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Six morts en Chine, victimes du mystérieux coronavirus 2019-nCoV

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Des voyageurs portant des masques arrivant en gare de Pékin, le 20 janvier 2020.
Des voyageurs portant des masques arrivant en gare de Pékin, le 20 janvier 2020.   -  
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AP Photo/Mark Schiefelbein
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La Chine a annoncé ce mardi deux victimes supplémentaires. Six personnes sont dorénavant mortes dans le pays, emportées par un mystérieux virus semblable au SRAS et transmissible entre humains.

En réponse, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) va tenir une réunion le 22 janvier afin de déterminer si cette épidémie représente "une urgence de santé publique de portée internationale".

Le maire de Wuhan, ville de 11 millions d'habitants et capitale de la province du Hubei, a indiqué ce mardi que deux personnes infectées avaient succombées. Quelques heures plus tôt, les autorités sanitaires chinoises avait indiqué qu'un homme de 89 ans avait péri suite à des complications respiratoires, dans cette agglomération où la grande majorité des contaminations ont jusqu'à présent été recensées. L'épidémie s'étend dans toute la Chine, plus de 300 cas ont été détectés, dont à Pékin et Shanghai.

Le virus, de la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), touche désormais plusieurs grandes villes du pays et trois autres pays d'Asie : Japon, Corée du Sud et Thaïlande.

En Australie, un homme présentant les symptômes du mystérieux virus a été placé à l'isolement à son domicile, a annoncé mardi un média local. L'homme, qui pourrait être le premier cas suspect du pays, est semble-t-il récemment rentré d'un séjour à Wuhan.

Zhong Nanshan, un scientifique chinois renommé de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir à la télévision publique CCTV que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'est la première fois qu'une telle affirmation est faite publiquement.

STR / AFP
Zhong Nanshan, lors d'une conférence de presse organisée à Pékin sur le coronavirus, le 20 janvier.STR / AFP

Zhong Nanshan avait aidé à évaluer l'ampleur de l'épidémie de SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003 qui avait très durement touchée la Chine.

Sur 8 096 cas, ce virus avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a donné lundi le signal d'une mobilisation du pays.

L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

La souche incriminée, baptisée 2019-nCoV par l'OMS, est un nouveau type de coronavirus, ou virus à couronne. Les coronavirus sont une famille de virus, identifiables par le fait qu'ils sont entourés d’une capsule de protéines en forme de couronne. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le SRAS.

"Enrayer la maladie"

Xi Jinping a appelé à enrayer l'épidémie, selon des propos rapportés par la télévision nationale. Le président chinois a jugé "absolument crucial de faire un bon travail en matière de prévention et de contrôle épidémiologiques".

Les consignes n'ont pas tardé à être appliquées. Pékin a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras. L'isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée. Des mesures de quarantaine peuvent être décrétées.

La ville de Wuhan a recensé ce mardi 15 contaminations parmi le personnel médical.

Le premier cas de contamination avait été détecté dans un marché aux poissons et fruits de mer de cette ville du centre de la Chine. Ce marché avait été fermé le 1er janvier dernier, après qu'une soixante de personnes avait contracté une forme inconnue de pneumonie. La plupart des cas recensés étaient des commerçants, des manutentionnaires ou des habitués de ce marché de gros aux poissons de Wuhan.

NOEL CELIS / AFP
Le marché aux poissons et fruits de mer de Wuhan fermé par les autorités, le 12 janvier 2020.NOEL CELIS / AFP

L'Organisation mondiale de la santé tiendra mercredi à Genève une réunion d'urgence consacrée au mystérieux virus.

Un comité ad hoc doit se réunir au siège de l'organisation pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", a annoncé lundi l'organisation.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la fièvre Ebola, qui a touché une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

Kyodo News via AP
Des voyageurs en provenance de Wuhan arrivant au Japon, à l'aéroport Narita, près de Tokyo, le 16 janvier 2020Kyodo News via AP

L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient aux aéroports accueillant des vols en provenance de Wuhan, notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Thaïlande, en Corée du Sud, à Singapour et en Australie.

Quelles mesures en Europe pour éviter la propagation du virus ?

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), considère pour l'instant que "la probabilité d'une introduction du virus dans l'Union européenne est considérée comme faible". Cette agence européenne précise que trois aéroports de l'UE ont des liaisons aériennes directes avec Wuhan. La ville chinoise est également desservie par des vols indirects.

En cas d'urgence sanitaire, le Parlement européen a adopté en 2013 un texte définissant l'action de l'UE. La décision n° 1082/2013/UE a formalisé la coordination entre les pays membres concernant l'échange d'informations, l'évaluation des risques et les réponses à mettre en place lorsque des menaces transfrontières pour la santé se font jour.

En France, l'agence de santé publique, a elle aussi considéré que "le risque d’introduction de cas liés à cet épisode est considéré comme faible."

Mais que ce soit au niveau français ou européen, les autorités n'avaient pas, à ce jour, pris en compte, le fait que la transmission entre humains étaient désormais confirmée.

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