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L'Irlandais Paschal Donohoe prend la tête de l'Eurogroupe

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Nadia Calviño, ministre espagnole de L'Economie, lors d'une réunion de l'Eurogroupe, le 8 juillet 2020 à Bruxelles
Nadia Calviño, ministre espagnole de L'Economie, lors d'une réunion de l'Eurogroupe, le 8 juillet 2020 à Bruxelles   -   Tous droits réservés  PAUL FAITH/AFP or licensors
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Le ministre des Finances irlandais Paschal Donohoe faisait figure d'outsider, c'est pourtant lui qui a été choisi par les membres de la zone euro pour prendre la tête de l'Eurogroupe.

Avant le vote, la France avait annoncé qu'elle soutenait la candidature de l'Espagnole Nadia Calviño. Cette dernière bénéficiait également du soutien de l'Allemagne. Avec ces deux poids lourds de la zone euro, Nadia Calviño faisait donc figure de favorite.

Raté. L'Irlandais a bénéficié de sa réputation d'excellent gestionnaire, et du soutien des pays, qui, comme les Pays Bas, ne voulaient pas de la candidate espagnole, craignant que cela nuise à la rigueur budgétaire prônée par La Haye et les pays de l'UE dits "frugaux".

Troisième candidat en lice, le Luxembourgeois Pierre Gramegna s'est retiré après le premier tour de vote. Ensuite, Donohoe a obtenu les dix voix nécessaires à son élection.

Il succédera au Portugais Mario Centeno à compter du 13 juillet pour un mandant renouvelable de deux ans et demi.

Donohoe, le bon élève de la prudence budgétaire

L'Irlandais Paschal Donohoe était aux manettes des finances de l'Irlande depuis 2017 ; le ministre de centre-droit a ramené son pays sur le droit chemin budgétaire après une sévère récession, avant que la pandémie ne bouscule la donne.

C'est sous l'impulsion de ce centriste de 45 ans aux tempes grisonnantes, marié et père de deux enfants, que le gouvernement irlandais a enregistré en 2018 son premier excédent budgétaire depuis la crise financière qui avait mis à terre l'économie du "Tigre celtique" dix ans plus tôt.

Sa gestion prudente de l'économie, mais aussi son visage un peu poupin et son zézaiement lui valent d'être parfois comparé à un élève modèle voire un enfant de choeur dans les médias irlandais.

Mais ce fan de la saga Star Wars - des figurines ornent son bureau - a été confronté à des situations de crise, entre le risque d'un Brexit sans accord qui demeure pour la fin de l'année ou plus récemment la pandémie de nouveau coronavirus.

Les mesures prises pour contenir l'épidémie ont creusé un trou béant, plus profond qu'en 2008-2009, dans les finances de l'Irlande comme de ses partenaires de la zone euro, dont il est désormais le chef de file.

"Une république des opportunités" et résistance à la taxe Gafa

Paschal Donohoe est né le 19 septembre 1974 dans la capitale, Dublin.

Diplômé en politique et économie du Trinity College Dublin, il commence sa carrière dans le secteur privé, pour la multinationale Procter & Gamble au Royaume-Uni. Il en grimpe les échelons pour devenir en six ans le directeur des ventes et du marketing pour le Royaume-Uni.

En 2003, il retourne dans son pays natal où il travaille pour le géant des spiritueux Diageo avant de se lancer en politique.

En 2004, il intègre le conseil de la ville de Dublin puis la chambre basse du Parlement à la suite des élections générales de 2011 sous l'étiquette du parti de centre-droit Fine Gael.

De 2013 à 2016, Paschal Donohoe occupe différents portefeuilles au sein du gouvernement: ministre des Affaires européennes, ministre des Transports, du Tourisme et du Sport, puis des Dépenses publiques.

Quand Leo Varadkar prend les rênes du gouvernement en 2017, il est nommé à la tête du ministère des Finances. Il met l'accent sur la réduction du déficit et s'engage à créer "une république des opportunités".

Il défend aussi un taux d'imposition des sociétés à 12,5%, particulièrement bas, et fait de la résistance quand l'Union européenne veut taxer les Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple), l'Irlande abritant les sièges européens de géants américains du numérique.

Devant la pandémie de nouveau coronavirus, Paschal Donohoe mobilise des milliards d'euros pour venir en aide aux entreprises en difficulté, alors que le taux de chômage explose et que le Produit intérieur brut plonge.

Il affirme que l'Irlande fait face à cette crise à partir "d'une position de force" grâce "aux politiques prudentes mises en oeuvre ces dernières années".

Malgré la défaite de son parti aux législatives de février dernier, il a été reconduit à son poste dans le nouveau gouvernement formé après un accord de coalition signé fin juin entre sa formation, l'autre grand parti centriste (Fianna Fail), et les Verts.

Ce nouvel exécutif s'est constitué sans le Sinn Fein, vitrine politique de l'IRA, groupe paramilitaire opposé à la présence britannique en Irlande du Nord, arrivé en tête en nombre de voix après une campagne menée très à gauche.