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Bavures policières en France : la soeur d'Adama veut des actes, pas une discussion "de salon"

Assa Traoré, soeur du jeune noir Adama mort après une interpellation, photographiée à Paris le 9 juin 2020
Assa Traoré, soeur du jeune noir Adama mort après une interpellation, photographiée à Paris le 9 juin 2020   -   Tous droits réservés  BERTRAND GUAY/AFP
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Si la machine judiciaire est en marche aux Etats-Unis pour juger les quatre policiers accusés de meurtre et complicité de meurtre dans l'affaire George Floyd, la justice n'a pas encore fait un seul pas en France pour se pencher de plus près sur la mort d'Adama Traoré dans des conditions qui sèment le doute.

La soeur du jeune noir de 24 ans, décédé le 19 juillet 2016 à la suite d'une interpellation musclée par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise - en région Île-de-France -, a donc vidé son sac rempli de colère et d'amertume mardi 9 juin à Paris.

Assa Traoré a réclamé que des décisions soient enfin prises, et que des actes en découlent :

On ne demande pas que des discussions se fassent dans un salon de thé de l'Elysée, on demande que des actes de justice soient faits

La ministre française de la Justice, Nicole Belloubet, avait pourtant proposé aux membres de la famille du jeune Adama de les rencontrer mais ils ont refusé un quelconque rendez-vous.

A ce propos, Assa Traoré a été cinglante :

Si elle veut rencontrer quelqu'un, c'est le procureur, si quelqu'un doit être convoqué ce sont les gendarmes

Nouvelle manifestation pour Adama Traoré le 13 juin

Les proches de la victime ont annoncé qu'une "mobilisation nationale dans la rue" va être organisée samedi prochain en mémoire d'Adama Traoré. Mardi 2 juin dernier, près de 20 000 personnes ont défilé en France pour demander que la vérité et la justice soient faites sur cette mort suspecte. La manifestation intervenait dans le climat tendu de dénonciation des violences policières à caractère raciste dans plusieurs pays à travers le monde.

Le comité Adama a d'ailleurs émis ce mardi des revendications concernant le fonctionnement de la police française : il réclame une réforme de ses services, et souhaite entre autres "que toutes les techniques d'immobilisation soient formellement interdites". Allant encore plus loin, il appelle les autorités à dissoudre l'IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, et l'IGGN, l'Inspection générale de la gendarmerie nationale, et à les remplacer par des "corps extérieurs", selon ses propres mots.