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Cure d'austérité renforcée chez Nissan, qui condamne son site de Barcelone

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Cure d'austérité renforcée chez Nissan, qui condamne son site de Barcelone
Tous droits réservés  Emilio Morenatti/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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En perte pour la première fois depuis 11 ans, Nissan a annoncé jeudi la fermeture d'une usine espagnole dans le cadre d'un nouveau plan stratégique visant à réduire d'environ 20% ses capacités mondiales de production d'ici mars 2023.

Le constructeur automobile japonais, touché de plein fouet par la crise du coronavirus, a confirmé jeudi qu'il comptait fermer son site de Barcelone, qui emploie quelque 3.000 personnes.

L'automobile, 10% du PIB en Espagne

Un coup dur pour l'Espagne, deuxième constructeur de voitures de l'Union européenne, où l'automobile contribue pour 10% au PIB. Le gouvernement espagnol a aussitôt regretté cette décision, eu égard aux nombreux "soutiens, aides et accompagnements" dont a bénéficié le groupe selon lui, et affirmé qu'il se battrait pour sauvegarder l'emploi.

Nissan va aussi redimensionner sa production en Amérique du Nord, mais sans y fermer d'usines. En Asie, il avait déjà annoncé en mars la fermeture d'un site de production en Indonésie.

Lors d'une conférence de presse en ligne, son directeur général Makoto Uchida a cependant refusé de divulguer le chiffre total des nouvelles suppressions de postes à venir, invoquant les négociations par pays avec les représentants du personnel. En 2019 le groupe employait 138.900 salariés dans le monde. Nissan avait déjà annoncé en juillet dernier son intention de réduire de 10% ses capacités de production d'ici mars 2023, ce qui impliquait la suppression d'environ 12.500 postes dans le monde.

5,7 milliards d'euros de pertes

Le groupe continue ainsi de rompre avec la politique de course aux volumes qui était au coeur de la stratégie de Carlos Ghosn, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, qui a fui au Liban fin 2019, plus d'un an après avoir été arrêté au Japon pour malversations financières présumées.

Conséquence de son ancienne politique expansionniste, Nissan souffre d'importantes surcapacités, ce qui entraîne des coûts fixes énormes, plombant sa rentabilité: il peut actuellement produire sept millions de véhicules par an, soit deux millions de plus que ses ventes en 2019.

C'est pourquoi le constructeur ambitionne de baisser ses coûts fixes de 300 milliards de yens (2,5 milliards d'euros) à fin mars 2021 et de réduire de plus d'un million d'unités ses capacités de production d'ici mars 2023.

Nissan a aussi annoncé jeudi des pertes abyssales sur son exercice écoulé 2019/20, clos au 31 mars. Sa perte annuelle s'est élevée à 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros), du jamais vu depuis l'exercice 2008/2009, en pleine crise financière mondiale.

Relance floue de l'alliance Renault Nissan Mitsubishi

Nissan n'a pas donné de prévisions de résultats pour 2020/21 dans l'immédiat, faute de visibilité en raison de la pandémie de coronavirus, qui a mis ses usines à l'arrêt ces derniers mois.

Avant même la crise du coronavirus, Nissan était déjà en mauvaise posture du fait du ralentissement du marché automobile mondial, mais aussi à cause du manque de renouvellement de ses modèles, de sa rupture avec son ancienne politique de prix au rabais aux Etats-Unis et d'une image de marque dégradée.

Les maux de Nissan sont ainsi "plus aigus" que ceux de la plupart de ses concurrents, et "la crise du coronavirus n'aurait pas pu arriver à un pire moment" pour le groupe, a souligné l'agence de notation financière Standard & Poor's récemment.

Pour restaurer sa rentabilité et réduire ses coûts fixes, le groupe compte aussi s'appuyer largement sur son alliance avec le français Renault et son compatriote Mitsubishi Motors.

Leur union avait vacillé dans le sillage de l'affaire Ghosn, mais apparaît désormais cruciale pour la survie des trois constructeurs. Dévoilée mercredi, la nouvelle stratégie de l'alliance prévoit de développer et produire en commun près de 50% des modèles des trois constructeurs à l'horizon 2025, en vue de réduire significativement les coûts et dépenses d'investissements.

Nissan va notamment devenir le référent de l'alliance sur ses trois zones géographiques de prédilection: l'Amérique du Nord, la Chine et le Japon. Sans toutefois renoncer à l'Europe, où il dispose d'une usine géante à Sunderland (nord-est de l'Angleterre).