

Le président n'a constitutionnellement pas le droit de s'opposer (...) donc j'annonce ici que je suis prêt à démissionner devant le Parlement.
Barham Saleh
Président irakien

L'Irak est sans Premier ministre depuis la démission d'Adel Abdel Mahdi fin novembre, après des semaines de manifestation dans le pays. Les protestataires demandent une refonte totale du système et rejettent tous candidats "des partis", réclamant des indépendants et des technocrates.

Depuis le 1er octobre, près de 460 personnes ont été tuées et 25 000 blessées, quasiment tous des manifestants. A partir de décembre, les violences dans les rues et les tirs sur les défilés ont faibli, laissant la place à une intense campagne d'intimidation.

Plusieurs militants ont été assassinés, quasiment toujours par balles et généralement en pleine rue. Des dizaines d'autres ont été enlevés, souvent devant chez eux alors qu'ils rentraient de manifestations, parfois même à l'intérieur de leur domicile.

Cette campagne, accuse l'ONU, est le fait de "milices" qui veulent faire taire une révolte inédite parce que spontanée et menée principalement par des jeunes.