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Le mouvement Extinction Rebellion bloque deux cimenteries à Paris

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Des militants d'Extinction Rébellion ont bloqué lundi des sites des cimentiers Lafarge et Cemex (filiale d'un groupe mexicain) à Paris pour dénoncer l'impact de l'industrie du BTP sur l'environnement et le réchauffement climatique, a constaté l'AFP.

Tôt dans la matinée, quelques centaines d'activistes ont investi sans violence ces sites voisins situés en bord de Seine, dans le 15e arrondissement, pour cette opération baptisée "Fin de chantiers". Ils ont bloqué la sortie des camions-bétonnières devant alimenter des chantiers en cours, les aspergeant de peinture et peignant dessus des slogans comme "Le ciment ment", "Laisse le sable à la mer" ou "1 tonne de ciment = 900 kg de CO2".

Equipés de matériel d'escalade, certains ont déployé des banderoles depuis le sommet des tours de stockage, "cimentiers criminels" ou encore, un immense "STOP", tandis que d'autres brandissaient des pancartes "S'il était un pays le béton serait le 3e pollueur mondial" ou "Béton = 8% des émissions mondiales de CO2".

Des employés, que les militants cherchaient à sensibiliser aux effets néfastes de leur secteur d'activité sur l'environnement, prenaient des vidéos au portable ou se photographiaient avec des activistes dans une ambiance bon enfant.

Une douzaine d'estafettes de CRS arrivées sur les lieux en sont reparties après quelques heures sans intervention des forces de l'ordre, pendant que les militants multipliaient les happenings et les exposés de spécialistes de l'urbanisme ou de la construction écologique sur les possibilités et les avantages de matériaux tels que la paille, le bois ou la terre.

Dans un texte lu en public, des militants ont indiqué vouloir "occuper un lieu symbole de la catastrophe écologique dont l'industrie de la construction et les pouvoirs publics se rendent responsables" et accusé "la grande majorité des industriels du secteur (d'avoir) une politique irresponsable". Ils ont également dénoncé la proximité, selon eux, du secteur du BTP et des pouvoirs publics et l'attitude du gouvernement sur l'urgence climatique: "Nous sommes lassés de cette écologie de façade qui se rend complice de la catastrophe en cours".

Des activistes ont ensuite rejoint en début d'après-midi un autre site de Lafarge près du pont Mirabeau, qu'ils ont bloqué, peignant notamment sur un camion "Lafarge assassins, justice pour la Syrie": le groupe cimentier a été mis en examen pour "financement du terrorisme" dans l'enquête sur ses activités en Syrie, maintenue jusqu'en 2014. Il est suspecté d'avoir versé, via une filiale locale, près de 13 millions d'euros à des groupes jihadistes, dont l'organisation Etat islamique.

Plusieurs dizaines de militants sont ensuite partis en cortège en direction de l'Assemblée nationale, encadrés par des forces de l'ordre, pour y rejoindre une manifestation contre la réforme des retraites.

- Avec AFP -