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Pétrole : le baril américain coté à New York tombe sous les zéro dollar

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In this file photo taken on March 12, 2019 a pump jack operates at an oil extraction site in Cotulla, Texas
In this file photo taken on March 12, 2019 a pump jack operates at an oil extraction site in Cotulla, Texas   -   Tous droits réservés  Photo by Loren ELLIOTT / AFP
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La valeur du baril coté à New York pour livraison en mai a chuté lundi en-dessous de zéro, les investisseurs et spéculateurs cherchant désespérément à se débarrasser de certains barils de pétrole américain, dans un contexte de faible demande. Faute de stockage, les investisseurs payent désormais pour trouver preneur.

Le contrat expirant mardi à la clôture, ceux qui détiennent du pétrole doivent trouver des acheteurs physiques au plus vite. Mais comme les stocks ont déjà énormément gonflé aux Etats-Unis ces dernières semaines, ils ont été contraints de payer des gens pour trouver preneurs : le baril de WTI a terminé à -37,63 dollars.

Le baril coté à New York, qui s'échangeait encore à 60 dollars en début d'année, a vu sa valeur fondre lundi.

Dans certains endroits aux Etats-Unis et au Canada, les prix du baril sont même tombés dans le négatif, ce qui signifie que certaines personnes paient pour se débarrasser de leurs barils, chacun contenant 159 litres de pétrole.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne cotée à Londres, était aussi beaucoup moins affecté puisqu'il ne cédait que 6%, à 26 dollars environ.

Contexte "extrêmement déséquilibré"

Reste que le marché du pétrole connaît de fortes chutes depuis des semaines alors que les restrictions de déplacements dans de nombreux pays et la paralysie de nombreuses économies à cause de la crise du coronavirus ont fait fondre la demande. Et les investisseurs s'attendent à pire encore puisqu'une profonde récession s'annonce dans le monde.

Côté offre, le marché a été inondé de pétrole à bas coût après que l'Arabie Saoudite, membre éminent de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a lancé une guerre des prix avec la Russie pour obtenir un maximum de parts de marché.

Les deux pays ont mis un terme à leur différend au début du mois en acceptant, avec d'autres pays, de réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour pour stimuler les marchés touchés par le virus.

Mais les prix ont continué à dégringoler quand il est devenu clair que les réductions promises ne suffiraient pas à compenser l'effondrement de la demande.

Quelles conséquences ?

Dans ce contexte de marché "extrêmement déséquilibré", entre la chute de la demande et une offre surabondante, "les gens se précipitent pour se décharger" de leurs achats de pétrole, a relevé Craig Erlam d'Oanda.

La situation devrait toutefois s'améliorer dans les jours à venir, estiment plusieurs analystes. "Il est un peu trompeur de se focaliser sur le contrat de mai", souligne ainsi Matt Smith, expert du marché pétrolier pour ClipperData. "Il y a beaucoup plus d'échanges sur le baril pour livraison en juin".

Mais dans l'immédiat, une chute en entraînant une autre, les bourses américaines ont accusé une baisse à la clôture : -2,46 pour le Dow Jones, -1,03% pour le Nasdaq. Le S&P 500 a quant à lui enregistré une baisse de 1,8%.