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Un accord pour relancer l’économie de l’UE et pour affirmer l’unité des 27

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Un accord pour relancer l’économie de l’UE et pour affirmer l’unité des 27
Tous droits réservés  Francois Walschaerts/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Epuisés mais soulagés, les dirigeants de l'Union européenne ont trouvé un compromis pour relancer l'économie avec un plan de près de 1 800 milliards d'euros. Avec quatre jours et quatre nuits de pourparlers parfois très tendus, c’est l’un des sommets les plus longs de l'histoire de l'UE. Mais la rencontre a tout de même débouché sur une forme d'unité.

Le président du Conseil européen a célébré la solidarité européenne. "Nous l'avons fait. L'Europe est forte, l'Europe est unie. Nous avons réussi", retient Charles Michel. Mais tout le monde ne partage pas cette euphorie. Le président du Parlement européen a critiqué certaines des coupes réalisées dans le budget négocié.

Un autre parcours de ratification

Cet accord doit maintenant être ratifié par les parlements. Il y a donc encore des obstacles sur la route de la validation du compromis. Certains diront que cette stratégie ne se projette pas assez dans le futur pour faire face à des défis tels que le changement climatique. Mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assure que "la relance européenne sera verte. Le nouveau budget poussera le Pacte vert. Il permettra d'accélérer la numérisation de l'économie européenne".

Greenpeace est beaucoup plus critique. L’ONG regrette les coupes dans la santé, la recherche et le climat. L’organisation de défense de l’environnement déplore aussi le manque de garanties sur le fait que cet argent ne servira pas à soutenir les industries polluantes.

Ce compromis de relance soulève de nombreuses questions. Euronews a interrogé Jean-Christophe Bas, directeur de l’Institut de recherche Dialogue des civilisations, sur l’impact de cet accord.

Euronews :

"Le sommet européen a débouché sur un accord historique par sa taille et sa portée. De quelle manière renforce-t-il l'Europe sur la scène internationale face à la Chine, la Russie et les Etats-Unis?"

Jean-Christophe Bas :

"Il y a une chose très intéressante. Il faut regarder les unes des principaux journaux à travers le monde. J'en prends un, le China Daily, le principal quotidien en Chine. Leur titre est le suivant: le sommet européen marque la naissance d'une nouvelle Europe. Je pense que cela veut tout dire sur la perception extérieure. J'ai la conviction absolue que ce sommet contribuera de manière significative à une nouvelle Europe à un moment où il y a un manque de leadership, où les Etats-Unis et la Chine sont affaiblies par le déroulé des événements. J'ai la conviction qu'il y a une réelle opportunité pour l'Europe."

Euronews :

"La Pologne et la Hongrie ont tout fait pour réduire les efforts afin de conditionner l'aide européenne au respect de l'Etat de droit. Est-ce que cela va affaiblir l'Europe à long terme?"

Jean-Christophe Bas :

"C'est vrai qu'il n'y a pas de de vraie conditionnalité ou de lien avec les engagements démocratiques. Mais, une fois encore, j'ai la conviction que cela pourra se faire plus tard. Il y a plusieurs versements prévus pour le déboursement des subventions et des prêts et chaque versement doit être approuvé par la Commission européenne et il doit être soumis aux Etats membres."

Euronews :

"A un moment le sommet s'est transformé une représentation d'attaques personnelles entre les dirigeants. Est-ce que l'on va voir de plus profondes fractures à l'avenir?"

Jean-Christophe Bas :

"Il y a eu par le passé les mêmes confrontations, voire pire, et la même rancœur (...) je me souviens bien de l'époque avec Margaret Thatcher et François Mitterrand lorsqu'il y avait une réelle amertume lors des sommets. Il y a, disons-le, une forme de posture ou de mise en scène de certains parce qu'ils ne veulent pas perdre la face de retour chez eux. Mais ces personnes ont passé cinq jours consécutifs sans dormir."