Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient discuter, ce lundi, de l'extension de la mission Aspides au détroit d'Ormuz, alors que la guerre contre l'Iran a fait grimper les prix mondiaux de l'énergie.
Plus de deux semaines après le début de la guerre en Iran, le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le commerce du pétrole et du gaz naturel, est toujours bloqué par Téhéran. Pour tenter de limiter la hausse des prix, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne vont se réunir, ce lundi 16 mars à Bruxelles, où ils devraient discuter de l'extension de la mission navale Aspides.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a confirmé, sur la chaîne publique ARD, qu'une prolongation de cette opération allait être débattue. Cependant, il a exprimé son scepticisme quant à l'opération et a exclu la participation de l'Allemagne. Il a déclaré qu'il ne voyait pas la nécessité immédiate d'une telle opération et a appelé les États-Unis et Israël à clarifier leurs objectifs dans la guerre contre l'Iran.
Aspides est une opération navale de l'UE lancée en mer Rouge en février 2024, en réponse aux attaques des Houthis contre le trafic maritime international.
Washington critiqué par les Européens
La pression exercée par Washington sur les partenaires européens et asiatiques pour qu'ils contribuent à sécuriser le transit du pétrole est de plus en plus forte. Au cours du week-end, le président américain Donald Trump a exhorté le Royaume-Uni, la France, la Chine et le Japon à déployer des navires dans la zone pour protéger le passage.
La prise de position de Johann Wadephul fait écho aux critiques formulées par les Européens, qui estiment que les États-Unis n'ont pas partagé suffisamment d'informations sur la guerre, son calendrier ou ses objectifs.
Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré, ce dimanche, que la guerre contre l'Iran prendrait "probablement" fin dans quelques semaines.
Mais les efforts de Washington pour apaiser les craintes sur le marché de l'énergie n'ont guère empêché les prix du pétrole de s'envoler au-delà de 100 dollars le baril, suscitant des inquiétudes quant à l'inflation et au ralentissement de la croissance.