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Quel avenir pour la politique agricole commune après la crise du coronavirus ?

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Des agriculteurs arrivent pour protester contre la politique agricole allemande et européenne à Berlin, le 26 novembre 2019.
Des agriculteurs arrivent pour protester contre la politique agricole allemande et européenne à Berlin, le 26 novembre 2019.   -   Tous droits réservés  AP Photo/Markus Schreiber
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Ce que l'on trouve sur les étagères des supermarchés européens, à savoir pratiquement tout ce que l'on mange en Europe, est lié d'une manière ou d'une autre à la politique agricole commune, la PAC. Pour résumer, c'est l'argent que l'Union européenne verse aux agriculteurs.

Plus de 58 milliards d'euros, c'est la totalité des fonds versés sur un an au titre de la PAC, le premier poste de dépense de l'Union européenne : elle représente 39% de son dernier budget. C'est trois fois le montant versé pour la création d'emploi.

La PAC n'aide pas que les agriculteurs

Cette politique est dite "commune" parce que l'ensemble des règles qui valent pour tous les États membres sont établies à Bruxelles. C'est l'une des rares politiques que l'Union contrôle en totalité.

"La politique agricole coûte très cher," reconnaît Paolo de Castro, eurodéputé italien, coordinateur du groupe Groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen et coordinateur de la Commission de l'agriculture. "Mais en même temps," ajoute-t-il, "il faut expliquer à ceux qui nous regardent que ces fonds ne servent pas uniquement à soutenir 10 millions d'agriculteurs, mais 450 millions de personnes en réalité."

Jusqu'à maintenant, la PAC s'est appuyée appuie sur deux piliers. Le premier vise à donner de l'argent aux agriculteurs en soutien à leurs revenus ; le deuxième, à financer des projets dans les zones rurales pour les rendre plus agréables à vivre.

Proposition de réforme

Mais la Commission européenne a proposé une réforme de la politique agricole commune listant 9 priorités. Elle y met beaucoup plus en avant la protection de l'environnement et la biodiversité et prévoit un budget de 365 milliards d'euros pour les agriculteurs pour la période 2021-2027, soit une baisse de 5% par rapport aux sommes allouées dans le budget précédent. Ce qui inquiète les représentants du monde agricole.

"Nous n'avons pas demandé une hausse du budget en tant que tel, mais au moins le maintien au niveau actuel," précise Pekka Pesonen, secrétaire général de l'organisation d'agriculteurs Copa Cogeca, "pour pouvoir effectivement faire les investissements nécessaires à la mise en place d'une production plus durable et pour pouvoir vivre de notre activité."

La crise du coronavirus a repoussé la mise en œuvre de ces réformes : un accord a été conclu pour prolonger le système actuel au moins jusqu'à fin 2022.

Une meilleure protection pour les travailleurs saisonniers ?

Ce report pourrait en tout cas, permettre d'autres évolutions comme une meilleure protection sociale pour ceux qui travaillent dans les fermes européennes alors que la pandémie a souligné leur rôle essentiel.

"La plus grande partie de cet argent est aujourd'hui versée uniquement sur la base de la surface : à l'hectare," souligne Daniel Freund, eurodéputé écologiste allemand. "On octroie des fonds sans véritablement regarder si l'agriculteur travaille pour le bien de la population locale, de l'environnement et des animaux," dénonce-t-il.

La politique agricole commune a toujours fait l'objet de disputes à Bruxelles et dans les capitales européennes, sachant que le Brexit a envenimé les débats puisque le Royaume-Uni était un important contributeur.