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En Italie, un scénario catastrophe pour le cinéma

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En Italie, un scénario catastrophe pour le cinéma
Tous droits réservés  AP Photo/Chris Pizzello
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En Italie, la phase 2 du déconfinement ne sera pas synonyme de retour à la normale pour les salles de spectacle et les cinémas, loin de là. Si cette phase débute lundi prochain, aucune date de réouverture n'a été indiquée pour les lieux de divertissement. A eux seuls, les cinémas ont enregistré près de 60 millions d'euros de pertes depuis le début du confinement.

Pour Mariano Pierucci, propriétaire d'une salle à Rome et de sept autres dans le pays, certaines structures pourraient bien ne jamais rouvrir leurs portes, car les mesures de distanciation sociale risquent d'avoir des effets durables sur la fréquentation.

"La plupart des entreprises ne pourront pas survivre à la période actuelle", estime Mariano Pierucci, directeur de Lucisano Media Group, "et par la suite, si les mesures imposées sont trop strictes, elles auront un effet négatif pour la clientèle. Les clients attendent notre réouverture, mais ils ont peur. Par ailleurs, la perte économique causée par la baisse des revenus et le poids des charges pousseront certains cinémas à rester fermés".

L'obligation de s'adapter semble nécessaire, mais ce choix ne reste pas forcément à la portée de tous.

"A Velletri, à une heure de Rome, le propriétaire d'un cinéma a trouvé une solution pour éviter de rester fermé trop longtemps, d'ici la réouverture prévue bien plus tard cette année", indique Giorgia Orlandi, correspondante d'Euronews à Rome_. En juillet, les clients seront à l'extérieur, cette fois, et ils pourront regarder des films depuis leur voiture, car le cinéma sera transformé en drive in"._

Le cinéma de plein air de Davide sera le premier à voir le jour en Italie, même s'il sera moins rentable que les salles traditionnelles.

"On a voulu installer notre salle de cinéma hors les murs, dehors, en respectant les règles de sécurité", explique Davide Fontana, directeur du cinéma "Augustus". "C'est la seule façon de créer du lien avec les gens d'ici et avec les amateurs de cinéma qui sont nos clients habituels".

Pour cela, il faut disposer d'une étendue assez vaste, comme le parking trouvé grâce aux autorités locales, et procéder à quelques aménagements.

"200 à 250 voitures peuvent tenir ici", note Giampiero Firicano, ingénieur. "Nous garantissons des distances suffisantes pour permettre aux véhicules de secours de passer".

Les salles sont confrontées à de lourdes difficultés, tout comme l'ensemble de la filière du cinéma.

_"Les assurances ne couvrent pas les incidents liés au Covid-19 sur les plateaux", i_ndique Gianluca Curti, président de CNA cinema et producteur de films . "Sans assurance, les producteurs de films sont légalement responsables de ce qui se passe. La sécurité peut être garantie en effectuant des tests chaque jour pour les acteurs. Mais il sera plus difficile de le faire pour des équipes entières".

Reste un facteur susceptible d'aggraver la crise dans ce secteur : les mesures de distanciation sociale, qui pourraient porter un coup dur à l'attractivité des lieux culturels.